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Sam. 25 Mai
Portfolio | 14 photos

Terre d'ordures

Entre 1991 et 2008, le photographe Didier Ruef a parcouru le monde pour montrer la quantité de déchets que nous produisons et l'incroyable désinvolture avec laquelle nous les traitons. Aujourd'hui, la croissance démographique exponentielle couplée à la mondialisation d’un modèle économique consumériste menace chaque jour davantage l’écosystème, et il ne nous est plus possible d'enfouir nos ordures et déchets toxiques sans risquer de stériliser irrémédiablement notre terre. De ce travail photographique, un livre a été tiré : Recycle invite ses lecteurs à ouvrir les yeux et à agir pour protéger l’environnement.

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Mots-Clés

01

Inde, Alang (province de Gujarat), 1992. Sur la plage où sont échouées des carcasses de bateaux, des ouvriers tirent un immense câble pour tracter une imposante pièce métallique. Des conditions de travail déplorables et dangereuses. À l’époque, Alang était considéré comme le plus important site de démolition navale du monde.

02

Inde, Alang (province de Gujarat), 1992. Des ouvriers scient une hélice de bateau, sous l'œil d’un contremaître.

03

Philippines, Manille (quartier de Tondo), 1992. La vie sur un tas d’ordures. Les camions attendent de pouvoir déverser leur chargement et les déchets qui brûlent, produisant ce brouillard. Dans le fleuve, des gens lavent des déchets plastique pour pouvoir les vendre comme des produits recyclés, et donc à un meilleur prix.

04

Suisse, Genève, 1991. Le ramassage des poubelles.

05

Brésil, Sao Paulo, 1994. Pernambuco, 42 ans, vit dans la rue. C’est un catadore : il collecte papiers et cartons, qu’il revend ensuite, pour quelques pièces, afin qu’ils soient recyclés.

06

Chine, province de Guangdong, 2004. Le village de Nanyang fait partie de l’agglomération de Guiyu. Des ouvriers démantèlent à la main de vieux matériels informatiques, qui seront laissés en tas par terre. Les différents éléments (pièces métalliques, câbles électriques, circuits intégrés, puces, etc.) seront ensuite recyclés. Exposés à des produits extrêmement toxiques, les ouvriers travaillent sans aucune protection

07

Angola, Menongue, 2000. Une vieille femme pile du maïs dans la cour de sa maison, devant la carcasse d’un tank T72. Vingt-cinq ans de guerre civile entre le gouvernement et les rebelles de l’Unita ont laissé le territoire couvert de déchets militaires, dont une quantité impressionnante de munitions non explosées, telles les mines anti-personnel.

08

États-Unis, Utah, Deseret (comté de Tooele), 1998. Le Tooele chemical agent disposal facility (TOCDF) est une zone de stockage et de destruction par incinération d’armes chimiques (gaz sarin, gaz VX – plus létal que le sarin –, gaz moutarde, etc.), située à une centaine de kilomètres de Salt Lake City. L’armée américaine dispose de huit sites semblables, répartis sur le territoire national. Un employé teste l’efficacité d’un masque à gaz.

09

Kazakhstan, port d’Aralsk, 2008. Maison en ruines au bord de la mer asséchée d’Aral. Dehors, on aperçoit la carcasse d’un bateau de pêche russe, échoué sur le lit de la mer. L’assèchement rapide de la mer d’Aral s’est fait en raison, notamment, des ravages de l'agriculture intensive à l’époque soviétique. Aujourd’hui, à l'aide de digues et de barrage, les autorités locales tentent de faire revivre la partie nord de la mer.

10

Azerbaïdjan, région de Bakou, Balakhani, 2007. Un berger fait paître ses moutons devant les champs de pétrole de la Socar, la compagnie pétrolière nationale. Dans le ciel patrouillent des hélicoptères de l’armée azerbaïdjanaise. Partout, des fuites de pétrole. Toutes les nappes phréatiques sont polluées, le désastre écologique est total.

11

Pologne, Bedzin (Silésie), 1991. Une femme soigne son potager devant une centrale électrique au charbon. La région est victime d’une pollution majeure aux métaux lourds. Bedzin se trouve à 20 km de Katowice.

12

Pologne, Bedzin (Silésie), 1991. Un sanatorium réservé aux enfants de 7 à 15 ans. Des jeunes filles inhalent de la vapeur d’eau enrichie d’huile essentielle d’eucalyptus. Les problèmes respiratoires sont extrêmement fréquents, en raison de la pollution de l’air aux métaux lourds.

13

Ukraine, Tchernobyl, 2006. Le 26 avril 1986, l’explosion du réacteur n°4 de la centrale nucléaire irradie une grande partie de l’Europe de l’Ouest. Le réacteur est aujourd’hui encastré dans un sarcophage de béton aux murs épais de six mètres d’épaisseur. La zone est toujours très hautement contaminée.

