La révolution tunisienne est un formidable révélateur de la sincérité démocratique des responsables politiques, des intellectuels et des personnalités médiatiques qui tiennent chronique et ont micro ouvert en permanence dans les médias français. Au delà des « hésitations », soulignées parfois avec une certaine cruauté par de nombreux observateurs, de la diplomatie française, une chose retient l’attention : le silence assourdissant des experts et des analystes de haut niveau qui peuplent les écrans de télévision. La révolte démocratique du peuple tunisien n’a en effet guère suscité de réactions – ou alors fort embarrassées – des préposés à la « bien-pensance » et des donneurs de leçons civilisés, de ceux qui se mobilisent avec constance contre les régimes iranien, vénézuélien ou chinois, de ceux qui à longueur de colonnes fixent de facto la ligne éditoriale de la grande majorité des médias français.
Le (pas très) surprenant silence d’Hubert Védrine Mais un silence me paraît encore bien plus éloquent que l’embarras des habituels intellectuels médiatiques : celui d’Hubert Védrine, théoricien stratosphérique des relations internationales, ex-secrétaire général de l’Élysée et ancien ministre des Affaires étrangères, habituellement si prompt à analyser chaque crise internationale, qu’on lit le matin dans Libération et après déjeuner dans Le Monde. Celui qui livre d’habitude avec aplomb sur tous les plateaux de savantes analyses sur le cours des affaires de la planète n’est tout simplement pas là. Il est complètement absent et rigoureusement invisible. Mais où est donc passé cet hyper-expert, critique féroce du « droit-de-l’hommisme » – qui, selon lui, saperait l’autorité des États et contribuerait ainsi à les affaiblir ?
Pour comprendre mes interrogations sur le sort de cette autorité diplomatique, que l’on me pardonne d’évoquer une anecdote personnelle. Le 21 janvier 2005, il y a quasiment cinq ans jour pour jour, lors d’une rencontre autour du Maghreb organisée à l’Assemblée nationale à Paris par le site marocain L’Observateur, j’ai entendu – comme des dizaines d’auditeurs médusés – Hubert Védrine déclarer en substance que les pays du Sud – entendez du Sud méditerranéen – n’étaient pas mûrs pour la démocratie : « Il avait fallu plusieurs siècles pour que nous [les Occidentaux] accédions à la démocratie » ; et en attendant, « nous devions traiter avec les États et les élites de pouvoir ».
Par acquis de conscience, j’ai demandé à des témoins de la scène s’ils avaient gardé la même mémoire de cette sortie invraisemblable dans la bouche d’un responsable socialiste ayant occupé des fonctions éminentes dans l’État français. Ils ont confirmé ces propos auxquels j’avais alors réagi à chaud, hélas en l’absence d’Hubert Védrine qui avait quitté la salle immédiatement après son intervention. J’avais manifesté ma surprise devant cette position ethnicisante ou essentialiste qui évoquait pour moi la très colonialiste SFIO de Max Lejeune et de Guy Mollet, plutôt que l’humanisme de Jaurès. Pour aggraver mon cas, j’avais ajouté qu’après qu’on nous ait répété pendant des décennies que nous n’étions pas mûrs pour l’indépendance, voilà que nous étions obligés d’entendre que nous n’étions pas prêts pour la démocratie. Veillant à ne pas outrepasser les règles de la bienséance, j’avais conclu en regrettant que, décidemment, pour les porte-parole autorisés de la Civilisation, nous autres Maghrébins ne serons jamais au rendez-vous de l’Histoire.
Passons sur le fait que cela m’avait valu d’être taxé d’« impoli » par une journaliste d’un hebdomadaire parisien habituée des corridors de la présidence algérienne depuis l’époque lointaine de Boumediene. Deux ou trois dames avaient même surenchéri en déplorant la rudesse et le manque d’éducation notoires des Algériens…
Les blindés, seule alternative aux « barbus » : une thèse mensongère Au delà de l’anecdote, si on peut contester le cynisme de l’homme politique, on ne peut que reconnaître sa franchise. Le discours d’Hubert Védrine est symptomatique de la pensée commune et du quasi-consensus politique des élites françaises, socialistes ou non, autour du soutien à Ben Ali et aux régimes policiers du monde arabe. C’est ce pseudo-réalisme sans états d’âme qui constitue le fond commun idéologique des élites de gouvernement, qu’elles soient de droite ou de gauche. Certes, cette posture dissimule des intérêts bien compris. Mais in fine, la représentation politique du monde arabo-musulman s’articule exclusivement sur la théorie du « containment » du « péril islamiste ».
Selon les intellectuels médiatiques et tant d’experts « sécuritaires », la « menace islamiste » supposée inhérente à nos peuples réputés frustes et violents ne peut être maîtrisée que par des régimes autoritaires, aussi ineptes, sanguinaires et corrompus soient-ils. Autre consensus politique censé légitimer cette position : il n’existe pas de forces d’opposition démocratiques crédibles et seul l’islamisme dans sa version « talibane » représenterait une alternative aux régimes en place. Entre blindés et barbus, il n’y aurait donc rien, sinon quelques personnalités très minoritaires. Pour les élites françaises, le soutien inconditionnel aux dictatures est donc l’unique voie pour réduire la menace « existentielle » islamiste et, partant, préserver la stabilité des États et de la région.
