Andreï Voznessenski, comment un poète se joue de l'URSS puis de la Russie

Par

Ambassadeur «officieux» de la culture russe depuis les années 1960, le poète vient de mourir à Moscou à 77 ans.

La lecture des articles est réservée aux abonnés.

Si c'était cela, un héros ? Tout simplement, quelqu'un à qui un tiers, qui sait de quoi il parle, souffle: «Et tout cela t'est tombé dessus. Et toi, comme le roseau, tu as résisté...» (Au vent virtuel). Précisons tout de suite que ce personnage n'est pas tiré d'une histoire anodine, mais l'héritier d'une de ces sagas comme la littérature russe les affectionne. Et inutile ici de ripoliner les armes de famille qu'expose fièrement la maison Russie, du Lermontov d'Un héros de notre temps à Tolstoï, Pasternak ou Nabokov. Pour camper ce héros, il faut s'arrêter à ce que les historiens de la littérature russe ont appelé la 4e génération d'artistes à partir de la Révolution d'Octobre de 1917, soit celle qui a éclos à la fin des années 1950.