Churchill, or not Churchill

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1 commentaire remarqué par l’auteur·e

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Ce texte d'Antoine Perraud sur Churchill est effectivement remarquable. Je regrette simplement qu'Antoine Perraud n'ait pas rappelé également l'appui criminel de Churchill aux bombardements systématiques sur les populations civiles allemandes. Certes, il voulait se venger des raids nazis sur les villes anglaises, mais il n'en demeure pas moins qu!à cause de Dresde et autres exploits ignobles, Churchill est à considérer parmi les criminels de guerre les plus avérés de l'Histoire.

Bon, restera son discours de 1940. OK ! Mais n'avoir que ce genre de "héros" face aux nazis, c'est quand même franchement désolant. 

 

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  • 03/01/2018 19:19
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"La dualité de Churchill saute aux yeux : durant la même année 1911, il fait charger la troupe contre les cheminots en grève, tout en légiférant en faveur d’une assurance-chômage enfin créée. "


Clémenceau faisait exactement la même chose aux alentours de 1908-1909, il cherche à briser la CGT, envoie la troupe face aux cheminots et affiche des prétentions sociales.
Dualité n'est pas contradiction, tout cela va de paire. La Belle Epoque comprend qu'à l'ère des "masses" (on dit plutôt les foules à l'époque), il faut que le libéralisme économique qui est discrédité largement en Grande Bretagne comme en France en rabatte. Vouloir des réformes c'est bien faire oeuvre anti-révolutionnaire. L'ordre social est à ce prix.

Et pourquoi pas !!!

 Il y a une erreur avec tout ce code HTML affiché dans l'article qui le rend assez illisible.

Article instructif. Merci !

Instructif ? Je n'ai rien appris que je ne savais déjà mais j'avoue que l'article est bien tourné et sa conclusion m'agrée.

Churchill illustre bien ce que disait de Gaulle sur la nécessité de partir des réalités pour affronter les réalités (voir le fil sur la Castafiore).

 

Il fait aussi penser à un mot de Lincoln.

Conseillers : Ulysses Grant boit comme un trou.

Lincoln : Renseignez-vous sur la marque de son whisky, que j'en fasse envoyer un tonneau à chacun des autres généraux.

 

 

Et aussi à Mandeville : les vices privés ne sont pas incompatibles avec le Bien public.

il a eu aussi un rôle particulièrement sanglant dans la répression de la révolution irlandaise.

Sanglant des deux côtés n'est-ce pas? Cela n'a pas empêché Michael Collins de nouer une relation forte avec Churchill, relation fondée sur un respect et une admiration réciproques. 

Autre fait passé sous silence dans l'article et qui ne donne guère envie de faire dans l'admiration, fut-elle critique, l'utilisation systématique de la force, avec les massacres qui l'accompagnent, lors des soulèvements des peuples colonisés du Commonwealth. Quant au fait qu'il n'ait pas soutenu Mihailovic, le fondateur des tchetniks, milice fasciste serbe dont se réclamait entre autres Mladic, on peut s'étonner de ce que M Perraud le regrette...

Finalement Churchill est, à la manière d'un Chirac avec son refus de la guerre d'Irak, celui qui n'a eu raison qu'une fois dans sa vie.

Peut-être, mais quelle fois! 

Finalement Churchill est, à la manière d'un Chirac avec son refus de la guerre d'Irak, celui qui n'a eu raison qu'une fois dans sa vie.

 

Encore un individu qui sous-estime Hitler !

Le vaincre a exigé une kyrielle de bonnes décisions, échelonnées de mai 1940 au 30 avril 1945, et même un peu au-delà. Avez-vous une idée du poids relatif de Winston dans leur adoption ? Dites un pourcentage, pour voir...

Vous finirez anthropologue, Antoine.

....er entomologiste.
....et entomologiste.
....et entomologiste.

On attend Perraud au prochain biopic sur Tony Blair .... Un Carpet bomb avec un clavier.

Un sale type et un type sale

C'est vrai qu'il s'est beaucoup trompé, qu'il était tout ce qu'on voulait dans le pire des sens, mais c'était quand même face au petit moustachu, un sacré castard!

