Thomas Ostermeier: «Mon théâtre veut surmonter la peur engendrée par le capitalisme»

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  • 07/07/2016 15:18
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LA PEUR NOUS POUSSE À OBÉIR

POURQUOI ne faisons-nous qu'obéir, suivre et imiter ? Pourquoi ? Parce qu'à l'intérieur de nous-mêmes, nous redoutons l'incertitude. Nous voulons des certitudes, financières, morales, nous voulons êtres approuvés, être en position de sécurité, éviter à tout prix d'être confrontés aux problèmes, à la douleur, à la souffrance, nous voulons être en lieu sûr. Donc, consciemment ou inconsciemment, la peur nous pousse à obéir au maître, au leader, au prêtre, au gouvernement. La peur nous empêche aussi de faire des choses éventuellement nuisibles pour les autres, car le châtiment nous attend. Ainsi, derrière toutes ces actions, ces envies, ces visées, se cache ce désir de certitude, ce désir d'être rassuré. Donc, si l'on ne dissout pas la peur, si l'on ne s'en délivre pas, peu importe qu'on obéisse ou qu'on soit obéi ; ce qui compte, c'est de comprendre cette peur, jour après jour, et de comprendre les multiples visages de la peur. Ce n'est qu'une fois que l'on est libéré de la peur qu'apparaît cette qualité intérieure de compréhension, cette solitude dans laquelle il n'est aucune accumulation de savoir ou d'expérience, et c'est cela et cela seul qui peut apporter, dans cette quête du réel, une lucidité extraordinaire.

https://blogs.mediapart.fr/zargos/blog/150615/la-peur

J'aime beaucoup ce qu'il dit du théatre, de l'art, de l'état de nos sociétés, sa façon de poser les problèmes. J'ai été très impressionnée aussi par les spectacles de lui que j'ai vus, par sa capacité à exprimer les angoisses de notre temps, au travers d'oeuvres du passé.

Cette Allemagne là me plait beaucoup. Cette Europe là aussi.

Et j'adore ces phrases sur les histoires de couple. C'est vrai qu'elles occupent sur nos écrans une place exhorbitante, comme si elles permettaient de ne pas traiter d'autre chose, avec la bénédiction des productions.

 

 

 

l"Affiche est debectante,un canard tué,merci pour lui!!

Le début du film Bambi, commence par la mort éfroyable de sa mère tuée par un chasseur. Doit-on censurer Bambi? ou parler du vrai monde qui n'est pas toujours très drole car il a une fin cruelle, parfois. Dans une société qui considère les rapports humains comme une relation animale entre des proies et des prédateurs, le théâtre doit-il se censurer plus que "Bambi"??

Je' connais son theâtre et il est dans la même veine,et sinistre et limite debectant,le respect dû aux animaux  ne serait pas superflu pour cet homme cynique,le reste ,cela est tant rebattu............

 

Merci pour cette interview qui invite à réfléchir sur le théâtre et sur sa fonction sociale. C’est vrai qu’il faut discuter des changements sociaux et politiques dévastateurs de ces vingt dernières années avec passion – et le dernier spectacle de Joël Pommerat, Ça ira, donne une indication précieuse sur le comment le faire.

 

Voici, aussi, l’opportunité de faire quelques observations sur la mise-en scène qu’Ostermeier nous a proposée pour La mouette.

 

On peut se demander s’il n’a pas suivi l’ignorance dans laquelle était Tchekhov sur l’existence de l’inconscient dans l’interprétation des personnages. C’est vrai qu’à une première lecture ils sont tous unidimensionnels et tout le travail du génial Stanislavski a été de trouver, par le sous-texte, les lignes des fuites, l’arrière fond, ou, comme dirait Freud, l’autre scène. Or, Tchekhov ne comprenait pas pourquoi Stanislavski, comme Ostermeier, voulait en faire une tragédie.

Mais sans inconscient les personnages sont caricaturaux et, pour tout dire, ennuyeux. Même le talent de Valérie Dréville, ne l’aide pas à dépasser la pauvreté d’un cliché. L’actrice qui fait Macha est la seule a essayer de présenter un conflit, mais cette solitude scénique finit par rendre son personnage monomotivé.

Le choix de faire de Nina, la mouette, un personnage, même pas de l’enfance, mais de l’infantile, rend invraisemblable la jalousie que Irina, actrice vaniteuse mais femme du monde, ressent pour celle qui est aimé de son fils et par son amant, Trigorine. Selon la logique de la représentation à laquelle nous sommes invités par la composition des personnages, la passion de Trigorine pour Nina serait celle qu’éprouve un pédophile pour sa proie. Bien sûr, Ostermeier nous épargne cette épreuve, mais ces incongruités rendent inconsistants les liens entre les personnages, absurdes et lourdes leurs présences sur scène et la notre dans la salle.

