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Jeu.18 décembre 201418/12/2014 Dernière édition

Affaire Pérol: pour Jean-Louis Bianco «les procédures sont indispensables»

|  Par Stéphane Alliès

Jean-Louis Bianco, l'ancien secrétaire de l'Elysée de François Mitterrand, devenu homme de confiance de Ségolène Royal, déclarait il y a deux jours ne pas être gêné «du tout» par la nomination de François Pérol à la tête de la nouvelle banque issue de la fusion des Caisses d'épargne et des Banques populaires. Depuis, le manquement à la procédure et les suspicions de conflit d'intérêt autour de la désignation de l'actuel secrétaire général adjoint de l'Elysée l'ont amené à modifier son point de vue, même s'il dit «maintenir ses propos sur le fond». Entretien.

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Le député PS, Jean-Louis Bianco, ancien secrétaire de l'Elysée de François Mitterrand, un des proches de Ségolène Royal, déclarait il y a deux jours ne pas être gêné «du tout» (voir la vidéo) par la nomination de François Pérol à la tête de la nouvelle banque issue de la fusion des Caisses d'épargne et des Banques populaires. Depuis, le manquement à la procédure, le mensonge présidentiel et les suspicions de conflit d'intérêt (lire l'article de Laurent Mauduit) autour de cette désignation de l'actuel secrétaire général adjoint de l'Elysée l'ont amené à modifier son point de vue, même s'il dit «maintenir ses propos sur le fond». Entretien.

 

Votre prise de position sur l'affaire Pérol a-t-elle évolué?

Ce que j'ai dit et que je maintiens, c'est que, par principe, la nomination à la tête d'une entreprise, banque ou industrie de quelqu'un exerçant des hautes responsabilités dans la sphère publique, ne me choque pas. Ça a d'ailleurs déjà eu lieu par le passé sous des gouvernements socialistes. Ça ne me choque pas, parce que je ne vois pas pourquoi des gens du privé auraient le monopole de la compétence. D'autre part, je tiens à souligner qu'il manque dans le système français des mécanismes permettant d'accéder à la direction de grandes sociétés en venant de la base. On a trop de nominations par le haut dans ce pays.

 

Venons-en au cas de François Pérol. Quand j'ai été interrogé il y a deux jours [sur Canal +], j'ai dit qu'il y avait un problème de déontologie. Ce qui me gêne à l'heure actuelle, c'est qu'on ne soit pas sûr que la commision de déontologie se soit réunie, alors que le président dit qu'elle s'est prononcée. Quelle absence totale de transparence! Le code pénal semble interdire cette nomination et il y pourrait y avoir en outre un problème de conflit d'intérêt. Ce qui serait bien, c'est que l'on puisse en débattre publiquement. J'ajoute que je partage tout à fait l'avis de Benoît Hamon: sur une telle nomination, les candidats éventuels devraient être auditionnés par la commission des finances de l'Assemblée nationale. Le parlement serait alors dans son rôle de contrôle démocratique.

 

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L'interview a été réalisée (et enregistrée) au téléphone, en fin de matinée ce mercredi.