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  • 03/01/2018 22:57
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Quelle fascination de l'auteur de cet article... Plus qu'une admiration critique.

Les grands hommes existent, Churchill en est immanquablement un.
Ce qui définit les grands hommes est sans doute leur capacité à incarner à un moment précis queqlue chose de transcendant. A l'ère des masses pour parler comme Eric Hobsbawn, le mérite de Churchill fut de comprendre, peut être de "sentir" même, le peuple anglais et de faire corps avec lui...reste toutefois que l'histoire de la grande bretagne durant la 2e guerre mondiale, a également atteint le niveau du mythe. Et le rôle de l'historien est aussi de déconstruire les mythes. Non par nihilisme mais pour assurer la faisabilité de l'histoire et ne pas la figer dans le marbre. Les historiens ne sont pas des antiquaires.
Cela n'enlève rien à tout ce que fut ce personnage : un réactionnaire, conservateur, représentant de la bourgeoisie consciente de ses intérêts.
Il est nécessaire de déconstruire Churchill pour le reposer à sa place.
Il faut tout prendre pour étudier un personnage. Et essayer également de dépasser la seule personne.
Je ne suis pas sûr que votre propos sur Attlee qui représenterait "toute la gauche" ne soit pas un raccourci un peu facile par exemple.

Vous ne pourrez pas empêcher certains de rappeler ce qu'il fut, un homme de pouvoir cynique et brutal, de la même façon que l'on n'enlèvera pas sa part du mythe.

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  • 04/01/2018 01:06
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Dans un article intitulé « Zionism versus Bolshevism : A Struggle for the Soul of the Jewish People » publié par le Sunday Herald du 8 février 1920, Winston Churchill distinguait ses « Good and Bad Jews »... Attention, ça ne sent pas la rose !

Intro : « Il y a des gens qui aiment les Juifs et d'autres pas ; mais aucun homme réfléchi ne peut douter du fait qu'ils sont, sans l'ombre d'un doute, la plus formidable et la plus remarquable race qui soit jamais apparue dans le monde. »

Suivent quelques considérations générales sur la nature humaine, et sur cette dualité (« good and evil ») qui n'atteindrait « nulle part une intensité plus forte que dans la race juive »...  Racialiseur, le grand homme ? Il semblerait que oui.

D'un côté, explique-t-il, « Nous devons aux Juifs de la révélation chrétienne un système de valeurs éthiques » qui serait « de loin le bien le plus précieux de l'humanité », mais de l'autre, « Il se pourrait bien que cette même race stupéfiante produise aujourd'hui un autre système de morale et de philosophie, aussi maléfique que le christianisme fut bénéfique, et qui, s'il n'était pas stoppé, briserait à jamais tout ce que le christianisme a rendu possible. Il semblerait presque que l'évangile du Christ et celui de l'Antéchrist seraient destinés à naître du même peuple, et que cette race mystique et mystérieuse serait choisie pour les manifestations suprêmes, à la fois les oeuvres divines et les oeuvres diaboliques. »

Diable ! Le grand homme était-il antisémite ? Il tempère : « Les Juifs nationaux russes, en dépit des handicaps dont ils ont souffert, ont réussi à jouer un rôle honorable et important dans la vie nationale, même en Russie. En tant que banquiers et industriels ils ont énergiquement stimulé le développement des ressources économiques de la Russie, et ils furent à l'avant-garde pour la création de ces organisations remarquables, les Sociétés Coopératives russes. Dans la politique, ils ont donné leur appui, pour la plupart, aux mouvements libéraux et progressistes, et ils ont été parmi les plus fermes soutiens de l'amitié avec la France et la Grande-Bretagne»

