Olivier Roy: «Le fondamentalisme ne suffit pas à produire de la violence»

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Tous les commentaires

Peindre en vert les brigades rouges me semble trop partiel.....

Il dit le contraire.

?

Dans son analyse absolument remarquable, il dit justement que ça n'a rien à voir avec les brigades rouges.

Vous avez oublié Joseph Arthur de Gobineau et Alexis Carrel...mes préférés...

Merci, c'est noté. Sourire

Jules Ferry, c'est le préféré de François Hollande, cf. son hommage du 15 mai 2012, lors de la cérémonie d'investiture du moi présidentiel.

Je résume : tout grand homme a ses égarements... lol !

Idem pour le tandem Valls-Cazeneuve : les deux lascars en goguette à Calais ont donné à leur futur "centre d'accueil" (des réfugiés que leur flicaille ratisse) le nom de ce grand humaniste, et c'est tout un symbole.

Jules FERRY dit de gauche "la supériorité de l'homme bmanc qui amènre la civiLISATION..3 AH OUI et laquelle ? celle de l'esclavage, de la colonisation dans le sang , la terre brûlée si bien pratqiuée par La France et ses militaires, les enfumades = " Chambre à gaz" dans des grottes au Mghreb et ailleurs ..............Roy ne croît pas au passé colonial résurgent mais il se trompe lourdement notamment pour les enfants issus des colonies du Maghreb et d'Afrique noire musulmane et aussi centrale et de l'ouest, les problèmes des ghettos de banlieue en sont là aussi et dans les familles ont parlent Monsieur ROY si ce n'est que ceux d'Afrique noire pour le moment passe moins à l'actions que eux issus de nos colonies du Maghreb .........Déculturation ? NON NOS POLITIQUES droite et gauche ont une lourde responsabilité par leurs choix géostratégiques et par la politque intéieure (2005 ne leur a pas servi de leçon et ils ne veulent pas du tout en fait ces politiques blancs la dite intégration des 2 ème 3 ème ou xème générations des enfants issus de nos colonies surtout noirs et arabes !

La radicalisation n'est pas la seule conséquence du racisme et de l'héritage colonial, oui, mais surtout, la racisme et l'héritage colonial ne sont pas les seules causes de la radicalisation.

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hum....vous sortez de Normal Sup, c'est évident !

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Le commerce en France ........

https://blogs.mediapart.fr/victorayoli/blog/221016/esclavage-toujours-present-en-mauritanie-mais-pas-seulement-la

 

https://blogs.mediapart.fr/jecmaus/blog/200813/afriqueesclavage-les-versets-du-coran-encourageant-lesclavage-des-non-musulmans-par-les-musulmans

Non, désolé duduche, il ne s'agit pas de l'itinéraire du costa concordia

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https://www.dreuz.info/2013/03/12/hindi-kouch-le-genocide-de-80-millions-dindiens-par-lislam-nest-pas-un-mythe/

http://www.islamisme.fr/hindi-kouch-le-genocide-de-80-millions-dindiens-par-lislam-nest-pas-un-mythe/

Islam modéré (protestantisme d'islam, ou Islam libéral respectueux de la laïcité), ok, Islam intégriste, niet.

Je ne crois pas qu'O.R. veuille dire que "le djihadisme" n'a rien à voir avec la géostratégie du MO. Il sait que ça a évidemment à voir. Sinon la continuité qu'il établit avec les attentats depuis K. Kelkal n'aurait pas de sens, puisqu'ils sont tous liés à cette géopolitique.

Ce qu'il dit précisément d'après le compte rendu c'est que "la dimension mortifère" du djihadisme n'a rien à voir. C'est plus cohérent avec ce qu'il dit par ailleurs,même si ça reste discutable.

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Ce qu'il dit précisément d'après le compte rendu c'est que "la dimension mortifère" du djihadisme n'a rien à voir.

c'est sûr, après avoir vu 200 personnes explosées par une bombe en Irak, rien de mortifère dans les motivations du terrorisme !

Ah les sales traitres

 

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Tiens, une REPUBLICAINE au jardin

Résultat de recherche d'images pour "islamophobie hystérie"

Merci à DUDUCHE : "

La force de l'islam intégriste, c'est d'exprimer extrêmement bien les pulsions animales dans un emballage "spirituel" et "révélé", mais dans un vrai rapport de domination/soumission.

L'humanité n'est pas prête d'en avoir fini avec cette idéologie religieuse et politique qui la parcourt au plus profond de ses tripes et de son sexe, et des pulsions de son coeur, par son sang!

Je pourrai ajouter : Dès l'origine en l'an 600 une nouvelle religion, inventée de toutes pièces par des petits génies de la manipulation  animés d une paranoîa messsianiquemesure, a permis une conquête radicale par le sabre et le sang, pat l'esclage et le pillage. Et aujourd'hui encore des monstre sortent du ventre de cette pieuvre islamique toujours en quête de conquête...

Merci à DUDUCHE : "

La force de l'islam intégriste, c'est d'exprimer extrêmement bien les pulsions animales dans un emballage "spirituel" et "révélé", mais dans un vrai rapport de domination/soumission.

L'humanité n'est pas prête d'en avoir fini avec cette idéologie religieuse et politique qui la parcourt au plus profond de ses tripes et de son sexe, et des pulsions de son coeur, par son sang!

Je pourrai ajouter : Dès l'origine en l'an 600 la nouvelle religion, inventée de toutes pièces par des petits génies de la manipulation  animés d une paranoîa messsianique  a permis une conquête radicale par le sabre et le sang, par l'esclage et le pillage. Et aujourd'hui encore des monstre sortent du ventre de cette pieuvre islamique toujours en quête de conquête...

j'en ai rien à foutre de votre film pornographique gore

Le fait que vous n'en ayez, personnellement, "rien à foutre" de quoi que ce soit a-t-il la moindre importance et pour le débat, et pour tous les autres présents sur mdp ?

Regardez plutôt du côté de la fiscalité... C'est plutôt comme cela que les premiers musulmans ont réussi le tour de force de conquérir leur tessitoire. 

Pour le reste, c'est vraiment bas du front...

 

Quel message voulez-vous faire passer par votre post montrant une femme en maillot de bain  dans un jardin  ?

Le message est très clair, c'est celui des islamistes. Une femme en maillot de bain est impure, prostituée, salope, bref républicaine. Contrairement aux musulmanes si pudiques sous leurs habits de chauves-souris, qui trottinent les yeux baissés derrière leur seigneur et maître.

maxoyo, santa barbara c'est encore trop compliqué pour vous. allez voir maya l'abeille.

semelle usée

Pauvre egalidad!

Oui, cela dépend de ce que l'on veut mettre en évidence par "dimension mortifère". S'il s'agit simplement d'un synonyme de "meurtrier", "sanglant", etc. ce ne serait qu'une banalité, car rien de spécifique ni de nouveau. Roy évoque autre chose, qu'il n'explicite pas assez sans doute, et qui concerne le basculement soudain dans le choix de la mort (y compris la sienne) par des individus dans un contexte culturel (le nôtre, pas celui du M.O.) qui a exclu ce choix.

A rapprocher du point de vue de Scott Altran sur l'EI comme révolution.

