Dans le cadre de notre enquête sur le premier bilan du MoDem, François Bayrou nous a reçus, jeudi 22 mai, au siège du mouvement. L'occasion de revenir sur une année de lancement agitée pour le MoDem, qui a vu un certain nombre de ses élus rejoindre la majorité, mais aussi d'évoquer la réforme des institutions, que son leader réclame depuis longtemps.
Deux mois après les municipales, le président du MoDem fait son mea culpa. S'il se félicite des 15,9% obtenus en moyenne sur ses 350 listes autonomes (présentées dans les villes de plus de 10.000 habitants) et du «renouvellement» que le MoDem a su porter en faisant apparaître «des équipes nouvelles, sans l'auréole du notable», il reconnaît que son mouvement a donné une «image confuse» lors de ces élections, avec une stratégie d'alliances à géométrie variable pas toujours lisible. «Je n'ai pas eu le temps nécessaire pour expliquer ce que nous faisions. (...) C'est de ma faute, j'étais très pris par l'élection à Pau», nous a-t-il confié.
Quel bilan François Bayrou dresse-t-il un an après le lancement du MoDem? Le député des Pyrénées-Atlantiques retient d'abord «un printemps», un succès» auquel «[il] ne s'attendait pas», une «expérience politique très originale, qui ne ressemble pas à d’autres parce que c'est un profond changement de culture». Mais il évoque aussi «la difficulté de changer le paysage», «la transition d'un ancien à un nouveau monde», particulièrement délicate pour les élus issus de l'UDF, «un parti de notables, de cadres élus, plus rural qu'urbain», quand le MoDem est tout le contraire. «C'est dans le monde des élus que c'est plus difficile de faire accepter l'indépendance, le mode d'être du mouvement. Dans le monde des adhérents, notamment urbain, ça a été une traînée de poudre!»
Le président du MoDem s'exprime aussi sur la faiblesse du mouvement en termes d'élus. «Des élus, on va en faire, des nouveaux, une nouvelle génération, des nouveaux talents (...) qui renouvelleront la vie politique française. Nous mènerons ce combat à toutes les échéances électorales.»
Interrogé sur la remise en cause par certains élus de sa stratégie électorale, François Bayrou dénonce «une manœuvre télécommandée par qui l'on sait pour obtenir le retour du Centre à l'UMP». Comment a-t-il perçu le départ de ses députés pour la majorité? Il évoque «une longue marche» pour laquelle «il faut du courage et du désintéressement», à l'image des traversées du désert du général de Gaulle et de Pierre Mendès France.