Donc, « banquiers et industriels » d'un côté, air toujours en vogue dans la fachosphère (voir ici), mais pas que... Et de l'autre : « En violente opposition à toute cette sphère de l'effort juif, se dressent les complots des Juifs internationaux. Les adhérents de cette sinistre confédération sont pour la plupart des hommes qui ont été élevés parmi les malheureuses populations des pays où les Juifs sont persécutés à cause de leur race. La plupart, sinon tous, ont abandonné la foi de leurs ancêtres, et rejeté hors de leurs esprits tous les espoirs spirituels de l'Autre Monde. Ce mouvement parmi les Juifs n'est pas nouveau. Depuis les jours de Spartacus-Weishaupt à ceux de Karl Marx, en passant par Trotsky (Russie), Bela Kùn (Hongrie), Rosa Luxembourg (Allemagne) et Emma Goldman (Etats-Unis), cette conspiration à l'échelle mondiale pour le renversement de la civilisation et pour la reconstitution de la société sur la base de l'arrêt du développement, de la malveillance envieuse, et de l'impossible égalité, a été en croissance constante. Elle a joué, comme l'a si habilement montré un écrivain moderne, Mme Webster, un rôle clairement reconnaissable dans la tragédie de la Révolution Française. Elle a été la source principale de chaque mouvement subversif pendant le 19ème siècle ; et maintenant pour finir, cette bande de personnages extraordinaires venus des bas-fonds des grandes villes d'Europe et d'Amérique ont attrapé le peuple russe par les cheveux et sont devenus les maîtres pratiquement incontestés de cet énorme empire. »

Notons l'hommage appuyé à Mrs Webster... Nesta Helen Webster : "essayiste", éditorialiste du torchon antisémite "The Patriot", co-auteure d'une série d'articles publiés dans le London Morning Post sous le titre « The Jewish Peril », et activiste de British Fascists, The Anti-Socialist Union, The Link et The British Union of Fascists.

Ainsi Winston Churchill était-il un théoricien du "complot judéo-bolchevique", premier au hit parade de la bourgeoisie européenne de l'époque, et avatar à peine édulcoré de l'antisémitisme d'avant guerre. Il exprimait ses convictions en des termes qui lui vaudraient aujourd'hui les foudres du CRIF (du moins espérons-le), et il n'hésitait pas à copiner intellectuellement avec la crème du fascisme racialiste anglais... Bref, si sa guerre victorieuse contre la bête immonde ne l'avait fait icône, il ne serait pas interdit de le qualifier de White Supremacist.

Conclusion de l'article : aux « International Jews » les mitrailleuses et canons de Dénikine, et aux « National Jews » un Homeland, non pas en cette Europe bourgeoise et antisémite qui a toujours refusé droit de cité à ce peuple européen "sans terre", mais en ailleurs : « Zionism offers the third sphere to the political conceptions of the Jewish race. In violent contrast to international communism, it presents to the Jew a national idea of a commanding character. It has fallen to the British Government, as the result of the conquest of Palestine, to have the opportunity and the responsibility of securing for the Jewish race all over the world a home and a centre of national life. The statesmanship and historic sense of Mr. Balfour were prompt to seize this opportunity. Declarations have been made which have irrevocably decided the policy of Great Britain. The fiery energies of Dr. Weissmann, the leader, for practical purposes, of the Zionist project, backed by many of the most prominent British Jews, and supported by the full authority of Lord Allenby, are all directed to achieving the success of this inspiring movement. » (flemme de traduire, désolé)

L'article complet est ici (USArchive), et retranscrit sur différents sites : fr.scribd.com (payant), en.wikisource (gratuit), etc.

Pour mériter les foudres du CRIF, parfois il ne faut pas grand chose, et d'ailleurs une simple petite critique à l'encontre du CRIF suffit pour se  faire classer antisémite : la "gauche olfactive" a beaucoup aidé à cette facilité. Certains écrits anonymisés de Annah Arendt suffisaient ainsi à faire classer aujourd'hui leur auteure comme antisémite elle-aussi, ce qui serait, il me semble, pousser un peu loin le bouchon. Une plaisanterie juive ( mais peut-on parler de "witz" juif sans racialiser ? Je ne sais pas, je ne sais plus ), dit que les juifs préfèrent généralement les antisémites aux philosémites, parce que les seconds sont des menteurs.

Dois-je déduire de votre commentaire que cet article de Churchill doit être tenu pour "pas grand chose" ?

