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Mediapart
Jeu.03 septembre 201503/09/2015 Édition de la mi-journée

Mali : les Etats-Unis jouent profil bas, la France ne s’en plaint pas

|  Par Thomas Cantaloube

Sous le couvert d'un « appui logistique et de renseignements », les Américains fournissent aux Français des avions-cargos, des drones et sans doute des informations de leurs forces spéciales, et tout le monde s'arrange de cette relative discrétion.

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Depuis deux jours, le secrétaire à la défense des États-Unis (et ancien patron de la CIA) Leon Panetta, a haussé le ton. Sur l’intervention française au Mali, il a affirmé : « Je ne crois pas qu’il s’agisse d’une guerre française, mais il faut un effort international. » Quant à la prise d’otages en Algérie, dans laquelle plusieurs ressortissants américains étaient retenus, il s’est fait martial : « Les terroristes doivent savoir qu'ils ne trouveront ni sanctuaire, ni refuge en Algérie, en Afrique du Nord ou ailleurs. Ceux qui s'attaquent gratuitement à notre pays et à notre peuple n'auront nulle part où se cacher. »

Ces déclarations d’un des plus hauts responsables du pays qui a fait de la lutte contre le terrorisme une de ses priorités politiques majeures depuis douze ans sont attendues, mais elles sont relativement isolées. Barack Obama, par exemple, est resté en retrait sur ce sujet depuis une semaine. Quant aux actions américaines sur le terrain, elles demeurent éminemment discrètes. Ce qui ne veut pas dire qu’elles sont inexistantes.

Après une décennie qui nous avait habitués à voir Washington intervenir aux quatre coins de la planète, qu’il s’agisse d’envoyer des dizaines de milliers de soldats au Moyen-Orient ou de procéder à des tirs de missiles depuis des drones, la première mandature d’Obama a marqué un changement de cap. Si le recours aux forces spéciales et aux engins aériens sans pilote sont toujours d’actualité, les expéditions sous la bannière étoilée semblent des reliques. L’intervention en Libye l’a illustré : après la destruction des capacités anti-aériennes du régime de Mouammar Kadhafi à distance grâce à des moyens essentiellement américains, les États-Unis se sont mis en retrait, laissant le soin à d’autres d’effectuer une partie des bombardements, leur guidage au sol, et la liaison avec les rebelles. C’est ce qu’Obama avait qualifié de « leadership depuis l’arrière ».

 

François Hollande et Barack Obama le 18 mais 2012 à la Maison Blanche.François Hollande et Barack Obama le 18 mais 2012 à la Maison Blanche. © Pete Souza/Maison-Blanche

 

Aujourd’hui, au Mali, les Américains ont approuvé l’opération déclenchée depuis une semaine par Paris, mais ils ne se sont pas montrés particulièrement enthousiastes et n’ont officiellement mis à disposition de la France que deux avions de transport et des « moyens de logistique et de renseignements ». On sait également que des avions ravitailleurs américains ont appuyé les missions de bombardement des chasseurs français. Ostensiblement, Washington semble dire : « Ce n’est pas notre guerre. » Pourtant ce n’est pas tout à fait le cas.

Quand on soumet à un conseiller de l’Élysée, informé heure par heure de la crise malienne, l’idée que les Américains semblent se laver les mains des opérations françaises, il réagit immédiatement : « Non, ce n’est pas vrai. Ils nous soutiennent à cent pour cent. Voyez les déclarations de Leon Panetta ! » Puis, après une courte pause : « Il y a d’autres moyens d’aider qui sont plus efficaces que des soldats au sol. » Et enfin : « L’intervention des États-Unis n’est pas forcément souhaitable. » Autrement dit : les Américains assistent les Français, mais il vaut mieux ne pas en faire trop de publicité.

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