...et lycée de Versailles

« Dreuz est un site américain conservateur, chrétien et pro-israélien. Comme nous sommes tout ce que les journalistes détestent, ils nous appellent "fachosphère" ! »... Ce n'est pas moi qui le dis, c'est dreuz.info soi-même !

C'est quoi au juste, la fachosphère ? Selon Wikipedia, et par ordre alphabétique : Boulevard Voltaire, Dreuz.info, Égalité et Réconciliation, Fdesouche, Le Salon beige, LesObservateurs.ch, Medias-presse.info, Nouvelles de France, Novopress, Polémia, Riposte laïque, 24heuresactu... Et moi, j'ajoute JSSnews, officine qui kiffe grave DreuzInfo et dont le fan-club est particulièrement haineux.

Fachosphère haineuse ? Da !... Ceci dit, elle a le droit d'afficher sa haine, because the First Amendment, j'y tiens. Ainsi chacun a-t-il le droit de s'y référer, grand bien lui fasse, et moi, je n'en BLC. 

Je vois que la haine fleuri de manière inquiétante dans ce pays, votre retorique et les image que vous employez sont les mêmes que celles de Vichy... elle concernait alors d'autres sémites. ...

++++

Qu'il vienne donc se noyer dans Médiapart, lui qui surfe si bien sur le Mainstream!

On n'en est qu'au troisième épisode d'une série de dix. Alors ne perdez pas espoir.

Gilles KEPEL sur mediapart quelle bonne idée !

Ce qu'on trouve sur médiapart, c'est aussi un "mainstream". Ce n'est pas parce que c'est celui d'une minorité qu'il est forcément toujours plus légitime et plus fondé que l'autre...

Gilles Kepel ? Désolé, le pipole est surbooké : quand il ne sert pas la soupe chez Dreuz Info, il astique les plateaux de Radio Paris... Voyez ça avec son agent !

Il y aura 10 interventions pour l'instant nous en sommes à trois très diffentes et complémentaires merci à mdp pour la qualité de ces interview

Encore une fois, probable malentendu. Ce n'est pas "la laïcité" qui, mais "son rapport à la laïcité" qui est la forme la plus idéologique explicite de la sécularisation.

Peu importe, le rapport de la France à la laïcité ne peut être l'effet le plus manifeste de la sécularisation.

On ne peut réduire la subjectivité de tout un pays à la seule organisation de sa vie politique.

Le rapport à la laïcité est surtout l'effet de la sécularisation le plus MEDIATISE

La sécularisation est à mon avis surtout postérieure aux premières lois de laïcité et l'effet le plus explicite est l'abandon de la foi, de la pratique religieuse

On peut dire aussi, et je crois que c'est le point de vue d'O.R., que la laïcité est une expression de la sécularisation, qui la précède comme phénomène social.

On peut dire aussi, et je crois que c'est le point de vue d'O.R., que la laïcité est une expression de la sécularisation, qui la précède comme phénomène social.

je l'ai écrit comme vous, un peu avant. On est entièrement d'accord si on considère le gros du mouvement de sécularisation.

Dans ce cas, il faut démonter les cathédrales.

vous le premier, je vous en prie.....

et changez-moi ces jours fériés d'essence religieuse.

Et pour vous, plus de cadeaux à Noël ni de petits oeufs à Paques....!!

laisse tomber maxoyo, laisse parler les intellectuels et va regarder santa barbara

Mâamar Metmati me fait penser à un "Janséniste" de l'Islam.

Tariq Ramadan et le mouvement des Frères musulmans à l'ordre  des "Jésuites".

Ces deux écoles de pensée ne peuvent pas s'entendre.

Elles sont d'accord sur le but ultime, mais ne sont pas d'accord sur la façon d'y arriver.

Et toutes les deux se revendiquent néanmoins de l'Islam.

Média non disponible

 

 

Il ne dit pas que c'est "la laïcité" expulse le religieux, mais plutôt le rapport à la laïcité dominant aujourd'hui, c'est à dire le laïcisme...

Soit dit en passant, votre "si ... si ..."  concernant le voile me semble empreint de laïcisme, justement, parce qu'on ne voit pas clairement ce qui est "à proscrire" concrètement. L'"obligation" et le "marqueur" dont vous parlez ne mettent pas en question la laïcité mais les libertés fondamentales./ Pas besoin de laïcité pour les "proscrire".

Vous me confondez avec maxoyo :

Pour ce qui est du rapport à la laïcité, vous avez raison

Oups, mille excuses, c'est vrai pour mon second §, oubliez-le, donc. 

En fait, Maxoyo voudrait faire le tri entre celles qui porte le voile délibérement et celles qui se soumettent à une injonction.

Il regrette dans le second cas "une politisation du religieux. Je déplorerai d'abord l'atteinte à la dignité de la personne contrainte ; quant aux religieux, il est politique en soi.....

L'autre aspect qui me dérange est ce renvoi à la violence religieuse dans les quartiers, en vérité en milieu pauvre, peu ou pas instruit (?)

En réalité, la violence religieuse est tout ausi vivace en milieu bourgeois ou très aisé ; y compris en contexte chrétien, y compris en contexte musulman.

 

 

Je préfère vraiment les commentaires de DUDUCHE .

Si vos commentaires EGALIDAD sont bien le reflet de votre pensée...Alors...

il vous faut vous réunir avec vous-même au plus vite pour prendre conscience...mais quand on est si content de soi peut-on penser autre chose?..

Egalidad intellectuel. Décidément, on aura tout lu sur MDP!

Maxoyo : « Et la laïcité c'est tout le contraire. A chacun sa religion, ou son absence de religion, à condition que ça reste personnel, que ça n'empiète pas sur la société »... Faux, archifaux !

Loi du 9 décembre 1905 concernant la séparation des Eglises et de l'Etat.

Article 1

La République assure la liberté de conscience. Elle garantit le libre exercice des cultes sous les seules restrictions édictées ci-après dans l'intérêt de l'ordre public.

Article 2

La République ne reconnaît, ne salarie ni ne subventionne aucun culte. En conséquence, à partir du 1er janvier qui suivra la promulgation de la présente loi, seront supprimées des budgets de l'Etat, des départements et des communes, toutes dépenses relatives à l'exercice des cultes.

La laïcité républicaine, c'est ça, ni plus, ni moins ! Et tout ce qui voudrait faire croire le contraire est soit pur délire d'ignare, soit un complot clérical contre la république laïque, une et indivisible.

Exemple d'officine cléricale qui prend sa vessie pour une lanterne laïque : "riposte laïque" et les paroissiens du culte saucisson-pinard.

renvoyer aux poubelles les réactions aux exterminations occidentales au Moyen-Orient, en Afrique ; celles aux racismes structrelles de l'Europe ; celles aux indifférences face aux migrants...

......est faire preuve d'un sens de la nuance qui vire à l'escroquerie idéologique et intellectuelle.

O. Roy ou l'article n'est pas clair. Il passe d'un contexte oriental au contexte français en parlant du "fondamentalisme", concept ici essentialisant, passe-partout

 

Son discours ou l'article est très confu.....

