JO du livre (3/8) : les romans de la balle jaune

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Lorsque le philosophe Gilles Deleuze égrène son abécédaire, il illustre le T par le mot tennis qui, selon lui, n'est pas qu'un jeu ou un sport, mais une « question de style ». Même réflexion chez Serge Daney amateur de tennis, « un match, comme un film, est un petit récit. (…) Un tournoi, c'est déjà un grand récit. Une année de tennis, c'est une vraie saga ». Illustration dans ce “tennis volet”, avec Mathieu Lindon, Lionel Shriver et David Foster Wallace au service. 

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En épigraphe d’Inséparables d’Alessandro Piperno – Prix Strega 2012, à paraître le 30 août 2012 chez Liana Levi –, une citation de Baudelaire et une autre signée… André Agassi : « Maintenant que j’ai remporté le Grand Chelem, je sais quelque chose que très peu de gens sur la Terre ont la chance de savoir. La victoire ne fait pas autant de bien que la défaite fait mal. » Un poète et un tennisman mis en parallèle, comme le sont d’ailleurs Proust et le tennis dans Champion du monde et Merci de Mathieu Lindon, pour qui « la quête impossible » de Lendl est « infiniment romanesque ». Baudrillard, dans Amérique, évoque les Christs de Salt Lake City, qui tous « ressemblent à Björn Borg ». Serge Daney chroniquait le cinéma aussi bien que le tennis dans Libération, jusqu'à les lier : dans son premier papier, daté du 29 mai 1980, il justifie son amour de la terre battue d'un « évidemment mon point de vue est celui d'un amateur de cinéma, qui préfère le plan fixe au zoom ».