A.M. Homes, « "Aimer" un livre est une notion hollywoodienne »

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La littérature ne tient pas du «divertissement». Elle doit, selon A. M. Homes, mettre le lecteur face au pire, à ce qu'il refuse ou juge insoutenable. La Fin d'Alice, roman longtemps “censuré” en France, illustre en quoi la fiction est un scandale – en dehors de son sujet, la pédophilie. Rencontre avec l'auteur, son éditrice et premières pages du livre en pdf.

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Dire que La Fin d'Alice d'A.M. Homes place le lecteur dans une zone d'inconfort est un euphémisme. Dès les premières lignes de cette plongée dans la psyché d'un pédophile, emprisonné depuis plus de vingt ans pour le viol et le meurtre d'une adolescente, l'écrivain installe un malaise qui ira crescendo : « Qui est-elle pour être affligée de cette dépendance, pour avoir développé ce goût étrange de la chair la plus fraîche, et pour raconter une histoire qui conduira certains d'entre vous à sourire avec suffisance mais enflammera les autres et les convaincra qu'il faut que ce cauchemar, que cette horreur s'arrêtent ? Qui est-elle ? Ce qui vous effraiera le plus, ce sera de savoir qu'elle est ou vous ou moi, qu'elle est l'une d'entre nous. Surprise, Surprise. »