14

Kazakhstan, Semipalatinsk, 2008. Recueilli dans un orphelinat, Timur Smailov, 2 ans et demi, est handicapé mental et est né sans appendice nasal. Timur a vu le jour près du Polygone de Semipalatinsk, aujourd’hui dénommé Centre nucléaire national du Kazakhstan. À ses côtés, un autre orphelin souffre aussi de déficience mentale. Ces enfants font partie de la troisième, voire de la quatrième génération de victimes des 456 essais nucléaires soviétiques effectués à cet endroit entre 1949 et 1989. La région connaît un très fort taux de mortalité infantile, de difformités, de cancers et retards mentaux, explicable en grande partie par les retombées radioactives qui ont contaminé la région pendant des décennies – et qui entraînent des mutations génétiques.

Recycle, photos de Didier Ruef,
préface de Matthieu Ricard.
Éditions Labor et Fides,
320 pages. 45,70 euros.

Tous les commentaires

Superbes photos qui valent mieux qu'un long discours.

Misères sur terre.

Les photos remarquables

par leur message tragique:

"le monde est sale"

Nous sommes las...

Magnifiques et terribles photos...

S'y superposent des photos mentales de la consommation à outrance, de l'aveuglement dont fait preuve cette minorité dite favorisée.

Saurons-nous un  jour mettre notre intelligence et notre créativité au service de la vie, enfin ?

Honnêtement, je n'y crois pas, même s'il y a toujours au fond de moi  un espoir, minuscule mais têtu. Peut-être simplement l'impossibilité pour moi d'intégrer qu'un tel gâchis soit possible.

En voyant ces photos, m'est revenue en mémoire une histoire que Luis Sepùlveda raconte dans "Les roses d'Atacama", celle de "Mister Simpah", qui raconte son travail dans le cimetière des bateaux et son amour pour ces "animaux nobles".

 

 

"Saurons-nous un  jour mettre notre intelligence et notre créativité au service de la vie, enfin ?"

C'est ça la bonne question.

Il y a des réponses, bien sûr, mais elles sont tellement "marginales" et dispersées que ça en devient désespérant.

Ces photos sont terribles et riches à la fois par leur message et leur témoignage.

Juste pour sourire : photo n°8. L'homme qui teste un masque à gaz... Et si celui-ci ne fonctionne pas ??? 

la cruelle vérité sous les masques de l'indifférence quotidienne.

Quel magnifique album et quelle épouvantable réalité.

C'est incroyable hein, cette aptitude que nous avons à ne pas vouloir voir....?

Merci de nous mettre le nez dedans, c'est urgent.

Merci pour ce reportage.

Voilà en pleine poire la face cachée de la mondialisation, ce business décidé dans les plus hautes instances de la planète. Alors dire "nous" comme si c'était de notre fait, c'est endosser la responsabilité de fous qui eux n'ont aucun état d'âme.

Ai-je orchestré cette destruction, revers de ce qui se trame à l'autre bout du processus, le toujours plus et après nous le déluge Criant ? Non, non et non !

Ce sont pourtant des photos bouleversantes, on tenterait un geste si on passait par là. Je trouve qu'il manque des témoignages réels de ces gens photographiés (ce sont les enfants qui bouleversent le plus, ils n'ont pas demandé à naître dans ce bourbier !). Sans doute les adultes ne savent-ils que s'adapter au pire en priant le ciel de vivre encore un peu ?

 

Génial photographe.

"La terre est devenue une immense serpillière que l'on piétine dans tous les sens, une femme que l'on viole indéfiniment....."

C'est terrible et tellement juste.

Quelle tristesse!

Curieusement, il y a de l´espoir dans ces photos: la polonaise qui cultive son jardin au pied d'une centrale, le berger qui fait paitre ses brebis dans les champs petroliferes, le catadore bresilien qui dort dans les detritus, l'africaine qui pile du mais devant l ´epave d'un tank, etc... nous disent qu'ils sont la et que la vie continue... 

Regarder la misère est bon pour en être informé, mais après que se passe-t-il ? On fait attention en votant, mais je ne suis pas certain que ça fait avancer les décisions qu'il faudrait. En effet la misère avance à grande vitesse et les mesures arrivent trop souvent après son passage. On milite, on donne, on manifeste, et puis là aussi les effets sont gouttes d'eau dans la mer.

L'homme est un animal qui a dévié et qui est condamné à dériver. Où, quand, interviendra sa perte, sa fin ?

Que ces larmes de tristesse que nous procurent ces images deviennent des larmes de rage et de colère. Qu'elles nous donnent la force de nous engager. Dans les associations , les syndicats ou toutes autres organisations pour la défense de l'humain et de son écosystème, dans le Front de Gauche.

Les possédants nous disent que nous ne devons pas laisser la facture aux générations futures. Mais qui doit la payer ? En tout cas pas les travailleurs mais ces oligarques qui permettent par leurs lois de détruire notre planète par leur goût insatiable de l'accaparation des richesses au détriment de l'être humain et de son environnement. Ces photographies nous font deviner que l'étaut se ressère de plus en plus et les pays dit développés ne seront pas épargnés. Vite l'implication citoyenne !

Ramasage "propet" de poubelles en Suisse et images de pays lointains.

Nos pays "développés" n'ont ils pas appris à cacher leurs dangereuses souillures. Je crois que c'est même une activité lucrative! 

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