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Jeu.18 décembre 201418/12/2014 Édition de la mi-journée

Déchets toxiques: retour sur la catastrophe d'Abidjan

|  Par liza fabbian

Dans un rapport rendu public ce mardi, Greenpeace et Amnesty demandent l’ouverture d’une enquête pénale sur le rôle de l’entreprise Trafigura dans le déversement de plusieurs dizaines de tonnes de déchets toxiques en Côte d’Ivoire, en août 2006. Plusieurs milliers de personnes avaient été victimes d'une pollution massive.

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Le 19 août 2006, le Probo Koala, un pétrolier en provenance des Pays-Bas, accoste dans le port d’Abidjan pour y décharger les 520 m3 de déchets toxiques qu’il transporte. Le navire est affrété par l’entreprise privée Trafigura, négociant indépendant en produits pétroliers. Sa cargaison hautement nocive est chargée à bord des camions de la Compagnie Tommy, qui vont directement la déverser à Akouédo, une grande décharge à ciel ouvert, située dans un quartier résidentiel d’Abidjan.

Normalement destinée à recevoir les ordures domestiques, cette décharge ne dispose pas des installations sanitaires nécessaires au stockage ou au traitement de tels déchets toxiques. La cargaison est pourtant déversée là, sans précaution, ainsi qu’en plusieurs autres endroits de la ville : au moins dix-huit points de déversements ont été identifiés jusqu’à présent, à Abidjan même, et dans les alentours.

Le lendemain matin, la population est réveillée par une puanteur insoutenable. Rapidement, des dizaines de milliers de personnes développent des symptômes similaires : maux de tête, sévères irritations cutanées, ventres ballonnés et irritations respiratoires. Les jours et les semaines suivantes, les centres de soin enregistrent plus de 100 000 patients. Quinze personnes seraient mortes des conséquences de cette pollution, qui a créé une situation d'urgence sanitaire dans le pays.

L’enquête minutieuse menée pendant trois ans par Greenpeace et Amnesty International met au jour la « succession tragique des défaillances à l’origine de ce désastre sanitaire, politique et environnemental ». Dans ce rapport imposant ( Rapport complet « une vérité toxique »), les deux organismes détaillent l’enchaînement des événements, en s’appuyant sur des rapports, des mails, des directives et les témoignages de différents acteurs de cette tragédie sanitaire.

Les deux ONG souhaitent qu’une enquête pénale soit ouverte au Royaume-Uni, sur le rôle clé de la société Trafigura dans cette affaire et sur la chaîne de responsabilités. Elles demandent que 6 000 victimes soient enfin indemnisées, celles-ci ayant été privées jusqu’à présent de toute compensation financière.

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