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Dim.29 mars 201529/03/2015 Dernière édition

Italie : les quatre points cardinaux d'un scrutin indécis

|  Par Stéphane Alliès et Ludovic Lamant

Après l'intermède technocratique Monti, les élections de dimanche et lundi marquent le retour de la politique en Italie. Entre une loi électorale complexe et de grandes incertitudes politiques, accentuées par des sondages peu fiables, tout est encore possible de l'autre côté des Alpes.

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Italie année zéro ? Après la plus grave crise financière depuis l'après-guerre et la mise en place d'un gouvernement de technocrates imposé par l'Union européenne et emmené par Mario Monti, l'Italie retourne aux urnes dimanche et lundi. Dans l'inconnu, au vu de sondages aux marges d'erreur approchant les 5 %. Panorama en quatre points des enjeux de ce scrutin, entre une loi électorale complexe et des dynamiques politiques incertaines pour les diverses coalitions en lice dans un paysage éclaté.

  1.  La Lombardie au centre des attentions dans un scrutin complexe


Deux élections se déroulent en même temps : législatives et sénatoriales. Le scénario un temps rêvé par le candidat du parti démocrate Pierluigi Bersani de remporter la majorité absolue à la chambre haute comme au Sénat semble aujourd'hui peu probable. D'autant que le mode de scrutin diffère selon les enceintes. Le parti qui arrive en tête à la chambre des députés obtient une « prime majoritaire nationale », qui lui donne 55 % des 630 sièges. Le reste des sièges est réparti à la proportionnelle entre les autres partis. Si le PD arrive en tête au niveau national, comme le lui promettent les sondages, il prendra donc le contrôle de la chambre haute.

Pour le Sénat (315 sièges), l'affaire est plus délicate, puisque la prime des 55 % y est attribuée sur une base régionale. En clair : ce sont les régions les plus peuplées, les mieux dotées en sièges, qui font la majorité. La Lombardie (dix millions d'habitants) mais aussi la Vénétie, la Campanie, le Latium et la Sicile sont donc les cinq régions clés pour anticiper la majorité à la chambre basse. La tendance dans ces régions, traditionnellement plutôt à droite, devrait suffire à construire une majorité au Sénat (l'Italie compte en tout vingt régions).

Mais une seule région focalise presque toute l'attention : la Lombardie, qui à elle seule ramène 49 sièges au Sénat. Pour le Financial Times, le berceau de Milan est à la fois l'équivalent italien de la Californie (parce qu'il s'y produit 20 % environ du PIB national) et de l'Ohio, swing state par excellence des campagnes américaines (parce que la majorité qui sortira des urnes en Lombardie influera massivement sur la majorité de la chambre basse).

Or la Lombardie est aussi la terre natale de Silvio Berlusconi. L'alliance du Cavaliere avec la Ligue du Nord la rend pratiquement imprenable pour le centre gauche. Sauf que des scandales de corruption ont affaibli la Ligue au cours de la dernière législature et rendent les résultats plus incertains qu'à l'habitude. Les derniers sondages donnaient Ligue et centre gauche à jeu égal dans la région. La ville de Milan a basculé à gauche l'an dernier. En tête en Campanie, le centre-gauche est devancé par la droite en Vénétie (un autre bastion de la Ligue du Nord). En Sicile, gauche et droite sont au coude-à-coude (avec une percée possible de la coalition de gauche Rivoluzione civile).

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Toutes les personnes citées dans cet article ont été interrogées ces deux dernières semaines par téléphone, ou par mail, sauf mention contraire, signalée par un lien. Jean-Luc Mélenchon a été interrogé vendredi matin à Paris.