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Dix solutions à la crise alimentaire qui bouscule la planète

| Par Ludovic Lamant

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En un mois à peine, deux fiascos. Alors que la flambée des matières premières agricoles continue d'asphyxier près d'un milliard de personnes sur la planète, la conférence organisée par la FAO, du 3 au 5 juin à Rome, puis la réunion du G8, du 7 au 9 juillet au Japon, ont échoué à apporter de réponses consistantes à la crise alimentaire mondiale. Il y a eu des émeutes de la faim en Egypte. Les tensions sont très fortes au Maghreb. Mais cette crise n'est pas au menu du sommet de l'Union pour la Méditerranée qui se tient dimanche 13 juillet à Paris.

 

Le communiqué final de l'organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture s'était contenté en juin d'afficher un nouvel objectif : réduire de moitié le nombre de personnes sous-alimentées d'ici 2015. Comment ? C'est encore confus... Les dirigeants du G8, eux, ont réitéré les promesses chiffrées qu'ils avaient faites en janvier.

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Depuis des mois pourtant, des agronomes, des économistes et des ONG réfléchissent à des moyens de sortie de crise. L'équation est simple : il y aura en 2050 neuf milliards de bouches à nourrir. Présentation, dans les pages qui suivent, de dix solutions très concrètes pour doper la production mondiale.

 

1 - Mieux stocker les réserves et les déchets
Les spécialistes appellent cela des «pertes post-récolte» : pourrissement des grains lors du stockage à la ferme, attaques des oiseaux sur les récoltes, développement de moisissures (bactéries et champignons). A eux seuls, ces dégâts détruiraient dix à 15% de la production mondiale, selon la FAO. A cela s'ajoutent les «pertes à la consommation» - les déchets des villes (pain rassis, restes de repas...) qui, s'ils étaient acheminés vers les campagnes, pourraient, au mieux, servir de nourriture au bétail, au pire, constituer du fumier.

 

Conclusion : il faut investir dans des infrastructures capables d'assurer une meilleure conservation et un déplacement plus sûr des productions agricoles.

 

2 - Un moratoire sur les biocarburants
L'étude coup de poing de la Banque mondiale, révélée le 4 juillet par le Guardian, en a rajouté une couche. D'après l'institution, l'essor des carburants verts serait responsable de... 75% de la flambée des cours des matières premières agricoles. A peine publié, le chiffre a été contesté de tous les côtés. Jusqu'à présent prévalait, à défaut d'étude en bonne et due forme, la fourchette avancée par le Fonds monétaire international (FMI) : la confiscation des terres agricoles pour la production d'«énergie verte» expliquerait entre 20 et 30% de l'augmentation.

 

Au-delà du débat sur l'ampleur du phénomène, les ONG sont unanimes. Elles réclament un moratoire, ainsi que la suspension des aides massives à ce type de cultures, en attendant d'y voir plus clair.

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Pas évident de mettre en avant telle piste plutôt que telle autre. Selon quels critères réaliser cette sélection ? Nous avons, entre autres, fait l'impasse sur la taxation des mouvements spéculatifs sur les matières premières agricoles (techniquement difficile à mettre au point pour le moment), mais aussi sur l'élevage intensif de baleines (trop exotique, trop futuriste), sur les multiples propositions de «super-fonds» (qui dans tous les cas ne pourront régler que la question du financement des investissements) ou encore sur la généralisation de microcrédits (pour mieux y revenir). Même sur Internet, l'exhaustivité est un leurre...

 

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