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Dim.29 mars 201529/03/2015 Édition du matin

La commission européenne rémunère la porte-parole du candidat Monti

|  Par Ludovic Lamant

L'exécutif bruxellois a « détaché » l'une de ses fonctionnaires pour assurer la communication de Mario Monti. La situation est d'autant plus étrange que l'actuel président du conseil vient d'entrer en campagne électorale en Italie.

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De notre envoyé spécial à Bruxelles

À un mois des élections législatives en Italie, un caillou vient de se loger dans la chaussure de l'actuel président du conseil et candidat à sa succession, Mario Monti. Il avait été désigné chef de l'exécutif en novembre 2011 au terme d'un « coup de force » validé par la plupart des dirigeants européens. La presse italienne a découvert que sa porte-parole était rémunérée, à temps plein, par... la commission européenne. Cette dernière a confirmé l'information le 23 janvier dernier. 

La situation d'Elisabetta Olivi n'est pas nouvelle : elle dure depuis la formation du « gouvernement d'experts » à la fin de l'année 2011. Mais l'entrée en campagne du « professore » Monti, en vue du scrutin du 24 février, rend l'affaire particulièrement délicate. Du jour au lendemain, Olivi est devenue la porte-parole d'un candidat. De là à soupçonner la commission de José Manuel Barroso de vouloir financer la campagne de Monti...

Comment ce montage financier a-t-il été possible ? Elisabetta Olivi jouit d'un statut de fonctionnaire communautaire « détachée », conformément à ce que prévoit le code de bonne conduite interne à la commission (lire les articles 37 à 39, en particulier 37.b). Après en avoir fait la demande, à l'automne 2011, elle a obtenu d'être détachée sur une période allant du 1er décembre 2011 au 31 mai 2013.

Les collègues Monti et Olivi sont inséparables depuis qu'ils ont travaillé ensemble à Bruxelles. Économiste de formation, elle fut son porte-parole lorsqu'il occupait le poste de commissaire européen à la concurrence, de 1999 à 2004. Elle a également travaillé à Rome, à partir de 2007, au sein de la représentation italienne de la commission (lire son CV ici). Dans les portraits consacrés au chef du gouvernement, elle est présentée comme « sa porte-parole depuis deux décennies ».

Conférence de presse de Mario Monti le 20 septembre 2012. A droite, Elisabetta Olivi. © Palazzo ChigiConférence de presse de Mario Monti le 20 septembre 2012. A droite, Elisabetta Olivi. © Palazzo Chigi


Du côté de la commission, dont le seul objectif est, selon les traités, la défense de l'intérêt général européen, on banalise : « Il n'y a rien d'anormal dans cette situation, et nous pensons même que ces détachements sont une excellente chose, parce qu'ils permettent de faire circuler l'expertise entre Bruxelles et les capitales », juge Antony Gravili, porte-parole de l'exécutif européen.

Le mouvement est double : les États-membres détachent en permanence à Bruxelles plus d'un millier de fonctionnaires pour aider au travail de la commission, tandis que l'exécutif européen met à disposition un petit nombre de ses fonctionnaires dans les capitales. « Les effectifs de la commission sont très réduits si on les compare à ceux des 27 administrations nationales », rappelle Antony Gravili pour justifier ce déséquilibre.

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