Et de rappeler qu’il n’existe guère de corrélation avec des indicateurs socio-économiques ou psychologiques pour expliquer les motivations des terroristes, puisque la carte du radicalisme ne colle pas avec celle des quartiers difficiles, à part pour Molenbeek

voilà encore une invraisemblable désorientation intellectuelle.....comme s'il fallait appartenir à la communauté paupérisée des quartiers pour décider une action terroriste visant à réagir aux injustices sociales

Du grand n'importe quoi

 

Et de rappeler qu’il n’existe guère de corrélation avec des indicateurs socio-économiques ou psychologiques pour expliquer les motivations des terroristes, puisque la carte du radicalisme ne colle pas avec celle des quartiers difficiles, à part pour Molenbeek.

O. Roy reconnaît lui-même que la rélégation pérenne à la pauvreté par une société (pas seulement les décideurs politiques, les puissants) peut engendrer de telles frustrations et convoitises que l'acte terroriste peut venir à l'idée.

Quand vous écrivez :

"Les terroristes ne s'en prennent pas aux dirigeants, ni même aux agents de  cette injustice, ils s'en prennent à l'humanité en général, considérée non comme oppresseur social, mais comme religieusement impure"

vous donnez évidemment dans la dépolitisation, dans la mystification, dans le camouflage, la négation déklibérée des motivations absolument sociales d'un certain terrorisme.

La paupérisation de populations en France, mais aussi dans la monde entier par les puissances économiques entraînent bien-sûr des frustrations mortifères qui passent à l'acte sur ceux qui d'une part spolient et d'autre part ne partage rien,.

 

de votre côté, vous faites mine de ne pas vouloir comprendre que 1/ daesh s'est aussi construit sur la colère de la guerre irakienne, de tous ces morts, sur des ressentiments 2/ que la revendication daeshienne peut constituer dans l'esprit des terroristes d'ici un simple étendard, une simple référence, marque d'opposition connue à l'Occident, sans réel substrat théologico-politique 3/ que les autorités française ont très bien pu inventer cette revendication

Oui, il y a des tarés, des violents, mais si vous niez la violence de notre société en matière sociale, avec des responsabilités beaucoup plus partagées que ce que vous voulez admettre, vous vous fourvoyés.

Regardez, déjà notre société accepte finalement sans grande difficulté 10 millions de chômeurs. Eux mêmes restent relativement calmes

Renseignez-vous sur la xénophobie en France, ouvrez les yeux, enlevez vos oeillères

Mais l'Etat a bien compris que les choses pourraient s'aggraver et c'est pour cela qu'il a redoublé de violence lors des manifs anti loi travail

 

A votre tour de tout mélanger et de ne rien comprendre. Où avez-vous vu que les terroristes, ceux qu'on connaît ( pas ceux que vous rêvez dans votre version personnelle de la mystique anti-capitaliste ) étaient l'émanation de la pauvreté ? Ceux qui étaient en âge de bosser avaient tous un métier ou vivaient de la délinquance ordinaire.

Olivier Roy reconnaît d'ailleurs que, Molenbeeck mis à part, la provenance des terroristes ne recouvre pas la carte des "cités" représentatives de la pauvreté.

Je vous signale que, contrairement à votre croyance, la pauvreté n'augmente pas dans le monde, et même qu'elle a tendance à diminuer.

J'ai peine à croire qu'un individu à l'intelligence normale puisse trouver une "motivation sociale" à des actes terroristes qui ne visent rien d'autre que l'humanité en général, à l'exception des seuls membres la secte musulmane minuscule dont ils se revendiquent.

En outre, vos gentils terroristes odieusement maltraités par le Grand Kapital ne commettent pas leurs "exploits" pour promouvoir, je ne sais pas, moi, la justice sociale, l'égalité entre les peuples, la lutte des classes... Ils n'ont d'autre motivation que celle d'établir sur terre le règne, la suprématie d'une tendance dérisoirement minoritaire de la communauté islamique. Et accessoirement, d'imposer au monde entier un mode de vie qui était celui des oasis du désert d'Arabie il y a quinze siècles.

Je (stupido) ai été infoutu de retrouver le commentaire affirmant que les mercenaires de Daesh sont de « gentils terroristes odieusement maltraités par le Grand Kapital », et que « leurs "exploits" » (entre guillemets) visent à « promouvoir [...] la justice sociale, l'égalité entre les peuples, la lutte des classes », etc.

Cela m'a sans doute échappé, un manque de discernement que je reconnais volontiers. A l'inverse de beaucoup ici, je suis nul en procès d'intention, et comme vous pouvez le constater, je compense en faisant l'âne pour avoir du son.

Les gentils mercenaires : ces p'tits gars de "l'opposition au régime syrien" dont les mails Clinton causent sans ambiguïté (mais chut !), et dont Laurent Fabius a assuré publiquement que « sur le terrain, ils font du bon boulot »...

Ok, avant exfiltration au Conseil constitutionnel, M. l'ex-Ministre kiffait plus al-Qaïda in Syria qu'al-Qaïda in Iraq, sans doute parce que la franchise AQS est plus clairement certifiée ISO-Base al Qaïda... Preuve que sur le marché  international des Proxy Wars, War Dogs & Co, la concurrence est rude !

Il n'empêche que ces milices sectaires (terminologie DIA, voir ici et ) ont été créées, nourries et armées par l'impérialisme US et ses vassaux. Et ça, tout le monde le sait, sauf Gilles Kepel et... les miliciens troufions, peut-être ?

A mon tour d'avouer ma stupidité. Je ne comprends rien à votre galimatias. Sans doute appartenez-vous à quelque service secret et vous exprimez-vous en langage crypté ?

Procès d'intention : sophisme consistant à invoquer le discrédit sur une personne en lui prêtant des intentions inavouables et condamnables, ce qui est très mal.

Sophisme : argumentation dont la logique est fallacieuse, voir ici, et néammoins fort prisée dans les forums politiques dont commentaires sur Médiapart.

Al-Qaïda, arabe : القاعدة al-qāʿida, littéralement « la Base » : organisation militaire terroriste fondée en 1987 par le cheikh Abdullah Yusuf Azzam et son élève Oussama ben Laden (milliardaire saoudien), pour mener en Afghanistan et au Moyen-Orient la "proxy war" de l'impérialisme US contre l'URSS.

Proxy War (guerre par procuration) : expression créée par Zbigniew Brzeziński, conseiller du président Jimmy Carter, pour désigner en anglais toute guerre où deux impérialismes s'affrontent, mais indirectement, en soutenant financièrement ou matériellement d'autres puissances ou groupes militaires qui, eux, sont en conflit direct sur le terrain.

Mercenaire : combattant recruté moyennant finance par un État, une entreprise, un mouvement politique ou toute autre organisation légale ou non, en-dehors du système statutaire de recrutement militaire d'un pays.

Laurent Fabius : ministre des affaires étrangères (2012-2016) des gouvernements Hollande, très impliqué dans le conflit syrien, car fervent soutien de "l'opposition modérée" et néammoins lourdement armée.

Exemple : al-Qaïda en Syrie, alias Jabhat al-Nusra, alias Jabhat Fatah al-Sham, et ses missiles TOW (made in USA), Milan (made in France), etc.

