Un salutaire «Clash-back»

Par
</p>

Un CD live, un DVD et un livre. Et voilà comment The Clash, un quart de siècle après sa séparation et près de six ans après la mort de son génial chanteur, Joe Strummer, refait surface. L'occasion de (re)découvrir ce groupe majeur qui, apparu dans la furia punk, révolutionna le rock'n'roll – et même un peu plus que cela.

Cet article est en accès libre. Découvrez notre offre spéciale ! S'abonner

Sorti en 1982, le dernier album de la formation initiale du Clash avait été baptisé Combat Rock. Un combat que le groupe lui-même croyait avoir perdu à ce moment-là: ses membres allaient d'ailleurs se séparer l'année suivante, au faîte de leur gloire. Un hara-kiri tout sauf paradoxal, on y reviendra. Malgré une éphémère tentative de come-back, ponctuée en 1985 par l'improbable Cut The Crapalbum plus intéressant que la critique rock l'a jugé, mais massacré par un mixage proprement criminel –, The Clash quitta définitivement la scène dans une indifférence quasi générale.

 

<p>

YouTube
</p>

 

A partir des années 1990, pourtant, «l'œuvre clashienne» commença à être réévaluée. Le Clash a vu depuis son aura ne cesser de grandir, bénéficiant ainsi d'une reconnaissance posthume inespérée. Au point d'être aujourd'hui, enfin, considéré à sa juste valeur: celle d'un groupe majeur, sans doute le plus grand de tous, qui laissera une empreinte indélébile dans l'histoire du rock – et dans l'esprit d'une génération.

 

Pour achever de s'en convaincre, il suffit de feuilleter les quelque 400 pages de l'ouvrage magnifique – et pas seulement à cause de sa couverture rose fluo – que viennent de publier les éditions Au Diable Vauvert. Sobrement intitulé The Clash, il met admirablement en scène l'ascension, le triomphe puis la chute du groupe, qu'il fait revivre au travers de témoignages, pour partie inédits, du quatuor d'origine, mais aussi d'illustrations (photos, affiches, pochettes d'album...) souvent bluffantes. Certaines ont d'ailleurs été fournies par les membres du groupes eux-mêmes.

 

On découvre ainsi, parmi d'autres documents inédits, qu'en tournée, le batteur Topper Headon envoyait des cartes postales à son chien, mais aussi la collection de cassettes audio dont le bassiste Paul Simonon ne se séparait jamais, la chemise sérigraphiée, à la mode punk, du guitariste Mick Jones ou ce cliché noir et blanc réunissant Robert de Niro et le chanteur Joe Strummer...

 

[Si la page s'affiche mal, cliquez ici]

 

La fameuse chemise sérigraphiée

de Mick Jones (photo©Hall of Fame)

 

Décédé brutalement à l'âge de 50 ans en décembre 2002, John Graham Mellor, dit Joe Strummer, incarnait l'âme du groupe, dont il était tout à la fois le leader, le parolier, l'idéologue, bref, l'inspirateur génial, comme l'a rappelé le très beau documentaire que lui a consacré Julien Temple en 2007, The Future Is Unwritten. Son souffle traverse l'ouvrage qu'il conclut, évoquant le split du groupe en 1983, sur cette sentence définitive: «On est venus, on a dit ce qu'on avait à dire, on s'est cassés ; moi, ça me plaît bien.»

Prolongez la lecture de Mediapart Accès illimité au Journal contribution libre au Club Profitez de notre offre spéciale