Cette thèse martelée depuis des années par la machine médiatico-politique à fabriquer le consentement est tout simplement mensongère. Le chercheur François Burgat, dans la préface à l’édition de 2010 de son remarquable L’Islamisme à l’heure d’Al-Qaida (La Découverte), l’explique clairement : « En 2010, paradoxalement, les pays musulmans où s’esquisse la sortie de l’autoritarisme ne sont pas ceux où, avec le soutien de la communauté internationale, le tout répressif de la “lutte contre les intégristes” a prévalu, mais bien ceux, peu nombreux, où les courants islamistes sont loyalement intégrés au jeu institutionnel. Ni la vision médiatique ni la stratégie politique dominantes […] ne semblent percevoir et encore moins prendre en compte cette réalité essentielle, laissant se perpétuer un quiproquo culturaliste parfaitement mystificateur. »
Le modèle turc n’est-il pas l’un des démentis les plus clairs aux aveuglements des faiseurs d’opinion ? Dans d’autres pays – Liban, Palestine, Irak, Koweït ou Bahreïn et, très probablement aujourd’hui, Tunisie –, l’islamisme, en dépit de toutes les tensions, tend majoritairement à s’insérer dans la modernité fondamentale, celle qui détermine toutes les autres : la démocratie. C’est l’opinion de nombreux activistes du Maghreb et du monde arabe. Moncef Marzouki, opposant de longue date au régime de Ben Ali, insiste ainsi dans une récente interview (Politis, 20 janvier 2011) sur les différences fondamentales entre les divers courants de l’islam politique. Pour lui, « le clivage se situe entre ceux qui acceptent le jeu démocratique et les autres » : « En Algérie et en Tunisie, certains laïques se sont fourvoyés avec les pouvoirs dictatoriaux en trahissant l’idéal démocratique pour réprimer les islamistes en place. On a vu le résultat... »
Le mythe de l’inéligibilité à la démocratie En dépit de ce que pensent des « spécialistes » très formatés, les scènes politiques des pays de culture musulmane ne peuvent donc être réduites à la seule alternative entre dictature et islamisme archaïque. Ce n’est que par la démocratie que sera dépassée cette fausse contradiction dans laquelle les despotes et leurs alliés « civilisés » veulent enfermer les peuples. La « laïcité » autoritaire défendue par les théoriciens du soutien aux dictatures produit l’effet inverse de celui escompté. La violence d’État, la répression des libertés et le déni du droit contribuent à renforcer l’obscurantisme et à nourrir les régressions. La dictature organise aussi le vide politique, qui est ensuite utilisé pour déplorer l’absence d’alternative et/ou de leader politique « évident », ce qui « contraindrait » à soutenir les régimes en place. Le contre-modèle algérien est à cet égard tout à fait exemplaire.
La prétendue inéligibilité des peuples musulmans à la démocratie en raison de leur défaut de maturité est un mythe battu en brèche par le combat pacifique et par les luttes syndicales de femmes et d’hommes dans le monde arabe, ignorés par la plupart des médias français. La révolution du peuple de Tunisie prouve aussi qu’il n’est pas besoin d’un leadership charismatique pour qu’une société arabo-musulmane se soulève et avance avec une maturité jusqu’ici impressionnante sur la voie de la démocratie. Encore faudrait-il ne pas refuser obstinément de voir les signes annonciateurs d’un mécontentement trop profond pour être contenu éternellement.
Ce n’est donc pas le moindre mérite de la révolution tunisienne d’avoir présenté au monde l’image d’un peuple digne et courageux qui a pris son destin en main et abattu pacifiquement une dictature implacable. Le sacrifice de Mohamed Bouazizi a également mis en évidence pour une opinion européenne soigneusement désinformée le désespoir d’une jeunesse privée de libertés et de perspectives. La réaction populaire a mis à bas le mur de la peur construit avec l’aide des bonnes consciences médiatiques. Qui oserait dire aujourd’hui que le peuple tunisien n’est pas apte à la démocratie ?




Tous les commentaires
Excellent billet... J'ai aussi été choquée par la manière de France Info et France Inter ronronnaient sur des sujets futiles, absolument aveugles à ce qui se passait en Tunisie, tandis que nous, ici sur Internet, recevions les images du massacre de Kasserine... tandis que nous découvrions le courage et la maturité (y compris technologique, joli pied-de-nez encore une fois) de ce peuple en révolution.
Après plusieurs journées et nuits inquiétantes (qu'allaient devenir tous ces gens qui s'étaient exprimés à visage découvert, si la dictature reprenait le dessus ?), Ben Ali jeta enfin le gant. Et là, nos médias se sont réveillés avec une sacré gueule de bois, j'imagine. Ils n'étaient même pas au courant de ce que des milliers d'internautes-veilleurs -solidaires- avaient suivi heure par heure...
