Joseph Andras, Orphée aux enfers de la grotte d’Ouvéa

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C’est un livre radical et désarmant. Radical au sens étymologique, c’est-à-dire qui part de la racine (radix en latin). La racine de la violence coloniale et de son éternel retour en Nouvelle-Calédonie – aujourd’hui Kanaky : de l’insurrection de 1878, qui vit la mort du grand chef Ataï, au bain de sang de 1988 dans la grotte d’Ouvéa. Voilà donc trente ans, Bernard Pons étant ministre des départements et territoires d’outre-mer, Jacques Chirac occupant Matignon et François Mitterrand régnant à l’Élysée, la République avait sauvagement libéré des gendarmes pris en otage dans une caverne, massacrant, pendant et après l’assaut, dix-neuf indépendantistes passés à l’acte, dont leur chef, Alphonse Dianou.