Fanny Gallot: «Ce que les ouvrières ont fait changer dans le travail»

Par

En prenant pour départ les années post-68, Fanny Gallot revient sur la lente transformation d’ouvrières en militantes, et la mue concomitante du monde domestique et syndical. 

La lecture des articles est réservée aux abonnés.

Les filles de… Chantelle, Moulinex, Lejaby. Ces mouvements sociaux au féminin sont l’écume d’une lutte de longue haleine pour que les femmes soient reconnues comme des salariés à part entière. Pour illustrer son propos, Fanny Gallot, maître de conférences à l’université Paris-Est-Créteil, est remontée jusqu’aux années 1960. À cette époque, des sites de fabrication essaiment un peu partout sur le territoire, entraînant l’entrée des femmes dans le monde industriel, une main-d’œuvre « issue d’un milieu rural, relativement ignorante du travail en industrie » et donc considérée comme « docile » par le patronat. L’historienne s’appuie sur deux terrains en particulier, celui de l’usine de lingerie Chantelle, où le personnel, hormis à la direction, est quasi exclusivement féminin, et Moulinex, entreprise de fabrication de produits ménagers. Si les hommes et les femmes s’y côtoient davantage, le travail à la chaîne est souvent le fait des femmes, réputées plus habiles avec les petites pièces.