Je n'ai pas pu m'empêcher de sourire lorsque j'ai entendu un envoyé spécial de France Inter apprendre de la bouche d'un Tunisien "que ça bougeait aussi en Algérie..." "ah... je ne savais pas" a répondu le plumitif (que je devinais perplexe et confus)... depuis, OK, ça essaye de se rattraper, la couverture média du Maghreb commence enfin à ressembler à quelque chose d'un peu plus exact et respectueux, par moments... mais la gloire des Tunisiens aura vraiment été la honte de nos médias "d'influence" (comme on dit)... Quand à nos hommes politiques, je n'en parle même pas, comment ont-ils pu être aussi abjects ? ça me restera à tout jamais un mystère...
Un mystère?
comment?Ce sont simplement les "Ponces Pilates" habituels dans un monde politique fermé qui entend avoir pris et garder les rênes du contrôle!
"Nous contrôlons la situation"
"Tout est calme à Santiago" ce vieux film avec Gérard Philippe et Michèle Morgan!
et bien d'autres exemples!
Répétitions de l'Histoire ;avec ou non majuscule!
n'est-il pas envisageable que la démocratie ne se fasse concrètement plus
vite (au départ;ensuite ....?) que dans nos vieux pays où le temps qui a passé justement a permis au forces de réaction de mettre en place leurs outils de retour au passé(il existe toutes sortes d'outils pour cela)?
Pour un premier billet, vous frappez fort ! Fort et juste. Très juste.
C'est l'heure du réveil. Il faudrait que des paroles comme celle-ci se multiplient là où c'est possible. Parce que les plus dangereux ennemis d'un avènement de la démocratie dans nos pays sont ceux que vous désignez : les politiques, gauche en tête ; les intellectuels, intellos-humanitaires en tête ; les journalistes, tous médias confondus, ont toujours eu l'indignation sélective dès qu'il s'agit du Maghreb. Avec des exceptions, question presse, il est vrai, mais ce sont des exceptions qui prouvent la règle. Et encore : cela dépend de la ligne éditoriale du moment !...
Le Maghreb n'est "pas mûr pour la démocratie", comme il ne fut "pas prêt pour l'indépendance", comme les immigrés ne sont pas prêt pour l'intégration. Mais la France, l'Europe et les Etats-Unis, eux, sont prêts... à tout !
L'Afrique, ne l'oublions pas, n'est "pas entrée dans l'Histoire". Donc, le Maghreb non plus. Ou plutôt, si : il vient juste de pousser la porte, en Tunisie. A croire que les Algériens, eux, attendent que la France en sorte, de l'Histoire, pour s'y engouffrer ?
Merci pour ce beau billet
Excellent billet. Merci
Merci Monsieur de dire cette vérité, et de défendre votre dignité d'homme.
J'ajouterais qu'il apparaîtra un jour tout aussi crûment que nos "élites" actuelles, de droite ou de gauche, doutent tout autant du bien-fondé de la démocratie dans les pays occidentaux. Je vous conseille vivement le documentaire "L'encerclement. La démocratie dans les rets du néo-libéralisme" (existe en DVD).
Bien à vous,
Bravo, bien dit , bien présenté, bien vu, etc.....
Je remarque que les dictateurs sont copains avec les dictateurs: Hitler avec Mussolini, Franco et l'Emperueur du Japon, à un niveau inférieur Jean Marie Le Pen avec Saddam Hussein, etc....
L'oligarchie a besoin de la répression pour se maintenir au pouvoir, c'est dans le plus profond de son mode de pensée. Le peuple lui est méprisable. La sortie de MAM la matraque est un cas d'école en la matière. Cette bonne âme se prétend humaniste car elle fournit à la dictature des armes de répression moins mortelles que les fusils d'assaut, mais jamais elle ne remet en cause la suprématie de l'oligarchie tunisienne. Elle est juste contre le peuple.
Nous, Français savons maintenant à quoi nous attendre au cas où un nouveau mai 68 se profilerait.
Quant à Védrine, il est au Conseil d'Administration de LVMH avec Mme Chirac. Il est donc à fond dans l'oligarchie. Il y a beaucoup de socialistes comme lui à fond dans l'oligarchie. N'est-ce pas le problème de fond du PS, cette schizoprénie : une base à gauche, une direction à droite. Il n'y a pas çà à l'UMP et au FN: tout y est à droite.
Est-ce que Marx ne prévoyait pas la révolution en Angleterre, pays de l'exploitation capitaliste ?
Elle s'est faite en Russie, patrie des moujiks et des propriétaires terriens.
Dur de prévoir !!!!
Belle analyse. Espérons que les murs de la peur qui tombent là-bas, de l'autre côté de la Méditerranée, feront s'écrouler par contre-coups les murs qui de plus en plus hauts s'élèvent ici, de notre côté. La politique extérieure conditionnant la politique intérieure et réciproquement, si jamais un régime démocratique s'édifie sur l'autre rive, la représentation de "l'immigré d'origine maghrébine" est susceptible d'évoluer. Il n'est pas impossible qu'il en résulte un changement complet de la donne politique française. Souhaitons que sécurité et xénophobie ne soient plus, dans un proche avenir, des atouts électoraux.
