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Lun.20 octobre 201420/10/2014 Édition du matin

Affaire Guérini: l'équipe de Montebourg joue la «modestie»

|  Par igor gauquelin

Les proches du candidat à la primaire, qui dénonçait «un système affairiste» au sein de la fédération des Bouches-du-Rhône, ne veulent pas surenchérir à l'annonce de la mise en examen de Jean-Noël Guérini. Mais ils ne boudent pas leur plaisir.

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Une semaine avant l'université d'été de La Rochelle, l'affaire Guérini rattrape le Parti socialiste. Le 8 septembre, le président du Conseil général des Bouches-du-Rhône, Jean-Noël Guérini, doit être mis en examen, après son frère Alexandre, pour «association de malfaiteurs en vue de commettre un trafic d'influence», «prise illégale d'intérêt» et «trafic d'influence».

Le 5 juillet 2011, le bureau du PS avait pourtant renoncé à mettre sous tutelle la puissante fédération des Bouches-du-Rhône, malgré les graves accusations portées par Arnaud Montebourg dans un rapport rendu public. «Il y a un système affairiste au sein du parti socialiste qui n'a rien à voir avec le socialisme. Nous devons éloigner le parti socialiste de ces pratiques, de manière à protéger l'honneur collectif», martelait alors le député de Saône-et-Loire dans une interview à L'Echo républicain, deux jours après son désaveu par le parti.

Mais Martine Aubry, qui ne voyait alors rien de «précis» ni de «répréhensible» dans les faits rapportés par Arnaud Montebourg contre l'équipe Guérini, se voit aujourd'hui contredite par la justice. Or Mme Aubry et M. Montebourg sont désormais adversaires dans le cadre des primaires citoyennes.

Alors qu'il lance sa rentrée politique dimanche 21 août à Frangy-en-Bresse, lors de la traditionnelle Fête de la Rose, Arnaud Montebourg était vendredi 19 août l'invité du journal de 20 heures de France-2. Aucune question ne lui a été posée concernant l'affaire Guérini. A la suite de plusieurs propos virulents tenus par le candidat à la primaire ces derniers mois, Jean-Noël Guérini avait pourtant déposé trois plaintes en diffamation à son encontre. Ces procédures courent toujours.

Il n'y aura «pas d'acharnement, avertit un cadre de l'équipe de campagne de M. Montebourg. Nous ne souhaitons pas la destruction d'un homme mais la fin de pratiques que nous jugeons répréhensibles.» D'ailleurs, aucun communiqué n'a été publié depuis l'annonce de la convocation de M. Guérini par la justice.

«Les faits nous donnent, hélas! raison, mais pour nous c'est de l'histoire ancienne, décrypte un proche du député de Saône-et-Loire. C'est désormais un épiphénomène à côté du vrai enjeu, à savoir la campagne des primaires.» Thierry Mandon, directeur de la campagne de M. Montebourg, abonde dans le même sens: «On a déjà tout dit, les droits d'auteur ont déjà été déposés!» Et d'ajouter: «Le PS a fait une grosse erreur en ne comprenant pas que cette affaire revêtait un enjeu central pour la prochaine présidentielle, à savoir l'utilisation des deniers publics par les élus et la vision globale qu'ont les partis de la dépense publique. Il s'agit là de valeurs propres à la gauche et, à défaut d'avoir anticipé, il faudra désormais que les dirigeants du parti réagissent.»

Un proche de Montebourg regrette: «On avait proposé que le PS entre en campagne sans devoir assumer cette affaire. Nous souhaitons désormais bon courage à ceux qui ne nous ont pas écoutés. De notre côté, on avance avec une modestie totale.» A deux mois des primaires citoyennes de la gauche, auxquelles pourront participer tous les citoyens inscrits sur les listes électorales, la campagne sur le front de l'éthique est lancée.

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