Décryptage du système Rifkin

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Il conseille les grands de ce monde, vend des dizaines de milliers d’exemplaires de chacun de ses ouvrages, même lorsqu’ils portent des titres à coucher dehors, à l’instar du dernier tout juste publié en français. Il prétend mettre sur pied une troisième révolution industrielle et un monde post-capitaliste apaisé. Que faire de cette réflexion, prometteuse pour les uns, fumeuse pour les autres ?

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Un intellectuel qui propose, en un peu plus de 500 pages, une « nouvelle façon d’habiter la terre », et écrit un livre informé, brassant large et apparemment très novateur sur « l’éclipse du capitalisme » et son remplacement par une économie du partage et de l’énergie renouvelable quasi gratuite, susceptible de « conférer au parcours humain un sens inédit », mérite qu’on s’y arrête.

Jeremy Rifkin est devenu en quelques années le héraut d’un avenir post-capitaliste heureux, voire béat. À le lire, les solutions pour résoudre les dérèglements climatiques, la crise énergétique, le chômage et les injustices mondiales sont à portée de main. Elles exigent seulement un changement de paradigme certes difficile, mais également prometteur, nécessaire et, de facto, déjà à l’œuvre.

Jeremy Rifkin en 2009 Jeremy Rifkin en 2009

Dans le contexte d’impuissance politique généralisée, de débâcle sociale et d’effondrement inégalitaire des mondes issus des révolutions industrielles du XXe siècle, les ouvrages de Jeremy Rifkin sont traduits en des dizaines de langues et se vendent comme des petits pains. Il « conseille des chefs d’État du monde entier », comme le souligne son éditeur en quatrième de couverture, sans préciser qu’il est très bien rémunéré pour cela. Le statut de star possède en effet quelques exigences : lors de sa récente tournée française, l’écologiste revendiqué qu’est Rifkin est venu de Paris au Havre, pour le Forum de l’économie positive, en Limousine avec chauffeur…

Après avoir eu l’oreille de Bill Clinton et être aujourd’hui boudé par l’administration Obama, Rifkin et sa petite équipe concentrent désormais leur activité de conseil sur l’Europe, depuis le peu démocratique Kazakhstan jusqu’aux plus hauts échelons de l’Union européenne, en passant par la région Nord Pas-de-Calais, pour laquelle Rifkin a conçu un « Master Plan » censé assurer la transition d’un espace sinistré vers un monde durable et radieux : le tout pour 350 000 euros.

Lire Rifkin, c’est donc faire l’expérience d’une prose séduisante qui justifierait de lui passer ses approximations et ses emballements. Jean-François Caron, maire de Loos-en-Gohelle et artisan politique du « Master plan » Nord Pas-de-Calais, expliquait ainsi récemment à Mediapart que « Rifkin a un million de défauts mais il a une vision. Même si elle est fausse, elle met en mouvement un territoire ».

Alors prophète ou profiteur ? Battant ou bateleur ? Charlatan ou artisan d’un monde nouveau ? Emblème d’une énième ruse du capitalisme ou carburant d’une nouvelle société ? Son dernier ouvrage, tout juste publié en français, reprend les thèses de ses précédents best-sellers, Une nouvelle conscience pour un monde en crise, L’Âge de l’accès, La Fin du travail et La Troisième révolution industrielle.

Mais ce prolongement est plus qu’une synthèse, puisque Rifkin y porte l’ambition de saisir ici rien de moins que les changements du comportement humain qui rendent « obsolètes les valeurs cruciales qui structurent notre vie et les institutions que nous avons mises en place à l’époque capitaliste et explorer les valeurs et institutions très différentes qui seront la force motrice de l’ère collaborative de demain ».

Le dernier livre de Rifkin s’intitule donc La nouvelle société du coût marginal zéro. L’internet des objets, l’émergence des communaux collaboratifs et l’éclipse du capitalisme. S’il est possible de résumer une telle somme, qui va piocher aussi bien du côté de la global history, de sociologues pointus, de statisticiens solides, que de gens comme Ray Kurzweil, gourou du transhumanisme récemment embauché par Google, elle est structurée autour de trois idées-forces.