Le spectacle théâtral du début de la pièce reste incompréhensible. Tréplev, chez qui Tchekhov se reconnaissait, est présenté comme un romantique illuminé faisant un théâtre du pathos. Or, comme Nina, sa mère, et Trogorine, l’écrivain à succès, et toute la compagnie sont placés parmi le public, nous sommes tous d’accord avec eux de trouver bourrative cette messe noire pour retardés. Ceci est d'autant plus regretable que la pièce de Tréplev peut représenter ce théâtre-à-venir qui soucie, à raison, le metteur-en-scène Allemand. Pourquoi Ostermeier n’a-t-il pas demandé à son traducteur-poète d’écrire un vrai texte qui nous emballerai autant que les scénettes qu'il présente sur l’actualité où, pour une fois, nous avons la joie d’être au théâtre – ce plaisir de la pensée dont nous parlait Brecht, et sans lequel mieux vaut rester avec son groupe de potes et de copines, ou à lire un très bon livre de, par exemple, Tchekhov ?


J'ai vu, sans doute pour l'expiation de mes péchés, un certain nombre de mises en scènes de Ostermeier, et j'ai dû chaque fois subir cette insupportable lourdeur didactique dont raffolent les "régisseurs" à l'allemande, pions impavides et sententieux d'une kritique façon panzer du traditionnel ordre bourgeois, kapitaliste et konformiste.

Sans parler des décors moches, des vociférations "signifiantes", des projections excrémentielles, des bites à l'air et des pardessus nazis. Pour dire quoi, que Tchekhov ne nous ait parfaitement dit et fait entendre ? Et avec combien plus de légèreté et de vraie sensibilité ?

En Allemagne, on peut cracher sa haine du nazisme sur un plateau de théâtre.

En France, il faut pas déranger le bourgeois qui collaborait, puis résistait, puis redevenait colonial, puis était "soixante huitard", puis ultra libéral sans jamais se poser trop de question sur ce qu'il est, sauf dans des facs révisionistes avant de s'occuper d'histoire dans les médias.

En Allemagne, le citoyen qui se revendique de race Aryenne défile dans la rue et le théâtre lui répond.

En France, la République "une et indivisible" couve avec "agilité" ceux qui diférencient plusieurs forme d'humanité et personne ne dit qui il est.

Tout y dépend des couloirs du ministère qui sabre les budjets depuis des décénies et l'on garde ceux qui ne dérange pas comme modèle.

Après les années Sarko, où l'on a "carcherisé" la culture, les années Hollande où l'on ignore de quoi ça parle, le monde du théâtre est dans un état pitoyable dans ce Pays.

Il ne reste plus grand monde et ceux qui sont là, le sont pour leur soumission au modèle économique et idéologique. Avec quelques rares survivants d'un théâtre qui a du sens, quand même.

Les places sont trop chère pour les prolétaires. On va pas se faire chier à leur parler ni a critiquer notre modèle de société. On est passé au théâtre "entertainment" subventionné. C'est vachement plus reposant pour les méninges bourgeoises.

Le statut d'intermittent comme arme fatale contre ceux qui n'ont pas voulu entrer dans le rang. La machine à dézingué à la Française, quoi. Une petite épuration traquille et sans bruit. Ceux qui manifestent encore, c'est qu'ils jouent le jeux. Ils ne sont pas génant!!

Triste réalité d'un univers qu'on a laissé aux chacals bien pensant qui ne se sont pas géné, eux, pour faire le ménage à grand coup de "réalité économique" et d'un site unique pour toute la France pour les intermittents dont les dossiers sont traité "entre de bonne main", pas trop loin des couloirs du ministère. Imaginez qu'un jour, on voit débouler des artistes, des techniciens, des metteurs en scènes noir, ou de gauche, ou d'origine sociale défavorisé dans cet univers clos, par exemple!! Cela juste après avoir fait le ménage complet. ça serait dommage!!

Non, il faut protéger le Théâtre Français de toute reflexion sur la société contemporaine et ce qu'il est, ce qu'il raconte, sinon, vue l'état où il est, il va se flinguer.

Il vaut mieux continuer de se penser comme les plus beaux du monde et critiquer ce qui vient de l'étranger sans se remettre en question.

Le jour où ça viendra, ça risque d'être le grand vertige pour ceux qui y sont encore!!

Vite, place aux jeunes!!!!!!!!

Vous ne devez pas souvent aller au théâtre, en France ou ailleurs.Vous vous seriez aperçu qu'il n'y manque pas de dénonciation de tout ce qu'il est possible de dénoncer. Et que les plus subventionnés ne sont pas les moins critiques, loin de là.

