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Mediapart
Jeu.03 septembre 201503/09/2015 Édition de la mi-journée

Eric Woerth: enfin la retraite

|  Par Michaël Hajdenberg

Eric Woerth, maintenu contre vents et marées au gouvernement cet été, puis face à la mobilisation contre les retraites cet automne, n'aura tout de même pas survécu au remaniement.

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Après l'affaire Bettencourt, personne n'aurait compris qu'Eric Woerth conserve sa place au gouvernement. Mais personne n'ayant compris qu'il y soit maintenu cet été, un doute aura subsisté jusqu'au bout, lui-même s'étant accroché jusqu'au dernier moment. Face à ce désaveu tardif, le ministre du travail aura au moins sauvé les apparences: il part en catimini, au milieu des collègues. Et non sur une démission exigée de longue date par l'opposition.

L'ancien trésorier de campagne (2007) de Nicolas Sarkozy connaît trop de secrets: l'Elysée ne pouvait se permettre de le lâcher subitement cet été. Le 21 juin, quelques jours après la révélation par Mediapart des enregistrements clandestins qui placent Eric Woerth au cœur du scandale Bettencourt, le ministre annonce la démission... de sa femme, directrice des investissements de Clymène, la holding financière de la milliardaire Liliane Bettencourt. Puis, le 12 juillet, quelques jours après que l'ex-comptable de Liliane Bettencourt a déclaré que 150.000 euros en liquide lui ont été remis lors de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy en 2007, il quitte son poste de... trésorier de l'UMP.

Malgré le conflit d'intérêts patent entre ses différentes fonctions, en dépit des soupçons sur les sommes qu'il aurait reçues illégalement pour financer la campagne de 2007, au mépris des révélations sur sa mansuétude fiscale à l'égard des donateurs de l'UMP, nonobstant son refus de s'expliquer sur les légions d'honneur accordées aussi bien à l'employeur de sa femme qu'à l'expert-comptable ayant validé les comptes de campagne de son obscur micro-parti (financé par Liliane Bettencourt), le ministre s'accroche. Même quand il est pris en flagrant délit de mensonge. Même quand il le reconnaît.

Début septembre, il avoue, contrairement à ce qu'il avait prétendu, avoir écrit un courrier pour aider Patrice de Maistre, le gestionnaire de fortune de l'héritière de L'Oréal (qui avait donc embauché sa femme), à obtenir la Légion d'honneur. Alors que l'Assemblée nationale s'apprête à examiner la réforme des retraites, la CFDT et la CGT jugent que le maintien du ministre est un «vrai problème».

L'homme apparaît livide, au bout du rouleau. Mais l'Elysée ne le lâche pas, et, pire, compte sur lui pour renvoyer au second plan le débat de fond sur les retraites, ce qui marchera un temps. Pendant tout l'examen du texte, Eric Woerth restera toutefois en retrait. A tel point que les syndicats jugent que le vrai ministre des retraites est Raymond Soubie, conseiller à l'Elysée. Le 26 octobre, après le vote des sénateurs et dans un grand silence d'indifférence, Eric Woerth déclare: «La réforme des retraites, c'est moi.» Pas sûr que ce soit ce que l'histoire retienne de lui.

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