Missile Milan : https://www.youtube.com/watch?v=9eXPa4PijRM

DIA : Defense Intelligence Agency, la CIA de l'armée américaine, une agence dont les analystes étudient les enjeux géopolitiques et les consigne dans des rapports classés "Secret Défense", certains pouvant être partiellement déclassifiés suite à action en justice d'une ONG, du moins dans les pays où la société civile n'est pas entièrement composée de bénis-oui-oui... Exemple :

http://www.judicialwatch.org/wp-content/uploads/2015/05/...pdf

https://blogs.mediapart.fr/gabas/blog?page=4  (✿ sous-titres disponibles)

La géopolitique selon George Friedman, fondateur et pédégé de Stratfor (Strategy and Forecast) : https://www.youtube.com/watch?v=emCEfEYom4A

Stratfor : https://www.youtube.com/watch?v=DEyYv--t2X4

Merci de votre cours de morale. Pour le cours de géopolitique, vous pourrez repasser : j'ai beau mettre votre traduction en face vos phrases, je n'y entrave que pouic. Relisez-vous. Il ne suffit pas de jouer les profs pour être pédagogue...

J'exemple :

"Ok, avant exfiltration au Conseil constitutionnel, M. l'ex-Ministre kiffait plus al-Qaïda in Syria qu'al-Qaïda in Iraq, sans doute parce que la franchise AQS est plus clairement certifiée ISO-Base al Qaïda... Preuve que sur le marché  international des Proxy Wars, War Dogs & Co, la concurrence est rude !"

Que signifie ce charabia ?

... et où avez-vous vu un "procès d'intention" ?

Mon charabia vous aurait-il fâché ? Le vôtre serait-il aussi susceptible que celui d'un agent de police ?

M'sieur Florestan n'entrave que pouic, avoue-t-il... grand bien lui fasse !

Je vous repose ma question : où avez vous pêché cette affirmation selon laquelle les mercenaires de Daesh seraient de « gentils terroristes odieusement maltraités par le Grand Kapital » dont les  « "exploits" » viseraient à « promouvoir [...] la justice sociale, l'égalité entre les peuples, la lutte des classes » ????

Vous n'avez pas daigné y répondre, donc permettez que je le fasse à votre place : ni chez Egalidad, ni nulle part ailleurs que chez vous ! « Vos gentils terroristes », avez-vous écrit, et là est le procès d'intention... Ou alors, projection freudienne ?

Où avez-vous pris que ma phrase était une citation ? Je me suis contenté de traduire en langage clair les contorsions sémantiques d'Egalidad, visant à exonérer des terroristes qui ont commis les abominations que tout le monde sait, et qui n'ont quand même pas dû échapper à votre expertise cosmopolitique.

Mais je crois comprendre que ce qui est clair vous fait mal aux yeux.

Leroy-Kepel, non ?

'Même les martiens sont voilés !.........C ' est vous dire ma pov' dame !'

richard-bonobo-18-2

Il faut savoir respecter les différences

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Ils ont atteri en Iran.

  • Nouveau
  • 06/11/2016 21:02
  • Par

l'africain, c'est à dire le noir et le nord-africain, et à travers eux l'islam, ne sont-ils pas là pour cacher l'avénement tant attendu, par les français entre autres, d'un nouveau dictateur oocidental : Trump ?

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DUDUCHE Merci pour vos commentaires. Quelle documentation !

Des images , des videos, des liens...plein de choses utiles.

Au fond le plus intéresssant dans MEDIAPART, plus que les articles eux-mêmes se sont certains commentaires. Merci DUDUCHE

Une famille-secte, Assad, a pillé et détruit la Syrie et les syriens, donnant naissance à Daesh.  Une famille fondamentaliste, Bush,  a détruit l'Irak et les irakiens, donnant naissance au meme Daesh. Une société profondément raciste, la France ( unique à allaiter depuis 30 ans un parti d'extreme droite issu de l'Oas coloniale), a exploité puis exclu les familles immigrés et leurs enfants, donnant naissance a des décérébrés convertissable en ligne.Tout le reste n'est que litté-ratures et mercato éditorial.

"Une société profondément raciste, la France ( unique à allaiter depuis 30 ans un parti d'extreme droite issu de l'Oas coloniale)"

La France n'est pas profondément raciste. Je FN fait 25/30% des électeurs, c'est à dire stagne à 12 ou 15 %. Sans les attentats islamistes, les embuscades contre les pompiers et les flics, qui sont une bénédiction pour lui, il serait à 7ou 8%.

Et les partis d'extrême-droite ou identitaires sont beaucoup plus présents en Europe centrale, ou en Autriche.

Très intéressant, merci. 

Vision plus sociologique qui évacue un peu vite (mais ce n'était pas le propos) les questions de geo-politique et de conflits d'intérêts qui ont permis à cet islam radical de s' étendre.  Mais qui met bien en évidence des points peu étudiés jusqu'à présent.  Celui du "mythe" de l'Islam des origines et de l'impossible reconstruction du Dar El Islam sur lequel s' appuie pourtant Daesh (et une bonne partie du salafisme aussi). Celui du lien entre les deux,  ni si clairement étanche,  ni si clairement ouvert qu'il n'y paraît.  La comparaison entre le nihilisme de cette jeune radicalisation avec celle de certains mouvements d'extrême-gauche des années 70-80.  Cette question de la révolution sans peuple,  je me la suis d'ailleurs souvent posée dans la continuité qu'il m'a parfois semblé déceler entre ceux qui en furent les sympathisants à cette époque et la fascination qu'ils entretiennent aujourd'hui pour ce qui leur semble être devenu un peuple ( musulman, unique,  alors qu'il est multiple) sans révolution,  également, puisque celle-ci se joue contre lui et à ses franges,  comme le rappelle très justement l'auteur. 

Je serai plus réservée sur la question de la  réintroduction possible du religieux qui fait sens.  Il fait sens pour de nombreux musulmans sans qu'il soit besoin de lui laisser ( ni à d'autres religions d'ailleurs) plus de visibilité dans l'espace public.  Ceux qui veulent croire et pratiquer le font,  et bien évidemment ce ne sont pas ceux-là (l'auteur le rappelle d'ailleurs) qui ont une véritable culture et pratique de leur croyance qui se tournent vers les formes radicales.

Enfin, la question de la seconde génération m'interroge.  Il me semble qu'on peut très largement trouver cette forme dans des troisièmes générations,  et l'acculturation qui n'a pas affecté la génération précédente,  dans ces cas-là,  apparaît alors davantage comme un "signe"des temps (économique,  politique,  socio-culturel).

Processus que je verrais comme plus complexe. Mais, quoi qu'il en soit,  bien pensé,  construit et argumenté.  On appellerait de nos voeux cette confrontation entre les différents points de vue ici exprimés (celui-ci et le précédent) et Kepel.  Ce serait très instructif. 

 

 

Ce compte rendu (ou est-ce plutot le livre de Roy?) pose plus de questions qu'il n'en resout... j'en ai peur.

Que veut dire « islamisation de la radicalité »? De quelle radicalité parle-t-on? Et comment se radicalise-t-elle? Radicalité politique? Mais ou existe-t-elle aujourd'hui ? Nulle part sans doute et c'est plutot de ce vide que nait une nouvelle forme de terrorisme apolitique et finalement quasi-athée.