La première est que l’économie du partage est en passe de supplanter l’économie de l’échange et que le capitalisme touche, de lui-même, à sa fin. « Ironie de l’histoire : le capitalisme ne meurt pas sous les coups de force hostiles », mais « la logique opératoire du capitalisme est ainsi faite qu’en réussissant, il se détruit », juge l’essayiste. En effet, selon sa théorie du « coût marginal zéro », une « concurrence acharnée, en imposant l’introduction d’une technologie toujours plus économe, dope la productivité jusqu’au point optimal où chaque unité supplémentaire ne coûte rien, ce qui rend le produit presque gratuit ».

Pour Rifkin, « dans la lutte en cours entre économie de l’échange et économie du partage, les économistes ont une dernière ligne de défense : ils prétendent que si tout était presque gratuit, il n’y aurait aucune incitation à innover et à proposer de nouveaux biens et services, puisque les inventeurs et entrepreneurs n’auraient aucun moyen de couvrir leurs coûts initiaux. Pourtant, des millions de prosommateurs qui collaborent gratuitement sur les communaux sociaux conçoivent de nouvelles technologies informatiques et de nouveaux logiciels, de nouvelles formes de divertissement, de nouveaux outils pédagogiques, de nouveaux médias, de nouvelles énergies vertes, de nouveaux produits fabriqués par impression 3D, de nouvelles initiatives pair à pair dans la recherche médicale… ».

Cette théorie est fondée sur l’essor des « prosommateurs », à la fois producteurs et consommateurs, dans un système qui additionnerait Gandhi et l’imprimante 3D pour le plus grand bonheur de l’humanité. L’impression 3D, dont Rifkin donne maints exemples dont on ne sait s’ils sont prometteurs ou incroyables, puisqu’ils annoncent la possibilité « d’imprimer » toutes sortes de choses, y compris des voitures ou des maisons, serait le vecteur technologique d’une révolution copernicienne permettant de passer « de la production de masse à la production par les masses », pour former un monde néo-gandhien. Interrogé sur sa vision économique, Gandhi jugeait en effet nécessaire d’aboutir à une « production de masse, mais la production de masse dans la maison des gens ». Ce qu’il appelait aussi le principe du swadeshi, à savoir « apporter le travail aux gens et non les gens au travail ».

Une « société des Barbapapa »

La seconde idée-force du livre de Rifkin est que les structures économiques et politiques des sociétés humaines sont largement corollaires des énergies utilisées et de leur mode d’exploitation. Pour lui, « au fil de l’histoire, les grandes transformations économiques se sont produites quand les humains ont découvert de nouveaux régimes d’énergie et inventé des moyens de communication pour les organiser ». Il rassemble ainsi des analyses fortes déjà formulées par des chercheurs comme Timothy Mitchell, auteur de Pétrocratia, la démocratie à l’âge du carbone, ou de Sezin Topçu, auteure de La France nucléaire. L’art de gouverner une technologie contestée.

Rifkin dresse ainsi une fresque historique qui remonte à la fin du Moyen Âge, lorsque l’énergie des moulins et l’invention de l’imprimerie, qui permit l’essor des contrats écrits et de la comptabilité, renforcèrent le pouvoir des bourgeois face aux seigneurs exploitant le bois de leurs domaines. Et nous emmène ainsi allègrement jusqu’à ce qu’il estime être la révolution actuelle.