Merci Si Omar pour ce billet complet sur l'état de déliquescence de la pensée ou vision de ceux censés nous informer, nous éclairer, nourrir notre désir de comprendre l'Autre"'.Qu'on-t- ils fait pour nous expliquer ce mouvement de fond d'origine populaire qui d'un pays d'amérique du sud à l'autre fait émerger des hommes aussi visionnaires, aussi créatifs ou audacieux (par exemple sur le théme des enjeux climatiques-environnementaux) que ceux qui gouvernent en Bolivie, en Equateur,......etc
Cet autisme- de la plupart des médias (hormis les réseaux sociaux électroniques ou quelques blogs de personnes politiques Françaises positionnées véritablement à Gauche ) et de nos élus - s'il devait perdurer risquerait de nous (l'Europe pour faire simple) marginaliser , de finir de nous décrédibiliser vis à vis de nos frères ou voisins méditerranéens. L'anecdote sur Hubert Védrine est édifiante !
bien à vous.
Un billet pas totalement faux (notamment la partie traitant d'H.Védrine, infame personnage), mais dangereusement sournois quand on regarde la réalité de la Turquie, pseudo-démocratie, danger absolue pour l'Europe et ses valeurs .Quant à évoquer ......" Liban, Palestine, Irak, Koweit.....l'islamisme .....tend majoritairement à s'insérer dans la modernité...."
Là, non c'est pas possible j'hallucine .....Si ce n'était aussi tragique chaque jour qui passe, ça serait à se tordre par terre de rire
Petit Rappel :
Liban =>Ezbolah,
Palestine =>Hamas,
Irak=>Y'en a trops !!! Mais tous démocratiques, naturellement....
N'hésitez pas, proclamez donc !!!
Vive les Ayatolah modérés !
Vive les Talibans modérés !
Vive le Ezbolah modérés !
Vive le Hamas modéré !
Vive Al-quaida modéré !
VIVE les Islamistes Modérés ! .........AH Ah Ah Ah ...LOL
Ah ! Pardon, j'avais oublié le terme complémentaire............modérés ET DEMOCRATIQUES evidemment, ....bien sur ces partis et autres mouvements, cités ci-dessus, acceptent la pluralité des opinions et des avis opposés des contradicteurs, sur tous les sujets, ainsi que leurs représentants tels que l'on pratique dans les Assemblées Parlementaires, en Europe par exemple .
Et, je n'évoque meme pas la sphère religieuge, autre que celui de l'Islam chez tous les ETATS mulsumans et en particulier chez les Etats arabes !
.......Vaste sujet inépuisable..........Voyez l'actualité !
Bientot, des DEMOCRATIE ISLAMISTE POPULAIRE pour faire pendant aux funestes Democratie Populaire, tout court ?
Encore de glorieuses démocraties injustement méconnues !!!!!
GRAND CHANTRE des DROITS DE L'HOMME !
Rappelez-vous l'Iran au lendemain de la chute du Sha, les vains espoirs de démocratie......et la suite que l'on sait..
......." Et pendant ce temps là la marmote continue à plier......." LOL
GARE à L'INTOX,....... ouvrez les yeux les naifs .
La démocratie chrétienne a marché main dans la main avec la sociale démocratie pendant des années ....est-ce absolument impossible d'assister au même spectacle dans le monde arabe ?
Bravo Omar,
Nos experts, nos spécialistes, nos philosophes et intellectuels médiatiques sont nus. La leçon que nous donne le peuple tunisien est vraie aussi pour le peuple français et les peuples européens. Nous n'avons pas besoin de leaders, de programme clés en main pour nous révolter, pour mettre dehors cette oligarchie aussi avide de pouvoirs et d'argents que vide intellectuellement. Sa seule force est son pouvoir, la peur qu'elle propage, les divisions qu'elles suscitent.
Nos peuples européenns doivent prendre leur avenir en main, sans complexe, sans hésitation, comme l'ont fait les tunisiens.
Le système dominant ne tient que par nos hésitations, nos inquiétudes, nos peurs.
Bienvenue sur le site de Médiapart !
J'étais en Tunisie la première semaine de janvier, en touriste lambda. J'étais déjà venue dans le pays plusieurs fois, et j'avais appris, pour ne pas gèner les Tunisiens, à ne pas parler de Ben Ali.
Et cette fois, je n'ai pas eu besoin d'en parler, c'est d'eux mêmes que deux Tunisiens et plus tard une Tunisienne, avec qui j'avais engagé la conversation sur la Tunisie, se sont mis à parler de leurs problèmes avec Ben Ali, et comment tous les Tunisiens voulaient qu'il parte. Comme j'avais constaté que les médias français n'avaient que très peu parlé des événements de Sidi Bouzid et qu'ils m'ont raconté l'histoire dans les détails, je leur ai demandé comment ils l'avaient appris, puisque je me doutais que la télé tunisienne n'avait pas relaté tout cela de cette façon.
"On l'a su par Al Jazeera !" m'avaient-ils répondu.
La première fois que j'ai eu cette conversation, j'ai pensé que peut-être cette personne était suicidaire pour critiquer ainsi Ben Ali. A la seconde, j'ai été étonnée. A la troisième, à qui je ne parlais vraiment de rien, j'ai su que Ben Ali était foutu, qu'en Tunisie, il y avait une libération de la parole.
