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Jeu.31 juillet 201431/07/2014 Édition de la mi-journée

En Irlande, des journaux déclarent la guerre aux liens hypertextes

|  Par Jérôme Hourdeaux

Une association d'éditeurs de presse irlandais a décidé de réclamer à des sites le paiement d'une redevance pour avoir fait des liens hypertextes vers leurs articles. Une décision vivement contestée.

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En pleines négociations entre des éditeurs de presse français et Google, l’information fait tache. Pendant que des groupes de presse tentent de faire adopter leur projet de « taxe Google », visant notamment à rendre payant le fait de référencer leurs infos, leurs homologues irlandais, eux, ont déjà envoyé la facture. Et celle-ci est salée.

A l'entrée des locaux français de GoogleA l'entrée des locaux français de Google © (Reuters)

Le dimanche 30 décembre, un cabinet d’avocats irlandais a en effet alerté l’opinion publique sur l’ahurissante procédure engagée par l’association National Newspapers of Ireland (NNI) regroupant les quinze principaux journaux du pays. Ceux-ci exigent de plusieurs sites le paiement d’une redevance pour le simple fait d’avoir réalisé un lien hypertexte vers un article leur appartenant. Un barème est même fourni : 300 euros pour 1 à 5 liens, 500 euros pour 6 à 10 liens, 700 euros pour 11 à 15 liens, etc. Au-delà de 50 liens, facturés 1 350 euros, le tarif devient « négociable ».

Et il ne s’agit pas là d’une erreur ou encore de l’initiative intempestive d’un service juridique un peu trop zélé. Cette volonté de rendre payants les liens hypertextes, et non plus seulement de taxer Google, est totalement assumée. Au mois de juillet dernier, dans le cadre d’une consultation nationale sur une future réforme des droits d’auteur, la NNI avait rendu un rapport affichant ses intentions. « La position de la NNI est qu’un lien menant à un contenu copyrighté constitue une violation du copyright, et devrait être considéré comme tel par les tribunaux », plaidait-elle alors auprès du comité pour la révision du copyright.

Face au tollé déclenché par l’envoi des demandes de paiements, la NNI a une nouvelle fois assumé sa stratégie. « La publication et la transmission de liens représentent une violation des droits d’auteur », affirme-t-elle dans un communiqué publié vendredi. L’association précise cependant que sa démarche ne vise que les sites à vocation commerciale. « La NNI et ses membres n’ont jamais eu le moindre problème avec des gens qui affichent des liens pour leur utilisation personnelle », affirme-t-elle. Mais les éditeurs de presse irlandais semblent avoir une bien étrange vision des sites commerciaux. Parmi ceux à qui ils ont présenté leur facture figure ainsi Women’s Aid, une association britannique de lutte contre les violences faites aux femmes.

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