« Au XIXe siècle, l’imprimerie à vapeur et le télégraphe ont été les moyens de communication capables de structurer et de gérer un système complexe de rails et d’usines alimenté au charbon, en connectant les zones urbaines à forte densité démographique sur des marchés nationaux. Au XXe siècle, le téléphone, puis la radio et la télévision, sont devenus des moyens de communication qui ont permis la gestion et la vitalité commerciale d’une époque caractérisée par le pétrole, l’automobile et les banlieues géographiquement dispersées, et d’une société de consommation de masse. Au XXIe siècle, Internet devient le moyen de communication qui permet de gérer les énergies renouvelables distribuées, ainsi que la logistique et les transports automatisés sur des communaux mondiaux toujours plus interconnectés. »

Pour Rifkin, la nouvelle combinaison entre les énergies renouvelables et l’Internet intelligent étendu aux objets constitue l’infrastructure d’un avenir radieux et transformé. « Le soleil sur votre toit, les ordures converties en biomasse dans votre cuisine ou le vent sur la façade de votre immeuble sont presque gratuits. » Rifkin met en sourdine, dans ce livre-ci, l’énergie fondée sur l’exploitation de l’hydrogène, dont il s’était pourtant fait le chantre dans un précédent ouvrage, sans doute parce que les difficultés de production et de stockage de l’hydrogène n’ont pas disparu avec la facilité qu’il annonçait voilà quelques années… Il la remplace ici notamment par l’énergie solaire puisque, selon lui, « si nous pouvions mettre la main sur 0,1 % de l’énergie que la terre reçoit du soleil, nous aurions six fois celle que nous utilisons aujourd’hui dans l’économie mondiale ».

Cette perspective d’une énergie propre, peu chère et produite à domicile, est doublement problématique. D’une part, il est douteux qu’elle soit accessible techniquement à moyen terme, au point que l’économiste Jean Gadrey parle du dernier livre de Rifkin, récemment encensé par Télérama, comme d’une « société des Barbapapa ». De l’autre, Rifkin ne parle jamais le discours de la sobriété énergétique ou de la réduction des consommations, mais toujours celui du remplacement d’une énergie sale et centralisée par une énergie propre et décentralisée, alors qu’il est aujourd’hui acquis qu’une réelle transition énergétique suppose d’avancer sur deux pieds. 

Mais Rifkin garde de ses thèses sur l’hydrogène l’idée intéressante qu’une structure décentralisée de la production d’énergie modifierait complètement notre société, puisque « les plates-formes technologique des deux premières révolutions industrielles avaient été conçues pour être centralisées, commandées et contrôlées d’en haut. Pour une raison simple : les combustibles fossiles ne se trouvent qu’à certains endroits, et il faut une gestion centralisée pour les transférer du sous-sol à l’utilisateur final ».

Ce système hypercentralisé et intégré, dont Rockfeller pour le pétrole et AT&T pour les communications, sont les emblèmes est, selon lui, une anomalie du XXe siècle en passe de disparaître. « À aucune période de l’histoire, un si petit nombre d’institutions n’a exercé un tel pouvoir économique sur la vie de tant de gens. Cette concentration du pouvoir économique, sans précédent et inimaginable, n’est pas un simple effet du hasard ou de l’insatiable cupidité de l’homme. On ne saurait non plus l’expliquer en fustigeant simplement la déréglementation, ni en blâmant l’incapacité ou, pire encore, la collusion et la complicité du pouvoir politique – bien que tous ces facteurs aient effectivement contribué à sa croissance. Elle est, fondamentalement, la conséquence inexorable des matrices énergie / communication. »

La troisième idée-force est que nous serions en train d’entrer dans un monde situé au-delà de l’État et du marché, celui des « communaux collaboratifs ». Rifkin juge que « les indices du grand basculement dans un nouveau système économique sont encore flous, souvent anecdotiques, mais les communaux collaboratifs sont en plein essor ».

