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La seconde vie du périph

| Par Michaël Hajdenberg

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Qui dit périphérique dit bruit, congestion, pollution, rupture. Construit entre 1956 et 1973, le périphérique a certes un petit nom, le périph', mais il traduit peu d'affection. Qui se souvient d'ailleurs que son véritable nom est le «boulevard» périphérique ? L'appellation paraît aujourd'hui bien mal choisie pour cette rocade de 35 kilomètres de long devenue l'autoroute urbaine la plus fréquentée d'Europe.

 

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© François Lacour. Les photos sont extraites de «Périphéries»

 

Comment appréhender ces 25 tunnels, 38 portes, 156 bretelles de raccordement, 6 échangeurs routiers, 550 panneaux publicitaires, et 99 caméras de surveillance qu'empruntent chaque jour 1,2 million de véhicules? Rarement un tracé se sera autant superposé à une limite administrative. Rarement il aura autant défini un «intérieur» et un «extérieur».

 

Comme l'expliquent les architectes Pierre-Alain Trevelo et Viger-Kohler qui ont réalisé en 2006 une étude sur l'insertion urbaine du périphérique, il est à la fois «nécessaire et dénigré», «paysager et négligé», «vide et occupé», «traversé et habité», «métropolitain et local». Dès les années 1980, architectes, urbanistes, élus réfléchissent aux moyens de le réhabiliter. Mais le débat tourne en rond.

 

Plutôt que d'envisager le périphérique comme une fin en soi, la Ville de Paris semble donc vouloir à présent le considérer comme un espace central, qui ne serait plus perçu comme un axe de rupture mais un comme un «espace d'organisation des mobilités». Non plus comme un «lieu délinquant dont on se protège», mais comme un lieu central de développement. «La question du périphérique est fortement symbolique, explique Pierre Mansat adjoint (PC) au maire de Paris en charge des relations avec les autres collectivités d'Ile-de-France. Il faut intervenir pour qu'il permette à la ville de retrouver du lien.»

 

Dès lors, le périphérique ne peut plus être considéré comme une simple route. «Et si l'avenue périphérique était l'avenue principale d'une ville à identifier et non plus une frontière ?» questionne Joachim Lepastier dans son film. Et s'il était considéré comme faisant pleinement partie du paysage, et non plus comme une tache dont il faudrait se maintenir à distance ?

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