Quelle est cette « nouvelle génération » de djihadistes ayant émergé depuis 2005, fruit d’une focalisation « sur la théologie et donc sur les textes »

N'est-ce pas tout le contraire aujourd'hui chez des jeunes qui viennent des milieux de la délinquance et qui font le choix heroique et désespéré de la violence et se rattachent 'in extremis' (le cas de le dire) a l'islam sans en avoir aucunement la culture?

Que 'la dimension mortifère du djihadisme contemporain « n’ait rien à voir avec la géostratégie du Moyen-Orient, qui a sa logique propre » est... une parfaite idiotie ! Parce que la geostrategie au proche orient est (depuis au moins un siecle) la base sur laquelle s'est construite toute notre culture de domination et de pillage et parce que c'est bien son échec flagrant et déflagrant qui nous revient aujourd'hui dans la figure, et je ne parle pas seulement de terrorisme mais du probleme énorme des réfugiés, et finalement de crise generale de la politique, de la légitimité, des discours, etc.

Ne parlons pas de cause et d'effet, mais il y a bien la un monstre, et ce monstre est en train de faire exploser toute notre magnifique construction humaniste (d'ou d'ailleurs les urgentes recherches sur l'échec et la fin du projet humaniste anthropocentriste et androcentriste, menées principalement par les feministes).

Par contre j'adhere plutot a l'idée du « sécularisme triomphant... qui explique en grande partie la reconstruction du religieux sous forme fondamentaliste et peut permettre de saisir pourquoi la France est particulièrement visée. »

Il y a bien une stupidité soit disant republicaine qui fait beaucoup de degats aujourd'hui notamment a travers les surencheres imbeciles et instrumentalisées sur le voile, etc.

Je suis intéressé aussi par la notion de "projet apocalyptique"... mais a condition de preciser que ce projet est d'abord NOTRE projet, c'est a dire le projet post-colonialiste et capitaliste devenu fou qui semble etre aujourd'hui notre seul horizon politique... et dont le terrorisme n'est finalement qu'un pale echo.

Enfin, si "il n’existe guère de corrélation avec des indicateurs socio-économiques ou psychologiques pour expliquer les motivations des terroristes"... c'est tres probablement... que les indicateurs ont tort!

Pour mettre un terme a ce trop long commentaire (mea culpa mais l'exercice est difficile!) … « donner une visibilité religieuse aux musulmans en ascension sociale » ne me parait pas forcement LA solution (qui, d'ailleurs, la mettrait en place, et comment?), puisque ce sont justement ceux parmi les musulmans qui en ont le moins besoin !

Finalement, il est probablement vain de vouloir isoler le terrorisme djihadiste comme objet d'étude (universitaire). La situation est complexe (un complexe), explosion du politique du au primat absolu de la finance, catastrophe écologique annoncée et qui se confirme dans chaque decision politique, cynisme des oligarchies financieres, manque total de projet pour les jeunes generations, militarisme et vente d'armes parvenus a une hauteur jamais egalés, et pour finir, cerise sur ce gateau cauchemardesque, cynisme affiché et publié d'un president de la republique...

Ne ne faites pas dire qu'un essai sur le sujet doive envisager toutes les ramifications du probleme (ce qui serait un projet impossible, un peu du meme ordre que de tracer une carte du monde a l'echelle un) ! Entendez plutot que de vouloir detacher son objet en tranchant abruptement a coups de sabre de droite et de gauche est absurde… et que les debats intra-universitaires ont peu d'intéret.

Comprendre mieux ce qui est en jeu avec l'islam est un vaste projet... qui est d'ailleurs a porter au credit de mediapart (contrairement au projet Hillary Clinton, qui m'a semblé bien peu critique.) 

Je propose finalement... qu'on ne retienne pas le texte de Olivier Roy pour publication ! ;-)

 

 

 

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... disons différentes, puisque l'un (Roy) fait dans le social-psychologisme pour évaluer le djihadisme à l'aune des "pieds nickelés" et l'autre (Burgat) dans le géopolitisme "tiers-mondiste" pour politiser les supposés nihilistes.

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Olivier Roy dit l'essentiel: que le nihilisme contemporain est l'oeil du cyclone. Mais cet oeil est aussi sa tache aveugle. Car nul n'analyse les causes de ce nihilisme. Aurait il à voir avec la cupidité pathologique de nos sociétés? Avec le lavage de cerveau publicitaire à base de violence et de sexe déculturés? Avec la démonétisation de tous les récits de transformation sociale? Peut être le sujet du prochain invité de Médiapart?

Nihilisme ? Ou anomie ?  Ou contradictions invivables, entre promesses et options réelles,   entre valeurs mutuellement incompatibles ? Sans même parler de tout ce qu'on met habituellement sur le dos du néolibéralisme (hyperindividualisme, compétition généralisée, extension indéfinie du domaine de la lutte, etc.), la "sexualité" est porteuse d'une contradiction majeure: d'une part valeur centrale dans la culture, avec l'injonction à l'orgasme (plus importante que la rolex à 50 ans pour ne pas avoir raté sa vie) et les identités personnelles fondées sur l"'orientation sexuelle", d'autre part prostitution généralisée de cette "valeur" dans la vie sociale (un objet doit être sexy pour être désirable, de même qu'une personne pour réussir socialement ou même être simplement employable (le charisme étant indexé sur la capacité à être un partenaire sexuel potentiel sans le devenir dans la réalité...). Idem pour la "violence", sauf que c'est à l'envers : proscrite dans les valeurs, héroïsée dans le spectacle.

Scott Altran rejette ce "nihilisme" pour interpréter le djihadisme, et je crois qu'il a raison. Si Olivier Roy veut dire qu'il faut chercher ailleurs que dans le Coran ou la géopolitique et considérer nos propres contradictions, il peut le faire sans invoquer le "nihilisme" qui ne dit rien (!) de ces contradictions.

Si Médiapart pouvait de nouveau ou plutôt, à nouveau inviter Scott Atran... 

Disons perte de sens dans tous les cas. Que Daech soit seul sur le "marché" du sens de la vie avec ses productions kitsch trash en dit long sur l'épuisement de notre culture.

Le point de vue qu’expose ici Olivier Roy sur la nature psychopathologique des actes djihadistes présente à mon avis un double défaut : de confusion sur son identification et de sous-estimation culturelle.

 

Nihilisme djihadiste

Pour Olivier Roy, le nihilisme des djihadistes est évident. Les Combattants d’Allah seraient avant toute chose des suicidaires, car ils ne projettent aucune issue de survie à leur lutte : « Ils se tuent tous, pour aucun d’entre eux il n’y a de plan B ». Leur attitude n’étant accompagnée d’aucune perspective politique (ce qui reste à démontrer), elle manifesterait une ferveur particulière pour la mort et la fascination pour l’apocalypse : « Il y a un nihilisme générationnel ».

Cette analyse est infirmée par l’étude psychanalytique qui distingue la violence de ce type de celle, caractéristique, de la nécrophilie avec laquelle Olivier Roy la confond. Chez le nécrophile, en effet, obsédé par l’ordre, l’obéissance et la nostalgie du passé (Eichmann, par exemple), la fascination pour la mort s’exprime par une excitation devant tout ce qui lui est associé : cadavre, décomposition, etc., par rapport à quoi le passage à l’acte est un élément d’assouvissement supplémentaire et supérieur. Ce profil n’est pas celui du djihadiste.