En voyant par ailleurs tous ces jeunes dans les rues de Monastir et de Sousse, qui visiblement étaient étudiants ou écoliers, j'ai repensé à l'analyse d'Emmanuel Todd qui explique que les peuples accèdent à la démocratie à un certain niveau d'alphabétisation, puis plus tard quand les gens accèdent aux études supérieures. J'ai pensé que le pays était mûr pour la démocratie, qu'il ne faudrait plus que quelques années.
Mais j'ai été stupéfaite comme tout le monde quand, six jours plus tard, Ben Ali s'enfuyait comme un pleutre.
Votre texte ne fait que recouper ce que j'ai pu constater. Et je pense comme certains de vos commentateurs que ça va nous donner de l'air, en France, aussi, parce que je me bats en permanence dans certains forums, contre des gens qui sont anti-racistes et qui défendent l'idée que la démocratie n'est pas pour les Arabes, qu'ils ont droit à d'autres types de régime, plutôt autoritaires. Ces idées à la con, qui ont été d'après moi apportées par des Arabes islamistes, gangrenait complétement la pensée anti-raciste et une partie de la gauche. Ne parlons pas de la droite qui le faisait pour des raisons qui sont très proches du racisme qui est l'autre nom de l'"essentialisme" arabe.
Quand la Tunisie aura installé sa démocratie, qu'elle aura créé un système de prise en compte des intérêts des dominants comme de ceux des dominés, et que d'autres pays arabes auront suivi, ce débat inutile aura vécu. D'ores et déjà, il se raréfie.
Nous pouvons passer à des débats plus constructifs, qui feront du bien pour revivifier notre démocratie à nous, qui en a bien besoin.
Cet événement, c'est la chance des habitants des pays arabes, c'est aussi notre chance à nous, dans nos vieilles démocraties en recul.
Pourquoi donc ,depuis, plus de 20 ans ,tout est fait en France pour détruire ,(on a commencé par le travail de sape ,initié par le dénigrement
et les attaques au personnes du métier) l'ECOLE DE LA REPUBLIQUE?
Pourquoi sinon justement dans ce but même pas inavoué.
ET ça continue, encore et encore:ce jour annonce triomphale de la prime au "rendement" qui sera versée au proviseurs dont les résultats aux évaluations seront satisfaisantes?AU NOM de quoi?Je vous le donne en mille!:de ce que c'est ce qui se fit dans toutes les entreprises!
Au royaume des aveugles les borgnes sont rois:je veux dire par là que l'éducation /enseignement républicain ne peut être une entreprise!
il cesse alors d'être républicain càd pour tous:retour au passé où apprendre ,être éduqué ,accéder au savoir ,se paie cher pour etre réservé à une élite de chasse gardée!
Heureusement il y a internet.....
Merci pour cet excellent salutaire billet!
et une fois encore on peut voir à quel point la "compétence" des experts officiels et patentés est un leurre .
Ce qui nous étonne le plus, c'est la surprise, qui semble quasi-générale dans les médias, envers la Tunisie.
Depuis notre dernier séjour en Tunisie, fin 2009 pourtant, et en suivant l'actualité du pays, notre question n'était pas "si" ça allait éclater, mais "quand", et même "quand-bientôt".
Les citoyens-voyageurs ne partagent pas tous les préjugés colonialistes des dirigeants attablés au banquet des dictateurs.
la sincérité démocratique ... il manquerait à cette analyse, si vous le permettez, l'exemple de notre France qui, en 2002 faisait appel à toutes les forces démocratiques et republicaines pour faire front contre l'extrémisme. Quel engouement !
Pour d'autres peuples, on maintient, soutient, appuie des dictatures, ces régimes totalitaires contre l'extrémisme.
Si notre démocratie est si éclairée, si mature, pourquoi n'a-t-elle pas servit par ses lumières à faire éclore le jasmin en pleine hiver?
Aujourd'hui, l'extrême de gauche et l'extrême de droite se partagent les mêmes idées. .. y'a qu'à écouter Marine ou Jean-Luc.
En attendant, on prive les peuples qui y aspirent, à une liberté réelle de penser et une liberté réelle de s'exprimer, les poussant contre leur gré à se réfugier vers un extrémisme - une fatalité caractéristiquement éthnique diront certains, un manque certain de maturité démocratique diront d'autres ...
Quant à l'argument post-colonial mis en avant, foutaise - l'exemple îvoirien nous le montre.
La révolution des peuples vers leur émancipation, est, elle, toujours sincère.
@boualem
Notre démocratie n'est que ce que l'on en fait.
Y a qu'a écouter Marine ou Jean-Luc .......
Cette stupidité disqualifie le reste de votre excellent propos.
d'un revers de main ! ... mais quel intérêt m'est-il porté ..
lapsus? erreur de style ou d'orthographe peut-être dans mon propos?
Bravo Omar !
C'est un excellent billet par la qualité du texte, la prise de responsabilité et l'expression de convictions marquées.
Revenez quand vous voulez.
Je ne suis pas d'accord avec vous sur deux points:
-Déplorer le silence de Védrine relève du masochisme absolu (c'est pour rire) .Plus notre poisson rouge de la géostratégie et de la géopolitique se tait , mieux se porte le monde.