J'ai beau apprécier très modérément le Divin Antoine, je ne lui ferai pas l'injure, par simple souci d'objectivité, de lui faire dire ce que vous lui faites dire, ou du moins que aimeriez qu'il écrivit. Transformer comme vous le faites, Churchill en quasi comparse de Göbbels ou de Hitler parce qu'il a parlé sans fard du pouvoir de certains juifs tant dans la révolution que dans la capitalisme, voilà que je trouve  assez benet, car vous rajoutez à ce que dit Churchill l'idée de "complot". Entre les constats de Churchill, qu'aucun historien sérieux peu ou prou ne peut nier, et l'idée de "complot judéo-bolchévique", il y a un sacré écart, il me semble, puisque justement Churchill différencie bien les "international jews" fort connus et surreprésentés chez les révolutionnaires européens et les "national jews", alors que chez les antisémites patentés, et notamment les nazis, on en faisait une ratatouille, transformant "le juif" en une sorte une sorte de Janus-bifrons, ou mieux comme une hydre tentaculaire.  Vouloir tout juger à la manière de la gauche olfactive d'aujourd'hui, c'est tout simplement dément, ou bien à tout le moins très suspect, si l'on veut bien analyser un  tout petit peu les discours.

Ne vous déplaise, mon commentaire ne fait que transcrire de Churchill ce qu'il a écrit : les faits, tous les faits, rien que les faits, plus contextualisation via rappel des parfums de l'époque.

Donc, à chacun d'en juger en son âme et conscience, ne vous déplaise...

Et pour ce qui me concerne, qu'il me soit permis de retourner à l'envoyeur ses suspicions malodorantes, fragrances de procès stalinien.

not Churchill, définitivement

Il s'en fout bien ! money-mouth

Sympa mais tout ça ne nous dit pas si le film en vaut la peine ou non...

Un  article de Perraud ne se consomme pas, il se déguste ! wink

FINALEMENT , RIEN , JE VAIS ME COUCHER,,!

@ evildead  

Au moment où vous postiez votre commentaire hanté par une question pour vous angoissante et restée sans réponse, hier 4 janvier, l'historien François Delpla postait, pour sa part, son analyse historique du film. La voici (plus intéressante qu'une critique de cinéma lambda) :

http://www.delpla.org/site/articles/articles-11-127+darkest-hour-churchill-en-mai-1940.php

Le vrai churchillien de Médiapart, finalement, n'est-il pas Antoine Perraud ? 

Très bon article qui décrit bien la fascination que l’on peut éprouver pour Churchill - qui lui-même admirait énormément Clemenceau. En 1940, il a pu faire jouer à plein les ressorts de sa personnalité : une incroyable résilience, une grande aisance à l’écrit (ses livres d’histoire ou l’autobiographie de sa jeunesse se lisent encore très bien) comme à l’oral mais aussi sa passion pour la guerre, qu’il a faite dans sa jeunesse. Cela n’enlève rien à son incroyable collection de défauts : même pour son époque c’était un fieffé réactionnaire. Nos équivalents - De Gaulle, Clemenceau - en avaient beaucoup moins à cet égard.

Oui, Churchill était bien tout de que vous dites, mais sa grandeur est d'avoir incarné une vertu des britanniques que l'on peut admirer : même dans la pire adversité, ils ne s'avouent jamais vaincus et c'est, entre autres, ce qui leur a fait gagner la bataille de Waterloo, alors que, ce 18 juin 1815 à cinq heures du soir, "il [Napoléon] avait l'offensive et presque la victoire".

Il n'est d'ailleurs pas le seul à incarner cette qualité : il y a aussi Robert Scott, même si l'issue lui a été fatale, Ernest Shakelton, qui, une fois son bateau pris dans les glaces, est allé chercher du secours et a réussi à sauver tout son équipage, Douglas Bader, l'aviateur sans jambes qui a, malgré son handicap, été un des as de la deuxième guerre mondiale.

Cette pugnacité britannique s'est exercée à notre bénéfice car, si Hitler avait réussi à envahir la Grande Bretagne, nous étions partis pour cent ans d'occupation soit nazie, soit soviétique. C'est,à mon avis, la raison de l'adulation que le monde entier porte à Winston Churchill, malgré des défauts qui, effectivement, le rendaient peu sympathique.

Epinal à la rescousse ! 

Churchill est le "Grand Homme" hégelien, qui "tient" en effet par la puissance rhétorique, le génie de son verbe. Churchill est un admirable et prolifique écrivain, en même temps qu'un "acteur-rhéteur", issue d'une Caste qui cultivait ces "Valeurs" "dramaturgiques". Il écrit et incarne l'imaginaire d'épopée de la "Longue Guerre Civile Européenne" (LGCE-ou le "court 20ème siècle"), parfaitement hantée par la tragi-comédie shakespearienne. Tout cela est parfaitement mis en relief dans cet article.  Mais Churchill est aussi l'un des inventeurs promoteurs "romantique" de la guerre subversive, du micro-terrorisme de partisans, touche-à-tout du politico-militaire subversif, "grand-pote" de Beria & co, fasciné par les "exploits orientaux", Inventeur de la "paranoïa anti-soviétique" (contre-tout-contre), l'envers du décor et la machinerie du "Grand spectacle impérialiste", théâtralisé dans la dramaturgie de la communication publique: les opérations "boucherie inutile" à répétition et "a gogo", la co-complémentarité de tous les appareils militaires antagoniques, où seule, la "subsomption du spectacle", de la magie par le Verbe, permet artificiellement de "distinguer" le juste de l'injuste, le vrai du faux, le beau le laid. La "démonologie du nazisme", fût l'ambigu "don de dieu", qui permît à un Churchill de "surnager" moralement, au moins dans l'apparence - dont l'image en miroir rassura le "peuple" (The People, en anglais démocratique churchillien). Il y a beaucoup de la figure de Churchill "anarchiste Tory", dans la soi certitude fondatrice d'une "Common decency", aussi bien chez Orwell, que chez ses contemporains thuriféraires. Face au pire, ou au pire du pire, les "hommes (c'est à noter: l'univers churchillien est clairement machiste refoulement des femmes - même et si surtout, un Churchill ne tient sa carrière que des Femmes ! (les seules dans lesquelles il avait réellement confiance dans les "secret services") de "bonne volonté" parviendront à s'unir et à repousser le Mal (quasi biblique- même si tout le scenario - matérialiste-pessimiste-vitaliste, le fatum de la tragédie, est basé sur l'abandon des hommes de et par tout dieu). Churchill ne parle que de guerre. D'histoires de petit soldat, habilement manipulés sur de vastes échiquiers. C'est aussi réitératif que les motifs sur les urnes funéraires des guerriers assyro-babyloniens que l'on peut découvrir dans les vieilles galeries du British Museum. La guerre et la politique comme série de "coups tordus", d'actions indirectes à 3,4,5 échelons, la Fiction de la "maitrise d'un Jeu". La sacralité esthétique de la personnalité, la singularité Churchill, tient en ce que sa destinée singulière et ses "prétentions démesurées" (maintenir le prestige et la puissance de l'empire), semble "croiser" une réelle "Destinée mondiale", en être l'un des points centraux d'intersection, en le sens humain borné limité d'un seul "individu sujet souverain", et le sens chaotique global d'un réel de l'histoire, ou du mois un sens relativement assignable. Churchill fait partie de ces "personnages conceptuels" de toute "sociologie historique" ou "sociologie politique" ou "praxéologie pragmatique". Il redonne un peu vie et chair à toute "théorie de la sainteté", de la "fausse sainteté"... de la sévère morale de l'"anti-morale"..au coeur des préoccupations de ce "machiavélisme d'entreprise" qui semble ronger, comme "arthroser" toute "entreprise et vivre-ensemble humain" (le Discrédit, la Mécréance généralisée). Churchill post-mortem, c'est la "logique du moindre mal anti-totalitaire", actualisée ad nauseam (après les nazis, le communisme, après le communisme, l'Islamisme..), qui autorise l'injustifiable pour le refoulement du "plus encore injustifiable". C'est une posture qui pose la nécessité d'un Affrontement central, comme "essence du politique", et tend à incarner, à se mouvoir, "dans le tragique de l'histoire" et dans toute historicité comme seule tragédie. La "détente comique", n'étant toujours que l'entracte de "coalescence" de nature tragique, agonistiquement orienté, dans un conflit aporétique de la volonté individuelle et du destin du monde. Le comique, chez Churchill, est en même temps partout présent dans son "Oeuvre"- c'est d'abord, une arme rhétorique, "ridiculiser" son adversaire, par le moyen du "démenti" cinglant, par les faits. Sa contre-propagande se sert des énormités de la propagande adverse, y trouve toujours le point faible, d'"angle d'attaque". L'auto-dérision, "je ne suis que votre pitre et votre batteleur", savamment distillée, emporte un mécanisme d'identification et de "familiarisation" dans les "grandes vues tragiques" du personnage. L'essence du politique est le fait des "temps de dictature" (dans la churchill weltanschauung), ou de "temps de dictature" (dans la réception churchillienne, ex post); de "triomphe de la volonté", "volonté de volonté". J'ajouterai que ce "Globe-trotter" de l'Impérialisme, son correspondant de guerre autostylisé, qui "sévît" sur les cinq continents, adossé parfois-souvent aux "pires Brutalités" en cours, est comme le prototype de ce que demeure l'impérialisme en son spectacle-action, en son "actionnalité" spectaculaire. Dès qu'il y avait rumeur de troisième guerre mondiale, on ressortait la vieille momie liquéfiée de son vivant, on s'abritait derrière ses oracles. (adaptabilité à toute sorte de "mauvais temps-weather"). Ses Mânes furent explicitement invoquées et évoquées dans la pratique de discours des Thatchériens avec Miss Thatcher. (thatcherisme = nouveau churchillisme "en temps de paix et d'expansion") : l'activisme conservateur néo-libéral, son hyperactivisme, sa "polarisation de tous les champs" (bloquant l'autonomie des champs dans leur principe d'indéterminabilité, et toute autopoeisis subséquente), son être-donnant-la-mort, ou être-comme-celui-qui-donne-la-mort.

C'est pas faux !

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  • 04/01/2018 11:51
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Il faut comprendre ce qu'a représenté Churchill pour les (certains) Français pendant la guerre. Sa parole, son humour quand il citait:"Hitler et son petit camarade..." encourageaient l'espoir d'un avenir meilleur. Ce sont des souvenirs que je garde de mon enfance.

Ensuite, ses "vices", ses contradictions, ses méfaits même nous n'en avions pas conscience. Nous, enfants, ne pensions guère qu'à la faim qui nous tenaillait, au bruit des bombes, à la peur  et à la mort. Les adultes (certains) pensaient à préparer des armes, cacher des hommes dans l'attente...

Alors, bien sûr, il y avait De Gaulle et Churchill...

Médiapart: "Retour sur le plus puissant mythe politique démocratique du XXe siècle. Et qui perdure…"

Reconnaître l'incontestable dimension de Churchill en tant que l'un de principaux protagonistes dans la guerre contre l'Allemagne nazie ne devrait aucunement permettre de qualifier l'homme d'état de "démocrate". Nous avons besoin d'un regard critique sur les véritables valeurs de ce "défenseur  de l'Occident".

Quelques rappels de ces prises de position qui comportent l'appel à la génocide et la dénonciation du "judéo-bolchévisme":

"I will not pretend that, if I had to choose between communism and nazism, I would choose communism."
Speaking in the House of Commons, autumn 1937

"I do not understand the squeamishness about the use of gas. I am strongly in favour of using poisonous gas against uncivilised tribes."
Writing as president of the Air Council, 1919

"It is alarming and nauseating to see Mr Gandhi, a seditious Middle Temple lawyer, now posing as a fakir of a type well known in the east, striding half naked up the steps of the viceregal palace, while he is still organising and conducting a campaign of civil disobedience, to parlay on equal terms with the representative of the Emperor-King."
Commenting on Gandhi's meeting with the Viceroy of India, 1931

"I do not admit... that a great wrong has been done to the Red Indians of America, or the black people of Australia... by the fact that a stronger race, a higher grade race... has come in and taken its place."
Churchill to Palestine Royal Commission, 1937

"(We must rally against) a poisoned Russia, an infected Russia of armed hordes not only smiting with bayonet and cannon, but accompanied and preceded by swarms of typhus-bearing vermin."
Quoted in the Boston Review, April/May 2001

