Abandon diplomatique
Ce résultat indien est d'autant plus médiocre qu'avec des relations commerciales nées dès l'époque coloniale britannique, une importante diaspora est installée sur le continent africain depuis plusieurs générations. Sans oublier un séjour en Afrique du Sud de 21 années du Mahatma Gandhi lui-même... L'Inde partait donc avec une longueur d'avance sur la Chine.
«C'est indéniable, dans les années 1990, l'Inde, concentrée sur ses réformes économiques et sur ses nouveaux liens avec l'Occident, a abandonné l'Afrique», constate Mouloud Madoun, professeur de management à l'université d'Hyderabad. Un abandon diplomatique incontestable – la dernière visite africaine d'un premier ministre indien remonte à celle de Jawaharlal Nehru en 1962 – qui n'a pourtant pas empêché certaines entreprises indiennes tels le gigantesque conglomérat Tata, le laboratoire pharmaceutique Cipla ou le constructeur automobile Mahindra de s'engager ces dix dernières années en Afrique dans des projets extrêmement lucratifs.
Cependant, sans soutien du gouvernement indien, sans incitation diplomatique ou financière et sans réelles stratégies de développement en Afrique, les entreprises privées indiennes, même les plus compétitives et agressives, ont souvent eu du mal à se faire une place.
Ainsi, en 2004, la société d'exploration pétrolière ONGC Videsh voyait son offre pour l'achat d'une importante concession de pétrole en Angola rejetée à la dernière minute au profit de la China National Petroleum Corporation soutenue par une banque nationale chinoise qui venait de mettre sur la table deux milliards de dollars d'aide au développement pour les infrastructures angolaises.