La violence qui consiste à propager la mort par le sang de manière compulsive, qualifiée de soif de sang par Erich Fromm, répond à une sentiment insurmontable d’impuissance et à une volonté de vengeance sur la vie. Par sa sauvagerie, la satisfaction de tuer rappelle celle du meurtre nécrophile, mais les motivations sont différentes : le sang versé est le prix à payer pour « fertiliser la vie ». L’individu qui s’y livre a entamé une régression psychique à un état de pré-individualisation de la personnalité où la fureur homicide permet de «  transcender la vie, dans la mesure où il a peur d’aller de l’avant et de développer ses facultés pleinement humaines. […] Le meurtre devient l’ivresse suprême, le grand acte d’affirmation de soi-même au niveau le plus archaïque de la personnalité » (Erich Fromm, Le Cœur de l’homme, Payot, 2011, p.40). Fromm précise cependant que l’aboutissement au carnage ne constitue pas une fatalité, car un individu pouvant arriver rapidement à un niveau aussi archaïque est capable, selon lui, « d’atteindre ensuite le stade le plus élevé de l’évolution individuelle » si les possibilités de déblocage mental se présentent, ce qui est improbable dans l’autre cas. Cette détermination narcissique peut prétendre à toutes les justifications idéales, peu importe. La mort est acceptée comme une conséquence de la détermination acquise, bien qu’elle ne soit pas une finalité : « L’individu en proie à cette fureur homicide n’a le choix qu’entre deux solutions : tuer ou être tué. Telles sont les lois de l’équilibre dans les couches archaïques du vivant : on tue le plus grand nombre de gens possible puis, une fois qu’on s’est ainsi rassasié de sang, on est prêt à être tué. Sous cet angle, l’essence du meurtre ne réside pas dans l’amour de la mort mais dans une affirmation d’être qui permet de transcender la vie, ce sous le signe d’une régression abyssale. Ce type de violence se rencontre aussi bien au niveau de l’individu […] qu’à celui du groupe : ainsi nous pouvons observer ce phénomène en temps de guerre — civile ou internationale — chez un petit nombre de personnes, lorsqu’il y a levée des inhibitions sociales habituelles en raison des circonstances » (ibid., p.41).

En créditant de nihiliste la motivation du djihad, Roy en restreint le drame initial et le caractère ambivalent particuliers. Certes, il complète son affirmation par l’observation d’une « déculturation » sociale des combattants terroristes, mais c’est pour en confiner aussitôt la portée au cercle domestique où la religion tomberait en désuétude. L’islam interviendrait dans ce jeu seulement comme substitut à la communauté défaillante et n’aurait de valeur que d’être le prétexte à s’adonner à la mort.

 

Islam fantôme

Pour Roy, le djihadiste à la recherche de la mort se greffe par opportunisme sur la religion de ses ancêtres et sa téléologie apocalyptique : l’islam ne serait pas en mesure de l’intéresser plus que ça, raison pour laquelle le porteur du glaive au nom de Dieu ne peut être considéré comme un vrai salafiste, respectueux des préceptes. « Tous les djihadistes sont des born-again », assure-t-il, des croyants de seconde zone négligeables, même s’ils anticipent pieusement de racheter leurs fautes à l’heure du jugement dernier : cette contradiction avec l’indifférence nihiliste n’apparaît pas à ses yeux. Mais son appréciation de l’islam est également sélective. Car s’il se développe sensiblement dans les pays arabes et au-delà, que ce soit dans les institutions, la vie civile ou la finance, l’islam ne présente pas pour lui un facteur de progression digne d’opérer des distinctions nécessaires. La psychanalyse rappelle que les religions furent à leurs débuts un moyen de réduire la folie narcissique des sociétés humaines, en s’opposant notamment au culte de la force et à celui des idoles. Mais elles-mêmes eurent tôt fait de devenir à leur tour l’objet d’un investissement narcissique effréné en consacrant Dieu comme une idole. C’est bien au nom d’une idole que les djihadistes combattent. En présentant le divin comme l’entité suprême dont le fidèle est appelé à servir aveuglément les desseins, l’islam salafiste se prête à l’interprétation sectaire des djihadistes et justifie qu’ils soient considérés comme leurs proches. Il n’y a pas, chez eux, d’islam en posture d’évanescence, un islam fantôme qui s’effacerait derrière la frayeur attirante de l’apocalypse, mais le recours désespéré à son Dieu comme idole.

 

Si "c'est bien au nom d'une idole que les djihadistes combattent", pourquoi ne pas aller au plus court de Kepel en nommant cette idole... Gauchisme ! Non seulement vous donneriez un semblant de substance au fumeux concept d'islamo-gauchisme, mais encore, vous embelliriez par défaut le méta-concept d'icône cher à Jean-Luc Marion (je pense à son magnifique Dieu sans l'être).

Icône (l'image visible du dieu invisible) versus Idole (l'image qui se refuse au regard de Dieu), c'est à ça que les croisés kepeliens pensent?

Je ne vois pas pourquoi poser le problème de l’idolâtrie fanatique voudrait dire qu’on menace la gauche. D’autant plus que le fondamentalisme porte à droite. L’islam de Roy est idéalisé, sa perception de la religion du djihad est celle d’un islam fantôme. Escamoter les contradictions de la pratique actuelle de l’islam lui permet de se rassurer sur l’intégration de la communauté arabo-musulmane en France. On peut partager cette aspiration sans devoir s’abriter derrière des passe-droits idéologiques.

Menacer la gauche? Là, vous vous trompez de porte: je suis un populiste. D'autant qu'il ne faudrait pas confondre gauchiste et gauchisant... Or, des islamo-gauchistes, y en a que dans les bandes dessinées de Kepel & Co., le munitionnaire lettré des oligarques en guerre ou plutôt "en police" du proche, moyen et lointain Orient... et de nos cités populaires.

Comme l'idolâtrie est toujours celle de l'autre, on pourrait penser en rond longtemps. C'est pourquoi il me semble que l'icône (pointée par Marion) serait une sortie par le haut, aussi bien pour les djihadistes que pour les idéologistes version Kepel. Si Dieu pouvait les envisager, ça serait enfin la preuve de son existence.

Que la paix soit avec eux!

J’entends bien que vous ne m’avez pas sonné (je me suis « trompé de porte »), cependant, puisque vous semblez accorder votre confiance à un philosophe chrétien qui invite à s’interroger sur l’explicitation de la foi et l’effort de conscience du retour au Verbe, je vous suggère d’examiner objectivement ce fait : comment justifiez-vous que soit cautionnés à gauche sans réserve critique les dogmes du Dieu sans association possible et celui selon lequel il privilégie de s’adresser à la communauté musulmane de l’oumma ? Ces deux préceptes fondamentaux du salafisme, également enregistrés tels quels par une tradition figée, ne peuvent qu’entrer en collision avec les autres religions, notamment celle de Marion, et avec la civilité laïque, où que ce soit. Une gauche conséquente, au lieu d’en attiser la nature conflictuelle en abandonnant le terme de racisme anti-arabe pour celui, identitaire, d’islamophobie, devrait s’employer à ménager entre les communautés l’esprit d’une unité politique. Rien de tout cela chez les « islamo-gauchistes » qui, comme leur nom l’indique, choisissent le parti pris, en soutenant qu’un islam empêtré dans ses contradictions impose par un concept propagandiste l’introduction d’un interdit public sur ses occlusions théologiques. Procéder ainsi, c’est inciter au conflit et manifester une bien piètre considération pour la religion de ceux que l’on dit vouloir défendre. Cela vous convient peut-être, pour ma part je n’ai aucune raison de m’y résoudre, ayant l’heur de jouir d’une appréciable indépendance intellectuelle. Je récuse donc (comme Gilles Kepel, vous le remarquerez) l’emploi indistinct de ce concept d’« islamophobie » qui me paraît facteur de haine, mais aussi bien extravagant pour une société se targuant de promouvoir la liberté d’expression et le dialogue.

