Ségolène Royal, mitterrandienne sans parti

Il y a un an, jour pour jour, le congrès de Reims se terminait, et Ségolène Royal ne parvenait pas à convaincre les cadres du parti socialiste, préférant miser sur les urnes militantes. En laissant finalement lui échapper l'appareil du PS, la candidate défaite à la présidentielle de 2007 est obligée d'inscrire son destin national en s'écartant de son modèle mitterrandien.

Fraudes au PS: Royal demande une plainte ou des sanctions

Après avoir annoncé une déclaration solennelle en réaction à l'ouvrage évoquant les fraudes du congrès de Reims, Ségolène Royal a dévoilé, mardi 15 septembre, le nouveau visage déroutant du site internet de Désirs d'avenir, posté un message vidéo avec deux heures de retard, avant d'intervenir au journal de 20 heures de TF1 où elle a appellé la direction du PS soit à sanctionner les fraudeurs, soit à porter plainte en diffamation contre les auteurs du livre.

Fraudes au PS: ce que Mediapart a écrit

La publication jeudi 10 septembre de l'ouvrage des journalistes d'Europe1 Karim Rissouli et Antonin André, Hold-ups, arnaques et trahisons (Editions du Moment), agite à nouveau le spectre du congrès de Reims dans un PS qui se pensait rétabli après son université de La Rochelle. Ségolène Royal réfléchit à sa riposte et la rue de Solférino bétonne. Avant, pendant et durant le congrès, Mediapart avait raconté les diverses expériences de trucages électoraux, leur ampleur diverse selon les lieux et les principaux acteurs. Utile rappel.

Ségolène Royal voit s'éloigner l'un de ses fidèles

Jean-Pierre Mignard quitte la présidence de Désirs d'avenir désormais assumée par Ségolène Royal elle-même, qui entend transformer l'association en «ONG européenne» proche d'une fondation type think tank. Dans un entretien à Mediapart, il explique sa position et tire un bilan sans concessions de son expérience. «Nous n'avons pas réussi à dépasser les frontières du PS», reconnaît-il avant de critiquer: «La démocratie participative [...] n'a pas fonction à créer un lien magique entre un leader et le peuple.» Il dénonce également les affres du présidentialisme dans la vie politique de la Ve République. Et d'appeler à la naissance d'un «grand parti démocrate de gauche» indispensable, selon lui, au «renouveau démocratique».

Pourquoi Martine Aubry a choisi de taper sur les doigts de Manuel Valls

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En rappelant le député et maire d'Evry à l'ordre, la première secrétaire du PS a voulu montrer qu'elle était capable de taper du poing sur la table. Et cela alors que les critiques et les impatiences internes à l'égard de sa gestion fusent de toutes parts. Si elle prend le risque de raviver les clivages du congrès de Reims, la maire de Lille mise sur une rupture avec l'ère François Hollande et sur la volonté des militants de surmonter les querelles intestines (photo: Martine Aubry au congrès de Reims).

PS: une grosse synthèse édredon pour étouffer la crise

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Le conseil national du PS a presque fait dans l'inutile. Embryons d'annonces, velléités de rassemblement, primaires «remises à plus tard». A entendre les cadres présents, l'essentiel serait sauvé et tout le monde est «derrière Martine». Les derniers à ne pas être encore membres de la pléthorique direction vont être intégrés. Ségolène Royal obtient son poste à l'Internationale socialiste et fait la paix. Une bonne grosse synthèse, en somme. Même si des dents grincent et que certains évoquent «un nouveau clivage transcourants, entre anciens et modernes».

Ultime explication avant vote: le point de vue des trois camps

Des proches des trois candidats en lice répondent à 5 questions posées par Mediapart. Jean-Pierre Mignard, président de Désirs d'avenir, y affirme que Ségolène Royal «propose la mutation la plus accomplie du PS». Le député François Lamy, lieutenant de Martine Aubry, appelle les militants à «respecter le vote du 6 novembre [sur les motions] et l'identité du parti». Bruno Julliard, ancien président de l'Unef, estime que Benoît Hamon reste «le seul à pouvoir ancrer le parti à gauche».

 

Ségolène Royal ou l'art du double discours

Ce week-end, à Reims, Ségolène Royal montait, pour la première fois de sa carrière, à la tribune d'un congrès du parti socialiste. Mediapart revient sur ses deux discours, très différents, le premier provocateur et humiliant pour le "vieux parti", le second plus rassembleur, mais creux. Deux textes qui résument, jusqu'à la caricature, le personnage politique. Qui révèlent, selon ses contempteurs, les menaces que Ségolène Royal, candidate, jeudi 20 novembre, au poste de premier secrétaire, fait peser sur l'identité même du PS. Lire aussi:

Congrès du PS: les derniers mots des ténors avant la nuit des "négos"

Les ténors du PS se sont réunis une dernière fois, samedi 15 novembre, dans la soirée, devant les militants de leur motion, pour se caler avant les négociations de la nuit et la commission des résolutions. Martine Aubry, que ses partisans poussent plus que jamais à se porter candidate au poste de premier secrétaire, a maintenu le suspens. «Encore faut-il être sûre de gagner», a-t-elle lâché, toujours à la recherche d'une alliance avec les motions Hamon et Delanoë. Le maire de Paris a qualifié la synthèse de «devoir historique». Ségolène Royal, elle, se dit très sereine mais veut encore débaucher. Seule la candidature de Benoît Hamon ne fait plus aucun doute. Lire aussi:

 

 

PS: le pouvoir aux militants ou le simulacre de Reims

Loin des traditions du parti socialiste et des exercices obligés du passé, les équipes des différentes motions ne sont plus tournées vers des synthèses artificielles ou stratégiques mais sont obnubilées par la présentation d'un candidat à l'élection du premier secrétaire par les adhérents, jeudi 20 novembre. Alors que les discussions du congrès de Reims, qui se poursuit samedi 15 novembre, s'engagent sur des scénarios de «prise de leadership». Même François Hollande a consacré le vote militant comme solution pour l'unité. Lire aussi: