Faut-il rééditer les textes d’extrême droite des années 1930?

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Céline, Rebatet, Maurras, Brasillach : des historiens mettent en garde contre la résurgence de textes d’extrême droite, violemment racistes et antisémites, dans un contexte à vif.

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Libération s’interroge sur l’afflux de rééditions d’écrits d’extrême droite. Après la polémique autour de la réédition des pamphlets antisémites de Céline (finalement reportée sine die), c’est l’inscription de Charles Maurras, théoricien xénophobe de l’Action française, sur le Livre des commémorations nationales 2018 qui a fait débat. La ministre de la culture, Françoise Nyssen, a décidé de retirer son nom, mais un livre réunissant des textes du journaliste d’extrême droite (plus de 1 200 pages) doit sortir le 19 avril, dans la collection « Bouquins » (Robert Laffont).

« Il existe un contexte favorable, estime l’historien André Loez. On voit bien la résurgence d’une pensée réactionnaire et traditionaliste dont ces textes sont des sources et qui s’est désinhibée ces dernières années. » Selon Libération, l’opportunité éditoriale ainsi que des aspects juridiques peuvent expliquer cet intérêt, certaines œuvres tombant dans le domaine public. En Allemagne, la réédition de Mein Kampf (à 180 euros pourtant) a ainsi dépassé les 120 000 ventes.

Pour certains historiens, les idées d’extrême droite sont d’ores et déjà dans le débat public et il faut donc revenir aux textes pour mieux les combattre. Pour d’autres, ces écrivains ont « un système de discours très efficace ». « Il l’a été dans les années 1930, il pourrait l’être aujourd’hui : utilisation de chiffres tronqués, thèses du complot… », met en garde Johann Chapoutot, professeur d’histoire à Paris-Sorbonne et spécialiste du nazisme.

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