Euh, vous ne m'avez pas sonné non plus, mais permettez que je m'étonne.

"Une gauche conséquente, au lieu d’en attiser la nature conflictuelle en abandonnant le concept de racisme anti-arabe pour celui, identitaire, d’islamophobie, devrait s’employer à ménager entre les communautés l’esprit d’une unité politique".

Où avez-vous vu qu'il fallait abandonner l'un pour l'autre ? Les deux phénomènes coexistent, parfois distincts, parfois conjugués. Il y a du racisme anti-arabe, et pas qu'un peu, qui se masque en "critique de l'islam". Mais il y a aussi des islamophobes sincèrement anti-racistes. Il faut bien deux concepts distincts pour en rendre compte.

Pour cela, évidemment, il faut admettre que l'islamophobie est distincte d'une "critique de l'islam" et qu'elle désigne la crainte-aversion de la présence visible de l'islam et des musulmans.

Et où est cette Gauche "islamo-gauchiste" que vous fantasmez  " soutenant qu’un islam empêtré dans ses contradictions impose par un concept propagandiste l’introduction d’un interdit public sur ses occlusions théologiques" ? Ce serait qui, et disant quoi exactement ?

Puisque vous critiquez "l’emploi indistinct de ce concept d’« islamophobie", pourquoi êtes-vous vous-même si indistinct dans vos concepts ?

Ah, ce n’est pas moi qui abandonne le terme de racisme anti-arabe, mais convenez que son emploi se raréfie au profit de celui d’« islamophobie » ! Je n’en suis pas responsable, voyez-vous ?

Vous me demandez où est cette gauche que l’on dit « islamo-gauchiste ». Mais vous en avez un exemple ici-même, où je serais bien étonné que l’on s’active du jour au lendemain à inviter des Boualem Sansal, Kamel Daoud ou Hamid Zanaz en complément des tribunes ouvertes aux habituels usagers de l’« islamophobie ».

Vous me reprochez enfin de faire un emploi indistinct de concepts tels que celui que je viens de demander à Jean Guinard de réévaluer. Cette figure de rhétorique ne permet pas de se dédouaner d’aborder ma question initiale. Je la reformule à votre adresse pour que l’on ne s’égare pas dans des anathèmes de surface : comment justifiez-vous que des représentants de la gauche critique se refusent à émettre un avis sur les aspects dogmatiques d’une religion propres à générer des dissensions populaires ? Ce ne devrait pas être insurmontable à votre esprit critique.

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"son emploi se raréfie au profit de celui d’« islamophobie »."  Pas vraiment, puisqu'une majorité de la Gauche refuse le terme d'islamophobie et s'affirme anti-raciste : elle continue donc à combattre le racisme anti-arabe en tant que tel, et affirme que sa "critique de l'islam" n'est pas islamophobe.

"comment justifiez-vous que des représentants de la gauche critique se refusent à émettre un avis sur les aspects dogmatiques d’une religion propres à générer des dissensions populaires?

Si c'est ça la question, je ne vois pas comment y répondre puisque je n'ai pas entendu "des représentants de la gauche critique se refuser à émettre un avis sur les aspects dogmatiques" de l'islam. Personne ne s'en prive, me semble-t-il. Cela apparaîtrait plus clairement si vous étiez plus "clair et distinct" sur les "aspects dogmatiques" auxquels vous pensez.

« Une majorité de la Gauche refuse le terme d’islamophobie et s’affirme anti-raciste. »

Je voudrais vous croire, mais à constater l’empressement de la chorale morale à gauche à faire taire le malheureux qui suggère une réserve sur ce terme, on voit bien que c’est verrouillé à bloc. Ça désole certains philosophes étrangers, d’ailleurs, comme Peter Sloterdijk qui a conclu à un blocage de la pensée intellectuelle en France. L’origine du non-dit qui couve sous ce terme tient pour une large part à l’implantation naissante du lobby musulman dont la stratégie d’intimidation des observateurs critiques passe par l’accusation infamante d’« islamophobie » : efficace car elle suggère l’imposture d’un esprit perverti. Les dessinateurs de Charlie-hebdo en ont subi les conséquences.

« Je n’ai pas entendu "des représentants de la gauche critique se refuser à émettre un avis sur les aspects dogmatiques" de l’islam. »

Je ne sais pas où vous voyez un débat à gauche sur la manière de faire progresser l’islam. La plupart du temps, d’ailleurs, les journalistes qui traitent du sujet en ont une connaissance limitée. Le terrorisme intellectuel dissuade les écrivains et les penseurs qui se sont forgés un avis contradictoire de l’exprimer librement.

« Cela apparaîtrait plus clairement si vous étiez plus clair et distinct sur les "aspects dogmatiques" auxquels vous pensez. »

J’ai nommément pris l’exemple de deux fondamentaux susceptibles de générer des conflits sociaux, dans ma réponse du 08/11/2016, 16h 05 à Jean Guinard, sur laquelle vous vous êtes greffé : la notion de Dieu unique absolu, qui condamne qu’on pratique son association avec une représentation ou une entité quelconque ; celle de l’oumma planétaire, appelée à prendre le pas sur l’humain universel. Pour justifier leur passage à l’acte criminel, les salafistes djihadistes invoquent couramment la vengeance de l’humiliation faite à Dieu et à l’oumma. Leurs pendants quiétistes réprouvent leur méthode mais endossent l’idée de contrevenir à cette humiliation considérée comme grave, et les Fréristes également. L’unanimité avec laquelle la mouvance islamo-gauchiste s’abstient de se prononcer sur la stagnation théologique de l’islam, tandis que des intellectuels arabes essayent de produire un aggiornamento religieux favorable à la vie intercommunautaire et que d’autres s’attachent à faciliter sa tolérance à l’égard de la sécularisation, pose le problème de ses intentions lorsqu’elle participe, au contraire, à la validation sans nuances d’un concept aux finalités immunitaires.

"L’origine du non-dit qui couve sous ce terme tient pour beaucoup à l’implantation naissante du lobby musulman dont ......   blaa blaa blaa". Rien de plus précis, de plus clair et distinct ? Ah, si, Charlie... Alors c'est la faute des islamo-gauchistes ?  Vous vous pissez dessus.

"Le terrorisme intellectuel dissuade les.... blaa blaaa blaaa". Mais encore ? Vous n'êtes apparemment pas en mesure d'être plus clair.

