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Ven. 24 Mai

Enquête sur une crise alimentaire qui déstabilise la planète

De nouvelles bulles spéculatives

2 - La diminution du volume des productions destinées à l'alimentation
Des sécheresses à répétition en Australie et de mauvaises récoltes en Europe – en France et en Ukraine notamment – ont fortement réduit le volume de la production en 2006 et 2007. En Afrique, la dégradation de la qualité de certaines terres et l'intensification de l'urbanisation restreignent la surface des terres cultivables.


Pour autant, d'après la Banque mondiale, le principal coupable est ailleurs : il s'agit de l'engouement pour les agro-carburants, comme l'éthanol et le biogazole. Car les terres utilisées pour la fabrication de ces combustibles de substitution sont autant de terrains délaissés pour la production d'aliments.

 

Le volume d'éthanol produit a plus que doublé depuis 2000, une production portée par le Brésil et les Etats-Unis. Washington n'a d'ailleurs pas hésité à fortement subventionner la production d'éthanol à partir de maïs pour se préparer à l'après-pétrole, comme l'indique la Banque mondiale dans une note d'orientation publiée le 10 avril : « La quasi-totalité de l'augmentation de la production mondiale de maïs, de 2004 à 2007, a été absorbée par la production de biocarburants aux Etats-Unis. Au même moment, l'augmentation de la consommation de maïs dans le monde asséchait les réserves existantes. »

 

Ethanol-USA.jpg

Source : FAO

 

 

3 - Des coûts de production en forte augmentation
Des prix de l'énergie plus élevés, des engrais plus chers : les coûts de production ont grimpé au cours des derniers mois et se répercutent directement sur les prix de vente. Ils expliquent 15% environ de la hausse actuelle des prix alimentaires, selon la Banque mondiale. Les niveaux records de pétrole ces dernières semaines, au-delà de cent dollars le baril, laissent penser que la hausse des prix des commodities sera bien un phénomène durable.

 

4 - De nouvelles bulles spéculatives
Le négoce des matières premières agricoles connaît une période euphorique. En pleine crise immobilière et bancaire aux Etats-Unis, la flambée des cours des commodities sur les marchés attire les investisseurs et autres fonds d'investissement, déçus des rendements trop modestes d'actifs plus classiques, comme les actions et obligations.

 

Cette stratégie soutient artificiellement le cours de certains actifs, désormais considérés comme des valeurs refuges. La dernière cible en date des spéculateurs est le riz thaïlandais, dont les cours ont pratiquement doublé sur le marché à terme du Chicago Board of Trade en l'espace de quelques mois.

 

 

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