Si vous l'avez entendu relater sa "gestion" du génocide rwandais avec Miterrand, lequel n'a pas capté grand chose non plus en politique étrangère, "c'est à vomir" comme disent souvent les commentateurs de Médiapart.
-Je ne pense pas que les "trois grandes religions du livre" puissent mener une action politique compatible avec la démocratie.
Vous démontrez brillament la spontanéité de l'avénement démocratique tunisien et la maturité politique de ce peuple qui n'a pas besoin de sang de sueur ou de larmes sur terre pour avoir droit à la félicité dans l'au delà.
Pour le moins, il peut donc , à mon sens , parfaitement se passer de l'action politique des religieux dans sa démarche.
Merci à vous.
"(...) qu’on nous ait répété pendant des décennies que nous n’étions pas mûrs pour l’indépendance, voilà que nous étions obligés d’entendre que nous n’étions pas prêts pour la démocratie." Comme vous touchez juste et si profondément en abîme dirai-je. La maturité politique des peuples arabes est effectivement inconnue en Occident et c'est entre autres pour cette raison qu'on tente de leur faire de la morale. L'islamophobie est un alibi qui net ient pas la route quand on sait (et vous l'écrivez magistralement) ce qui se passe dans ces pays aux cultures non encore laminées par la société de consommation. Je ne sais pas si le monde arabe arrivera à lutter contre cette aliénation (le rapport avec Internet va vite tout en changeant les vieilles habitudes) qui tue les communautés, l'esprit de communatué nécessaire à toutes actions politiques, voire révolutionnaires ou insurrectionnelles. Au moins la démonstration est faite de cette maturité formidable et digne d'éloge en Tunisie (ça viendra ailleurs touchons du bois), voire d'exemple pour notre 3ième millénaire. Merci pour votre remarquable billet.
Votre billet est excellentissime de vérités ! Oui le peuple tunisien fait preuve de maturité et entre dans l'histoire avec son exemple à suivre par nous tous ! Je fais circuler votre billet...
Pour moi , une révolution est par essence imprévisible , sauf lorsqu'elle fait 360 degré . Je trouve qu'on fait une fixette sur le fait que la révolution tunisienne n'a pas été prévue ; c'est bien qu'une révolution soit imprévisible , non ?
Ne cache t on pas comme cela l'intervention de Mam , qui surfait , conditionnée qu'elle était comme le chien de Pavlov , sur le concept "sécurité" à des buts essentiellement de politique intérieure ?
Pour ce qui est de la maturité , elle va se voir surtout dans la maniere de gérer les suites vers une vraie démocratie
Bonjour,
Il faut signaler un élément dissonant dans ce choeur du silence et de l'incomprehension : une fois de plus E. Todd avait des positions réalistes sur le monde musulman. S'appuyant comme a son habitude sur les la démographie et l'education, je me souviens l'avoir entendu a la radio minimiser l'impact de l'islamisme qu'il voyait comme un effet transitoire d'une prise de conscience de soi lié a la montée du niveau d'enseignement.
Article qui résume bien la pensée qui domine en France. Il est tout de même criant que les français en général sont ignorants concernant les sociétés arabes, africaines, sud-américaines, asiatiques, et ne les voient qu'à travers le prisme imposé par une caste impérialiste. Ce prisme impose une vision essentialiste comme vous le montrer si bien. Cette vision permet de justifier l'impérialisme au nom de valeurs "justes" tout en omettant le moyen "injuste" pour y parvenir, et ainsi mettant en danger des milliers de français qui ne comprennent pas pourquoi on les enlève dans les pays victimes de cet impérialisme.
Je regrette tout de même que vous n'analysiez pas cette vision au prisme de l'économie pour une personne qui se présente en tant qu'économiste.
En vous remerciant de cette fine analyse.
Bien à vous.
N'accablons pas Hubert Védrine. Il a une concurrence sévère. Voir la posture de Roland Dumas, autre "autorité morale", mieux chaussée peut-être, par rapport á Laurent Gbagbo, avec la complicité du maître-défenseur des causes impossibles, Jacques Vergès. Le cortège des trains de la liberté ratés depuis 1989 se poursuit chez nos élites dirigeantes, en contradiction absolue avec ce qu'impulse notre instinct d'hommes. Bravo pour votre brillante note, et merci à MATRONCHE et à LILIYANNE pour leurs compléments essentiels.
Bravo!
Vive le peuple tunisien,
puisse qu'il nous donne une bonne leçon de Démocatie!
Claire net sans bavure.
Merci pour ce billet très convaincant.
Mouais, je crois que je vais oser le dissensus ...
D'abord, commençons par saluer le processus en cours ( on s'entend sur le fait que rien n'est acquis et que beaucoup de choses peuvent encore arriver), et la prise en main par les tunisiens de leur propre destin.
Mentionnons par ailleurs que le silence des experts (ou leurs erreurs) sont de peu d'importance ; après tout, l'occident n'a pas vocation à donner le la de l'histoire mondiale (c'est bien de cela qu'il s'agit, non ?)
Par ailleurs, je me permettrais de joindre ma réticence à celle de Matronche un peu plus haut (avec un peu moins de véhémence) ; je pense que la preuve que l'islamisme (à supposer qu'on arrive à se mettre d'accord sur ce que c'est) est soluble dans la démocratie (et la modernisation sociale, c'est à dire une régim qui garantisse au minimum les droits des femmes), cette preuve, donc, reste encore à faire.
