Le coût de la vie : sur le cinéma des frères Dardenne

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Retour sur l'œuvre des frères Dardenne, à l'occasion de la sortie en salle de Deux jours, une nuit et de la rétrospective intégrale de leurs films à la Cinémathèque française. Comment filmer ceux qui, bien que privés de travail, ne cessent d'agir et de se battre ?

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Il est douteux que le succès remporté par Deux jours, une nuit, en salle depuis le 21 mai, et la tenue d’une rétrospective intégrale à la Cinémathèque française jusqu’au 12 juin changent grand-chose au refrain : Jean-Pierre et Luc Dardenne feraient, dit-on, toujours le même film. Depuis La Promesse (1996), les frères belges ne cesseraient d'accompagner le même acharnement à survivre dans un environnement inhumain où le travail a laissé place à la débrouille, le salaire au troc et l’égalité de l’échange aux inégalités de trafics en tous genres. Et ils s’y appliqueraient dans un style tout aussi entêté et immuable qui, nourri de néo-réalisme, préférerait l’examen de nécessités matérielles aux énoncés abstraits de la souffrance, de l’injustice ou de la déraison capitaliste.