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Mar. 07 Fév

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Historien de l'éducation
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Alors que les initiateurs de la lutte contre les changements d’horaire dans le primaire tentent de relancer leur combat, il apparaît que dans le ‘’privé’’ l’application des choix ministériels se fait ‘’à géométrie variable’’ et que des réticences de fond se font jour contre la réduction des horaires.

 

 

Eric de Labarre, secrétaire général de l’enseignement catholique, juge qu’ " il ne peut pas y avoir d’école à deux vitesses, qui stigmatise les moins bons et crée finalement des ghettos à l’intérieur d’une même classe ". Il considère donc que " les deux heures de soutien doivent finalement concerner tous les élèves : on peut imaginer des formules en demi-groupe de classe, où un enseignant prend un groupe élargi en classe et demie, tandis que l’autre se concentre sur des activités de soutien avec une douzaine d’élèves ".

Cela existe déjà dans certains établissements du privé. Et, si l’on en croit le " Figaro " qui suit particulièrement ce dossier, plus de la moitié des écoles privées du diocèse de Lyon – par exemple - réfléchissent d’ores et déjà à proposer des ateliers parallèlement aux activités de soutien.

Il faut savoir par ailleurs que l’enseignement privé sous contrat ( qui regroupe environ 900000 élèves dans le premier degré ) a la liberté d’organiser le temps scolaire hebdomadaire comme il veut ( ses seules contraintes en la matière sont le respect des programmes et des horaires annualisés ). Et l’on peut constater d’ores et déjà que certains établissement privés usent de cette liberté, en cette rentrée, pour maintenir des activités scolaires le samedi matin ( en arguant, entre autres, du fait que beaucoup de parents sont plus disponibles ce jour là pour rencontrer les enseignants et / ou participer à certaines activités de l’école ).

 

 

De leur côté , les initiateurs de la pétition lancée début juin ( notamment l’historien Antoine Prost qui avait dénoncé dans " Le Monde " du 28 mai un " Munich pédagogique " et le CRAP-Cahiers pédagogiques) ont appelé à amplifier un combat nécessaire ( dans une conférence de presse tenue le 3 septembre avec la participation de deux syndicats enseignants du primaire : le SNUipp et le SGEN-CFDT ).

Cf la pétition ( http://www.cahiers-pedagogiques.com ) : " Avec la suppression de deux heures de classe dans l’enseignement primaire et la semaine de quatre jours, une catastrophe est en marche […]. Les enseignants du primaire savent qu’on les rendra responsables, demain, des échecs de l’école. On nous dit que les enfants en difficulté bénéficieront de deux heures de ‘’soutien’’ : manière de les mettre à part qui sera sans doute inefficace, surtout si on rallonge encore la journée des écoliers […]. La prise en charge de tous les élèves pendant les 26 heures, quitte à réaménager l’année scolaire, ou à travailler plutôt le mercredi matin que le samedi, est nécessaire pour que tous progressent et apprennent ". A l’issue de la conférence de presse, l’idée d’une conférence nationale sur la question des rythmes scolaires a été lancée, et les protagonistes de cette campagne ont tous réclamé un bilan rapide des nouvelles mesures.

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Excellente démonstration, cher Claude Lelièvre. La civilisation des loisirs, dont parlait Jean Fourastié, dans son ouvrage prémonitoire de 1947, intitulé 'La civilisation de 1960', arrive à son point culminant d'absurdité, puisqu'elle ne profite qu'aux classes aisées de la société. Quel est l'intérêt de banaliser le samedi matin, alors que la plupart des parents n'ont pas les moyens d'en disposer, si ce n'est pour dévaloriser l'école ? Par ailleurs, l'historien de l'éducation me corrigera si nécessaire, le ministre de l'éducation qui a initié les largesses de l'Etat à l'égard de l'école confessionnelle et le lamentable personnage qui a fait passer la révision de la constitution grâce à son regrettable vote ne seraient-ils pas une seule et même personne ?

Il serait effectivement temps de mettre à plat cette question des temps scolaires, mais cela concerne l'ensemble de l'organisation de la société et nécessite des moyens: prise en charge des enfants hors temps scolaire pour des activités sportives, réorganisation des vacances vers une diminution en été au profit d'un étalement des heures de cours comme en Allemagne, mais tout le secteur du tourisme et les parents risquent de contester cette proposition....On le voit l'école touche tous les secteurs économiques et sociaux mais à l'inverse, on refuse de voir ce lien lorsqu'il s'agit de considérer la réussite scolaire qu'on incombe uniquement au corps enseignant. La réforme actuelle va alimenter davantage le secteur privé en aggravant le mécontentement des parents, c'est évident.

En 1994, alors que le ministère de l’Education nationale est dirigé par François Bayrou, les conseils des écoles primaires ( réunissant parents et enseignants ) sont appelés à se prononcer sur plusieurs organisations de la semaine scolaire jugées possibles. Ce qui est plébiscité en fait, c’est ce qui est le plus éloigné de ce que préconisent les spécialistes des « rythmes scolaires » : la semaine de quatre jours pleins avec rattrapage sur les vacances ou, pis, l’augmentation du temps de travail journalier des écoliers. François Testu, un chronobiologiste reconnu, témoigne :« Je pense que si on avait laissé faire, on serait tous aux 4 jours. A quatre ou cinq, pas plus, en particulier au congrès de Blagnac de la FCPE, en 1994, on a mis le paquet. La base de la FCPE, comme celle de la PEEP était pour les 4 jours . On a fait un appel ‘’ musclé ‘’ qu’on a fait publier un peu partout, et je suis intervenu au congrès de la FCPE. On a été entendu. Il y a eu un revirement du côté des deux fédérations de parents. Les politiques ne savaient pas trop sur quel pied danser […]. J’ai fait une émission de télévision avec le Directeur des Ecoles, Marcel Duhamel, qui n’était pas loin de penser à l’époque que les 4 jours étaient ce qu’il y avait de mieux. Six mois après, il m’invitait à parler au ministère devant tous les responsables ; et on a mis un frein très net par rapport aux 4 jours. C’est quand même rassurant de voir des politiques faire marche arrière. On peut encore discuter ». Xavier Darcos était alors le directeur de cabinet du ministre de l’Education nationale François Bayrou. Il est maintenant le ministre de l’Education nationale de Nicolas Sarkozy. On voit le changement.

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