Que la généralisation des élections plus ou moins libres dans les pays musulmans se traduise par le remplacement d'autocrates laïcs par des autocrates islamistes est peut être inévitable ; on me permettra de ne pas m'en réjouir.
Par ailleurs, soyons clairs: les principaux obstacles à la démocratisation du monde musulman sont internes, et, en marge de cela, il ne manque malheureusement pas d'intellectuels "de gauche", y compris dans ces colonnes, pour théoriser sur le fait que la démocratie représentative est une notion européocentriste peu adaptée aux réalités africaines (oui oui cela m'a été rétorqué à peu près dans ces termes à propos de la Côte d'Ivoire).
Pour reprendre les termes d'une intervention lue plus haut: le problème n'est pas de savoir si la démocratie est pour les arabes, le problème est qu'ils arrivent à s'en convaincre
Pour conclure: bonne chance aux tunisiens, qu'ils se construisent un avenir de femmes et d'hommes démocrates ...
Cela me fait rire de lire des gens juger d'une chose dont ils n'ont aucune idée.
Que sais-tu au juste sur L'Islam; si ta vision des choses dépend du prisme déformant et schématique des médias, je ne te dis pas bravo.
L'Islam tel qu'il doit être n'a pour l'instant jamais existé dans aucun état parceque si tu avais pu lire quelques livres de cette immense bibliothèque "islamique", tu serais que la démocratie est l'essence même de l'Islam.
Je t'invite à te cultiver sur "l'autre" un minimum avant de porter des jugements péremptoires.
Roomy,
Gris parle d'Islamisme, et vous lui reprocher de ne rien comprendre à l'Islam. Ces colonnes parlent de politique, de mouvements politiques, pas de religion. Je me permet de vous le rappeler à vous qui regrettez que le "l'islam tel qu'il doit être" n'ait jamais existé au sein d'aucun état. Vous vous adressez à des démocrates laïcs. Et les démocartes laïcs n'ont nul désir de voir quelque religion que ce soit à l'intérieur d'un état. Le comprenez-vous ? Et puis, pourquoi tutoyer d'emblée quelqu'un que vous ne connaissez pas ? Ce n'est pas correct, ce n'est pas poli Roomy, vraiment.
ورازقـي مــخطف الـــخصور
كأنه مـــــخـازن الـــــــــــبلور
Ce sont deux vers de Rûmi que je vous offre en signe d'ouverture.
Guy
@ roomy
d'abord effectivement on ne se connaît pas, donc on va se "garder un petit peu de gêne", d'accord ?
Puis, l'argument sur l'Islam qui n'a pas encore existé, on l'a entendu pendant 50 ans pour le communisme, dont tous les dévoiements nous étaient présentés comme les phases successives de croissance vers la forme achevée du politique...
J'ai du mal à comprendre comment un texte qui appelle à l'assassinat de "l'autre" puisqu'on en parle (juif, croisé, homosexuel) et à l'asservissement des femmes peut être fondateur de démocratie : en ce qui me concerne, tout régime qui place un texte supposé révélé au coeur de l'organisation sociale renonce justement à cette ambition démocratique ... et placer le Coran au coeur de la société, c'est justement le projet islamiste (comme tout projet théocratique, mutatis mutandis) ; c'est pour ça qu'en France on est devenu laïcs et qu'on tient à le rester...
Donc jusque là, je ne pense pas que le péremptoire soit de mon côté: je dis simplement qu'il existe un risque, et qu'il est légitime de s'en inquiéter.
J'applaudirai à 2 mains quand l'effort des tunisisiens aura abouti à un régime stable, démocratique et respectueux des droits des femmes (entre autres)
toujours @ roomy
et pour ce qui est des incitations à l'assassinat, pas besoin du "prisme des media occidentaux", il suffit de lire le texte ...
Que savais-je de la Tunisie ? Pas grand chose, donc rien ; si ce ne sont quelques éléments d’ambiance entendus sur France-inter et qui me mettait mal à l’aise ; j’évoque ici les reportages radiophoniques de Daniel Mermet, qui faisait là son métier de journaliste en donnant la parole aux opposants de M. Ben Ali ; qu’il en soit chaleureusement remercier. J’ai plus de soixante ans, et dans ma famille quand j’étais enfant, j’entendais souvent quelques disputes tonitruantes sur la guerre d’Espagne et sur les causes de la Deuxième guerre mondiale. De ces discussions en était sorti un postulat : les représentants de la droite, par intérêt économico-financier, soutenaient toujours et clairement les hommes d’ordre, durs et froids, et les représentants de gauche évitaient toujours de s’engager et s’effaçaient par lâcheté derrière le silence diplomatique. Ce sont quelques généreux imbéciles – mes oncles, mes tantes, ma mère, quelques voisins connus – qui portaient et vivaient leurs valeurs dans une action clandestine, dans un combat millimétrique et quotidien. L’article de M. Omar Bendarra est bien calé. Mes cousins, revenus de ces guerres coloniales, étaient devenus d’ardents défenseurs de leur indépendance. Et leurs regards portés sur la population de ces pays témoignaient que celle-ci n’étaient pas composés d’abrutis au comportement infantile. Maintenant, quant à la presse française, que nous a-t-elle dit sur la Tunisie ? Certes, elle n’était pas muette mais le chien est maigre !