Après le grand mouvement des enclosures, qui a commencé par concerner les terres accessibles à tous dans l’Angleterre de la fin du XVIe siècle avant de s’étendre à l’ensemble des formes de vie, l’essayiste est convaincu de l’essor inexorable et déjà bien amorcé des biens communs, qui constituent « la forme d’autogestion institutionnalisée la plus ancienne du monde »,antérieure au marché capitaliste et au gouvernement représentatif. Pour lui, ces communaux existent déjà, non seulement dans les échanges pair à pair via internet, mais à travers les « associations caritatives, ordres religieux, ateliers artistiques et culturels, fondations pédagogiques, clubs sportifs amateurs, coopératives de production et de consommation, banques coopératives, organisations de santé… Aux États-Unis, Canada, Japon, France, Belgique, Australie, République tchèque et Nouvelle-Zélande, le secteur à but non lucratif pèse en moyenne 5 % du PIB. Et pourtant nous appelons avec dédain les communaux sociaux le “tiers secteur”, comme s’ils étaient moins importants que le marché et l’État ».

Pour Rifkin, le combat des « nouveaux communiers » repose sur une autre révolution copernicienne : celle de la définition de la liberté, qui ne peut plus être la même à « l’âge de l’accès » qu’à l’époque fordiste. Selon lui, en effet, « des consommateurs, toujours plus nombreux, choisissent l’accès plutôt que la propriété : quand ils décident de ne payer que le temps limité où ils utilisent une voiture, une bicyclette, un jouet ou un outil ». Cela parce qu’il existe une transformation profonde « dans la façon de penser la nature de la liberté – du droit de posséder et d’exclure au droit d’avoir accès et d’être inclus ». Le symbole de ce moment de transition serait le passage progressif de l’automobile, emblème de l’ère industrielle, de la propriété individuelle et de la consommation de masse, vers l’ère de « l’auto-partage ».

Ainsi, conclut-il, « même si la stagnation économique peut avoir bien d’autres causes, il est possible qu’elle s’explique en partie par un changement majeur qui commence à peine à se déployer : la lente agonie du système capitaliste et l’essor des communaux collaboratifs, où le bien-être économique se mesure moins à l’accumulation du capital financier qu’à la constitution du capital social ».

Dépolitisation

À ces trois idées-forces du livre de Rifkin correspondent malheureusement au moins trois points faibles qui en limitent considérablement la portée, au risque de faire passer un projet enthousiasmant pour, au mieux, un doux rêve, au pire un arrière-goût de mensonge.

Le premier est l’optimisme béat qui suinte de l’ouvrage et frôle souvent la supercherie rhétorique, sur le mode du « regardez tout ce que vous n’avez pas envisagé qu’il existerait et donc croyez à tout ce que je peux vous dire qu’il existera ». C’est particulièrement vrai des énergies renouvelables, au sujet desquelles l’essayiste affirme :

« Et si je vous avais dit, il y a 25 ans : dans un quart de siècle, un tiers de l’humanité communiquera sur d’immenses réseaux mondiaux regroupant des centaines de millions de personnes – en échangeant des fichiers audio, vidéo et texte – toutes les connaissances du monde seront accessibles à partir d’un téléphone portable, n’importe quel individu isolé pourra envoyer une idée neuve, présenter un produit original ou transmettre une réflexion à un milliard de personnes simultanément, le tout à un coût proche de zéro. Vous n’y aurez pas cru une seconde. Pourtant, tout cela, c’est maintenant la réalité. Mais si je vous disais : dans 25 ans, l’essentiel de l’énergie nécessaire pour chauffer votre domicile et alimenter vos appareils, faire tourner votre entreprise, conduire votre véhicule et faire fonctionner toutes les composantes de l’économie mondiale sera probablement presque gratuit ? »

En raisonnant ainsi, tous les problèmes actuels trouvent une solution d’apparence simple, mais qui s’avère souvent simpliste. « L’économie circulaire » promet d’éviter tous les gâchis, bien réels, de la société industrielle. Les Massive Open Online Courses (MOOC) sont des réponses ad hoc « aux millions d’étudiants qui ne peuvent plus s’offrir un diplôme universitaire nécessitant quatre ans d’études, qui peuvent coûter jusqu’à 50 000 dollars par an ». L’automatisation et les gains de productivité, mettant tout simplement « fin au travail », permettent de considérer le chômage comme un problème négligeable puisque plus personne n’a besoin de s’activer trop longtemps pour produire les biens et services nécessaires à cette « société de l’abondance ». Les avis des consommateurs rendent la publicité caduque. Le Big Data permet aux patients de piloter leurs soins, et ainsi de suite…