"The choice was clearly open: crush them with vain and unstinted force, or try to give them what they want. These were the only alternatives and most people were unprepared for either. Here indeed was the Irish spectre - horrid and inexorcisable."
Writing in The World Crisis and the Aftermath, 1923-31

"The unnatural and increasingly rapid growth of the feeble-minded and insane classes, coupled as it is with a steady restriction among all the thrifty, energetic and superior stocks, constitutes a national and race danger which it is impossible to exaggerate... I feel that the source from which the stream of madness is fed should be cut off and sealed up before another year has passed."
Churchill to Asquith, 1910

"One may dislike Hitler's system and yet admire his patriotic achievement. If our country were defeated, I hope we should find a champion as admirable to restore our courage and lead us back to our place among the nations."
From his Great Contemporaries, 1937

"This movement among the Jews is not new. From the days of Spartacus-Weishaupt to those of Karl Marx, and down to Trotsky (Russia), Bela Kun (Hungary), Rosa Luxembourg (Germany), and Emma Goldman (United States)... this worldwide conspiracy for the overthrow of civilisation and for the reconstitution of society on the basis of arrested development, of envious malevolence, and impossible equality, has been steadily growing. It has been the mainspring of every subversive movement during the 19th century; and now at last this band of extraordinary personalities from the underworld of the great cities of Europe and America have gripped the Russian people by the hair of their heads and have become practically the undisputed masters of that enormous empire."
Writing on 'Zionism versus Bolshevism' in the Illustrated Sunday Herald, February 1920

 

 

 

"Reconnaître l'incontestable dimension de Churchill en tant que l'un de principaux protagonistes dans la guerre contre l'Allemagne nazie ne devrait aucunement permettre de qualifier l'homme d'état de "démocrate". Nous avons besoin d'un regard critique sur les véritables valeurs de ce "défenseur  de l'Occident"."

Tout à fait d'accord avec votre commentaire ! Mais au-delà des valeurs portées par Winston Churchill, c'est la politique coloniale de l'Empire britannique qu'il faut analyser. 

Ainsi doit-on s'interroger sur les responsabilités de l'Etat anglais alors dirigé par Churchill dans la grande famine du Bengale de  1943. Au cours de cet épisode tragique,  entre 3 et 5 millions de personnes sont mortes de faim.

Dans le film, "Les ombres du Bengale" réalisé par Joy Banerjee et Partho Bhattacharta, les derniers témoins bengalis racontent et des historiens questionnent la politique de la terre brûlée mise en place par les anglais dans ce sous continent indien.

 Pour plus d'informations, le lien vers la page facebook du film : 

https://www.facebook.com/BengalShadows/?hc_ref=ARTv8RMlp9N3GjegfaTy90R0kvC_S89u8YHubciwq4X9qJWgDBYj_BwsRlyl7ucm1a0

Qu'il s'agisse de De Gaulle ou de Churchill, enfant déjà je me disais quand j'entendais les grandes personnes se pâmer, qu'il est bien facile de faire d'éloquents discours de va t en guerre quand on n'est pas soi même sur le champ de bataille...

Sauf qu’il l’avait faite la guerre (De Gaulle deux fois blessés en 1914 et 1916, Churchill en Inde et en Afrique - sa participation à la guerre de 1914 relève de l’anecdote).

Churchill et De Gaulle ont été sur le champs de bataille et à plusieurs reprises.

De Gaulle fut blessé plusieurs fois lors de la Grande Guerre... et commanda la 4ème division cuirassée lors de la Bataille de France au début de la seconde guerre mondiale. Il dirigera également la tentative de reprise de Dakar.

Churchill a affronté le danger comme soldat à Cuba (fin X1X ème siècle), en Inde, en Afrique du Sud -guerre des Boers). Lors de la première guerre mondiale, après avoir démissionné de son poste de premier lord de l'Amirauté, il rejoint pendant six mois les tranchées dans la somme... Pour la seconde, il avait 67 ans...

 

Ils n'ont pas affrontés les dangers du combat comme "soldat d'assaut" (aucun des deux n'a le "vécu de fantassin d'Hitler" par exemple), mais comme membres privilégiés et protégés des états-majors. Quant aux "guerres coloniales" de Churchill, elles relèvent en partie de l'"autofiction", en partie d'opérations de communication des armées anglaises. Ce sont surtout des militaires de "war room".