Merci pour ces excellentes infos. Le seul travail des dirigeants de tous bords et de tous pays est de maintenir les peuples bien attachés dans les enclos.
Font C...
Beau billet Omar Benderra, juste et précis.
Que leurs propositions théorique aillent vers une plate forme politique forte, où , les "transferts de technologie" et "savoirs-faire" proposés, ^^, soient dorénavant suspects. De tout coeur avec les Tunisiens.
Vous avez parfaitement raison. Et si vous constatez que vous avez subi les analyses de ces médiacrates, sachez, mais vous le savez, que nous citoyens de France, nous les subissons aussi, tous les jours, sur tout, et notamment en matière économique, de salaires, de droits sociaux, etc.
bonjour
bel article, merci
pour ma part, je suis un peu désolé que le processus démocratique doive transiger avec la religion. Mais il faut bien avouer que le passage direct d'un statut de colonisé à une démocratie semble difficile et n'ait été suivi de l'instauration de beaucoup de régimes dictatoriaux en Afrique.
Un passage obligé avec des régimes modérés comportant de la religion semble etre un passage obligé pour permettre la transition vers une vraie démocratie.
en France aussi, la religion a été très présente longtemps dans la vie politique, et les USA ne sont pas le meilleur exemple de non intervention de la religion dans les gouvernements.
Nous (les occidentaux) non plus ne sommes pas devenus des démocrates pur jus.
je souhaite que l'on rende ici un hommage appuyé à Daniel MERMET de france inter qui est le SEUL journaliste à penser et à DIRE autrement et qui a dénoncé il y à bien longtemps, (au moins 10 ans) les exactions du clan Ben Ali...
Chlogor,
Daniel Mermet est l'honneur du journalisme et de France Inter. J'ai toujours peur que son émission soit supprimée (elle a déjà été déplacée dans le temps, pour réduire son audience).
+1
Bonjour " hasbeen ", pourriez-vous etre plus prolixe S.V.P. car je trouve " +1 " vraiment très énervant, surtout venant d'un enseignant qui plus est !
AMHA c'est le degré Zéro du commentaire, toutefois,
je l'admet, il y a pire ; du style : " ! "
Matronche,
Il me semble que vous cherchez la petite bête. "+1" remplace avantageusement "Tout à fait d'accord avec vous". C'est fréquent sur Mediapart et je n'y trouve rien à redire ... même de la part d'un enseignant.
Tiens, v'la l'avocat du " coupable silencieux
" !
Hubert Védrine ne sera jamais invité par Daniel Mermet, ce n'est pas, sortis de sa bouche en cul de poule, des propos qui intéressent, mais qui abrutissent, d'où sa présence dans les médias asservis !
Les cons sont assez malins pour apprendre à parler comme un livre puis s'insérer servilement dans une structure monolitique plus ou moins totalitaire qui leur servira de tremplin pour une sinistre carrière "d'experts civilisés" .
Une carrière !
@ Raibor +1 .
Bravo à Omar Benderra!!Et à tous les commentaires qui éclairent nos lanternes!!Que du plaisir à vous lire!!
Il y a des lustres que ces politicards nous mènent en bateau, et tout ce que j'ai lu confirme mes opinions, que je ne sais traduire aussi bien!!!
Et maintenant, pour qui voterons-nous??Chirac j'ai déchiré et mis dans l'enveloppe, le Nain, pas question!!!Il restait S.R pour qui j'ai voté!!...Pas très instruite, mais j'y vois clair!!Fille de Républicainsss Espagnolssssssss!!!
Merci. Je savais Hubert Vedrine bien compromis dans ses pas si passives complaisances avec le génocide au Rwanda (même s’il fait procès aux désobéissants civils, il se garde bien de répondre des interpellations qui lui sont faites par Xavier Renou)... Aujour’hui, par l’énumération de faits objectifs et tangibles, vous me confirmez ce malaise intuitif qui nous avertit à quel point les choix de nos dirigeants sont de fabriquer et d’entretenir les peurs au sein des populations... au profit d’intérêts qui ne sont pas ceux de nos constitutions elles-mêmes, ni des droits de l’homme, ni des principes de justice, d’égalité et de fraternité.
Billet relu ce matin en pensant à l'Egypte.
Le réveil du Maghreb, du monde arabo musulman tourné vers l'avenir comme on osait plus l'espérer tant la connivence politique de part et d'autre de la Méditerranée rendait opaque l'aspiration des peuples.
Deux ou trois dames avaient même surenchéri en déplorant la rudesse et le manque d’éducation notoires des Algériens…
Dans votre récit de ce qui s'est passé le 21 janvier 2005, c'est le point qui m'indigne le plus. Ou comment le racisme ordinaire est conforté par la sottise de ceux qui détiennent le pouvoir de la parole prétendument experte.
Excellent billet en effet excellent!
Je doute qu'Hubert Védrine condescende à le lire, et y trouve matière à remise en cause.
Mais on se passera fort bien de son avis.