Dénoncer le nazisme ( 1933-1945 ) en 2016, quelle audace ! Il y aurait des théâtres qui feraient le contraire  ?

Je ne dis pas que vous n'écriviez pas des choses justes, sur le fond et sur la forme. Mais quelle confusion ! En réalité, il y a peu de pays au monde où le théâtre soit mieux traité qu'en France - y compris grâce au fort discutable statut d'intermittent. Je reviens d'Avignon : 1.400 spectacles proposés par plus de mille compagnies... ça fait quand même oublier un peu les petits marquis du ministère, les grands mafieux des Centres Nationaux et le consensus distingué des bénéficiaires du "premier cercle" - lesquels, d'ailleurs, ont bien compris que vitupérer le bourgeois, le facho, et proclamer le métissage et la "différence", c'est encore le meilleur moyen de délier la bourse des institutions.

Regrets narbonnais pour la relégation du Stado...

le théâtre, ça fait 25 ans que j'y travaille. J'y ai donc passé quelques temps!!

J'ai put constater un vaste plan de "nettoyage" du personnel technique, intermittent, ces dernières années. On peut repérer des profils de victimes. ça fait grincer les dents!!

dénoncer le nazisme en 2016 a toujours autant de sens, hélas. Les nazis existent encore et "il est encore fécond, le ventre la bête immonde".

L'allemagne a fait une réflexion là dessus, après la deuxième guerre mondiale, qui n'a pas vraiment été entamée en France pour cause de trop grande collaboration des élites qu'on a pas voulu changer.

Quel coût et quel sacrifice pour les compagnies, de ce passage obligé à Avignon pour quel salaire à ceux qui le font vivre?? C'est tout bénef pour les habitants, les organisateurs, le public, le massacre pour de ceux qui s'y casse la gueule dans des conditions techniques pitoyables pour la majorité des spectacles. Le tri pour mille compagnie qui ont le fric ou pas de le faire. C'est à leur charge.

Vitupérer le prolo, le citoyen de seconde zone, différencier les êtres humains devient tout aussi fréquent pour délier la bourse des institution que de faire la critique de cela. C'est présenté comme une représentation du monde "moderne". Le problème, c'est que le miroir devient la réalité d'un monde du spectacle devenu de plus en plus violent envers ceux qui le pratique encore et n'ont pas encore été décimé. On se retrouve de plus en plus confronté à des gestionaires de structures culturelles dont les choix deviennent de plus en plus scabreux dans ce qu'ils expriment.

La droite "décompléxée" est bien là. Il faut rester bien accroché à son fauteuil quand on voit ce qu'elle est de plus en plus capable de produire.

Quand on ajoute la relégation du Stado à tout ça...

C'est la Bérézina!!

Il va falloir mouiller le maillot pour sortir de là, sinon, c'est la fin des haricots!!

 

le théâtre, ça fait 25 ans que j'y travaille. J'y ai donc passé quelques temps!!

J'ai put constater un vaste plan de "nettoyage" du personnel technique, intermittent, ces dernières années. On peut repérer des profils de victimes. ça fait grincer les dents!!

dénoncer le nazisme en 2016 a toujours autant de sens, hélas. Les nazis existent encore et "il est encore fécond, le ventre la bête immonde".

L'allemagne a fait une réflexion là dessus, après la deuxième guerre mondiale, qui n'a pas vraiment été entamée en France pour cause de trop grande collaboration des élites qu'on a pas voulu changer.

Quel coût et quel sacrifice pour les compagnies, de ce passage obligé à Avignon pour quel salaire à ceux qui le font vivre?? C'est tout bénef pour les habitants, les organisateurs, le public, le massacre pour de ceux qui s'y casse la gueule dans des conditions techniques pitoyables pour la majorité des spectacles. Le tri pour mille compagnie qui ont le fric ou pas de le faire. C'est à leur charge.

Vitupérer le prolo, le citoyen de seconde zone, différencier les êtres humains devient tout aussi fréquent pour délier la bourse des institution que de faire la critique de cela. C'est présenté comme une représentation du monde "moderne". Le problème, c'est que le miroir devient la réalité d'un monde du spectacle devenu de plus en plus violent envers ceux qui le pratique encore et n'ont pas encore été décimé. On se retrouve de plus en plus confronté à des gestionaires de structures culturelles dont les choix deviennent de plus en plus scabreux dans ce qu'ils expriment.

La droite "décompléxée" est bien là. Il faut rester bien accroché à son fauteuil quand on voit ce qu'elle est de plus en plus capable de produire.

Quand on ajoute la relégation du Stado à tout ça...

C'est la Bérézina!!

Il va falloir mouiller le maillot pour sortir de là, sinon, c'est la fin des haricots!!

 

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