Cette vision radieuse et ravie pourrait certes être un vecteur de mobilisation des énergies et permettre de « vendre » une sortie du capitalisme qui ne soit pas douloureuse ou catastrophique. Mais il faudrait pour cela qu’elle évite de buter à plusieurs reprises sur le second gros problème de l’ouvrage de Rifkin, à savoir sa vision techniciste, voire scientiste, de la marche du monde. Son déterminisme technologique et sa conviction que « l’infrastructure construit la société » l’entraînent dans, au moins, deux impasses.

La première est de croire que la technologie résoudra à peu près tous les problèmes : une manière de penser le monde dont on a vu les écueils. Quand on sait à quel point Internet est dévoreur d’énergie (voir notamment la série de Jade Lindgaard sur La part d'ombre du numérique), il est en particulier étonnant que Rifkin pense que l’Internet des objets soit une panacée et juge que répéter sans cesse que nous sommes à l’aube d’une énergie renouvelable, abondante et gratuite, suffise à faire advenir cette nouvelle société…

Site du futur méga-data center d'Interxion à La Courneuve, sur l'ancien site d'Eurocopter. © Jade Lindgaard Site du futur méga-data center d'Interxion à La Courneuve, sur l'ancien site d'Eurocopter. © Jade Lindgaard

La seconde réside dans la contradiction profonde entre une analyse qui insiste sur la collaboration et le partage, mais demeure enfermée dans une vision portée d’en haut, où quelques esprits éclairés et novateurs parviendraient à entraîner les masses vers un avenir radieux. Comme le soulignait l’économiste Jean Gadrey lors de la parution du précédent livre de Rifkin, « l’homme qui parle à l’oreille des grands de ce monde » se soucie peu de la société civile et est davantage présent comme conseiller des grands que comme tribun des mouvements sociaux.

Pour Gadrey, « ce rêve de réorientation démocratique partant de l’oligarchie et de la technologie est une impasse, une dépossession, un piège à citoyens. Si ces derniers ne s’emparent pas de la transition, si en particulier ils ne reprennent pas le contrôle de la finance (une priorité totalement absente chez Rifkin) et des technologies, l’oligarchie, qui en a vu d’autres, va récupérer les idées de Rifkin et n’en retenir que ce qui conforte ses intérêts ».

Même si, par rapport à son livre précédent dans lequel il décrivait avec complaisance ses rencontres avec tous les grands de ce monde, Rifkin a évolué et tente, dans celui-ci, d’être plus attentif à certains mouvements de fond des sociétés, son positionnement demeure au mieux naïf, au pire complice.

Sans doute parce qu’il manque – et c’est le troisième souci décisif avec les thèses de Rifkin – de la moindre pensée des rapports de force, qu’il gomme à grands traits grâce aux promesses de la technologie et du développement de la part empathique des humains. Comme il l’écrit, « l’impression tridimensionnelle transcende ainsi les frontières idéologiques ». Mais l’imprimante 3D n’est pourtant pas prête de gommer les rapports de domination et d’exploitation.

Certes, Rifkin distingue, sur le communal mondialisé qu’est Internet, les entreprises à but non lucratif comme Wikipédia ou Linux, et d’autres qui s’en servent, comme Facebook ou Google, pour rentabiliser leur positions, leurs brevets et leurs algorithmes… Certes, il ne met pas tout à fait dans le même sac Airb&b et le couchsurfing, mais il ne paraît jamais questionner l’idée que l’économie du partage, dont il estime qu’elle sera la base d’une nouvelle société, puisse constituer une extension du domaine du capitalisme davantage qu’une nouvelle manière d’habiter le monde.

Cette dépolitisation est la face obscure d’une analyse dont le pouvoir de séduction est utile si elle permet à quelques décideurs de changer de cap, mais nocive si elle se contente de monétiser des mirages.

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