Churchill s’est battu contre les Boers les armes à la main et a participé à sans doute la dernière charge de cavalerie de l’armée anglaise, au Soudan si je me souviens bien. Il le raconte dans ses souvenirs de jeunesse. En revanche, en 1914, il était chef de bataillon donc loin du feu. De Gaulle, officier d’infanteure, a été blessé en première ligne en 1914 et 1916. Il n’a été dans les états-majors qu’après première guerre mondiale (notamment en Pologne).

Faux, mais je crois que vous êtes habitué à réécrire le réel..

Le capitaine De Gaulle a reçu un coup de baïonnette à Verdun, qui le fit perdre connaissance et se retrouver prisonnier. Il le restera 16 mois et ses 5 tentatives d’évasion échoueront. En forteresse, il croisera un certain capitaine Toukatchevski, qui deviendra a 27 ans le meilleur général de l’armée rouge pendant la guerre civile( il suivra la disgrâce de Trotsky et Staline le fera fusiller en 1937 en même temps que 30000 officiers )
"aucun des deux n'a le "vécu de fantassin d'Hitler" par exemple" Lui non plus ! au bout de quelques jours, il fut nommé estafette régimentaire et, dès lors, s'approcha rarement à moins de 2 km du front !

Quand Antoine Perraud va t-il nous déboulonner le Grand Commandeur Français, Charles de Gaulle l'intouchable au regard de l'histoire de France ? Il se murmure qu'il était raciste lui aussi.

Pas difficile : selon le politiquement correct d'aujourd'hui, tout le monde est raciste, sauf ceux qui ne sont pas blancs, bien sûr ! En fait on va sans l'avouer chatouiller les autres là où ça nous gratouille.

Argument fallacieux : ériger des contradicteurs fictifs (supposément majoritaires) pour s'opposer à eux.

Ne murmurez pas , dites haut et fort ce vous avez à dire.

Si vous voulez parlez du personnage , on est pas couché......

Churchill, or not Churchill : Churchill, sans l'ombre d'une hésitation.

C'est assez facile de répondre à une question qui ne se pose pas ? où le concept même d'hésitation perd toute signification. On introduit une considération à la fois praxéologique et de "choix moral" (dans les conséquences aveugles d'une véritable décision), là où on tente d'interroger les significations plus diffuses, plus prégnantes. Chruchill est toujours déjà d'abord l'incarnation du "moindre mal". Entre plus de mal, et moins de mal, qu'est-ce que vous choisissez, "sans l'ombre d'une hésitation", puisque la réponse est déjà contenue dans la question. That is the Question ?

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  • 05/01/2018 17:20
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Il n'avait pas aussi une petite admiration pour Mussolini ?
Dans ses capacités à mettre à mal le "péril bolchevique" ?

En Août 1941, Churchill avait signé la charte de l’Atlantique avec Roosevelt et celle-ci préconisait le droit des peuples à choisir librement leur destin, y compris dans l’Empire britannique. La charte fut l’ancêtre de celle de San Francisco en 1948.

Avec un empire colonialiste aussi vaste que celui du common wealth c'est assez révélateur de l'humour du personnage... et tout a fait en accord avec ses prises de positions "suprémacistes"...

Quand l'ambition rencontre la littérature, cristallise l'ego, agrège une culture de caste, produit une vision politique et répond à une attente cela s'appel Winston Churchill !

et avec Hitler, c'était une querelle de famille ?

La teneur de mon post + haut après que j'ai vu le film ( le 6/01 au soir )

les-heures-sombres

C'est admirable ! Comment se prennent les bonnes décisions devant l'Histoire, après combien d'obstacles, d'empêchements, de traverses, combien d'hésitations, d'intenses réflexions (et c'est la durée originale du film )  ... pour enfin, après que se télescopent "Le discours du roi" et le(s) discours du 1er ministre Churchill, le choix de vaincre le monstre nazi l'emporte sur toute autre considération.

( Je parle du télescopage des deux films : Les Heures sombres et Le Discours du roi. )

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