"La gauche radicale n'a pas levé le petit doigt" sur quoi précisément ?

Vous vouliez du binaire, alors forcément c’est compliqué...

Et si on faisait "progresser l'islam" en se réglant sur Marion (JL bien sûr, et non Perrine). Peut-être que Kepel en serait vite pour ses frais...

Car tout se passe comme si le Texte musulman n'était qu'une idole, pour GK - une idole qu'il généalogise et personnalise pour mieux affirmer son intarissable filature policière. La revanche de Dieu, qu'il dit!... En un sens, GK est cet idolâtre qui adore un Texte aux fins de trouver sa raison fondamentale: éclairer l'Acteur (les fameux djihadistes) - la raison seconde (technologiste - c'est la faute à Internet!) suivrait alors comme le plaisir chez Aristote.

Ainsi, le Texte éclairait l'Acteur musulman, et on nous cachait tout?... Car GK apparaît comme littéralement fasciné par le Texte, c'est son idole (à lui) qui se voit et ne peut que se voir, et c'est bien à lui parce que ce Texte ne dépend que de son regard. Voilà une idole qui satisfait pleinement GK puisque si son regard ne désirait s'y satisfaire, le Texte n'aurait à ses yeux aucune dignité. En un mot qui tue: c'est le regard seul de GK qui fait du Texte une idole. 

Selon Marion, l'idole serait un miroir invisible qui éblouit le regard. Mais pour autant, l'idolâtre Kepel ne dupe jamais ni ne se trouve dupé par ce miroir invisible: il est simplement ravi. Aussi pareil miroir ne saurait admettre, selon lui, un au-delà : surtout pas du Politiquesurtout pas la Domination Nord/Sud, encore moins "le Retour du Sud" (Burgat).

Maintenant, imaginons avec Marion que ce Texte (pure Lettre & simple Grammaire pour l'idolâtre GK) ne soit plus une idole mais une icône. Est-ce que ça ne ferait pas un peu "progresser l'islam", si le musulman y croyait, se retrouvant "envisagé" par le Texte? Au grand dam de GK, ce Texte serait... l'icône du Dieu invisible! Avec ce qui s'en suit: présenté par cette icône, le dieu invisible demeure toujours invisible, donc non représentable. En vérité, cette icône-texte tenterait de rendre visible l'invisible comme tel, justement pour ne pas le représenter. Cette icône ne montrerait rien, non, elle en remontrerait au regard afin qu'il se surpasse en vue de l'invisible.

Alors pourquoi diable ce Texte n'envisagerait pas le musulman qui regarde et veut croire? S'il y va d'une icône, le Texte lui montrerait un "visage ouvert à vénérer"... sans adorer. Ce musulman entrerait alors dans l'œil du Texte - non pas pour faire de la Lettre et de la Grammaire mais du Lexique, comme dit Burgat, ouvert sur une "pluralité d'agir"... Notre musulman serait ainsi très loin de l'idolâtrie kepelienne.

 

 

Je crois que vous vous méprenez sur le travail de Gilles Kepel, qui consiste, après avoir abordé l’intégration de la population musulmane en France et la progression du religieux dans le monde, à étudier les évolutions du fondamentalisme islamique et la validité de sa stratégie. Jamais nulle part vous ne trouverez le dénigrement de l’islam en soi. Je suppose que c’est son remarquable ouvrage sur la résurgence de l’extrémisme religieux dans ses différentes versions monothéistes depuis la fin du XXe siècle : La Revanche de Dieu, qui vous a heurté par ses allégations.

Le plan d’analyse diffère avec Olivier Roy, qui développe l’argumentaire de la défaillance spirituelle et sociale de l’Occident comme cause première du djihadisme dont la généalogie religieuse n’aurait pas lieu d’être approfondie. Le raisonnement de fond se prête plus favorablement à une interprétation idéologique puisque la notion de radicalisme organise toute l’explication : la perspective sociale accordée aux djihadistes est toujours conçue relativement à un engagement révolutionnaire aux côtés de l’ultragauche, pour lequel ils ne présenteraient pas de dispositions suffisantes car, dit-il, « il faut avoir lu », ce dont il les croit incapables. Il les juge ainsi prisonniers à leur corps défendant de valeurs conservatrices, en révolte armée contre l’expression du progrès tel qu’il s’est manifesté dans les années 1970. Des « paumés » autrement dit, en manque de raison politique. On comprend que ses analyses soient jugées un peu courtes par des confrères islamologues.

Pas d'accord, le travail de GK est une lecture d'idéologiste: un Texte, une Idée, un Monde. Son sociologisme vient seulement par surcroît.

Sa technicité Lettre & Grammaire n'est pas à mettre en doute, simplement il y a bien mieux à faire ... sauf à vouloir être l'idéologue des Dominants. Et là, on peut dire que GK a réussi.

"la perspective sociale envisagée pour les djihadistes est toujours relative à un engagement révolutionnaire aux côtés de l’ultragauche..." Qui dit ça, Roy ?

Les perspectives de Kepel et Roy sont en fait complémentaires. De même dans les années 1970, les uns ont basculé dans le terrorisme en se référant aux fondamentaux du socialisme et aux textes sacrés, d'autres les ont condamnés au nom des mêmes références. Ce n'était pas dans ces fondamentaux que se trouvaient les clefs, en Italie et en Allemagne, mais dans une révolte générationnelle contre les compromissions des pères avec le fascisme et le nazisme. Chercher des explications dans le manifeste communiste à l'époque était aussi trompeur que les chercher aujourd'hui dans le Coran. Confondre la Rote Armee Fraktion et les Brigate Rosse avec les mouvements communistes était aussi dangereux que de confondre aujourd'hui les djihadistes et les Frères Musulmans.

« Confondre la Rote Armee Fraktion et les Brigate Rosse avec les mouvements communistes était aussi dangereux que de confondre aujourd’hui les djihadistes et les Frères Musulmans. »

Sauf que d’universel communiste chez les Frères musulmans, il n’y a point.

Pas la question. Il s'agissait de ne pas confondre, même en détestant  l'"universel" communiste. Idem aujourd'hui, même si vous détestez l'"universel" des Frères.

J’ai bien compris... Il n’y a pas d’« universel des Frères » comme vous voudriez le croire : la question n’est pas de le détester ou pas, il n’y en a pas. Vous projetez votre humanisme marxiste sur un mouvement religieux qui conçoit la félicité de l’ordre social à l’aune de la hiérarchie des croyances : la oumma au sommet, les fidèles des deux autres religions du Livre ensuite, et un pallier inférieur pour les païens, les agnostiques et les incroyants. Si vous vous estimez de tendance communiste, je n’ai pas besoin de vous préciser dans quelle catégorie sociale vous vous rangez. À chaque section, le pouvoir délivre des droits sociaux particuliers qui vont du plus au moindre. Ça vous paraît peut-être invraisemblable, mais c’est la loi conforme à la volonté de Dieu que ce mouvement aspire à instaurer dans une République islamique. J’ai l’impression que vous avez du mal à le concevoir, cela.

"Il n’y a pas d’« universel des Frères » comme vous voudriez le croire :"  Je ne veux rien croire du tout, j'observe simplement que la "Oumma" a une vocation universelle puisque l'islam a vocation à être la religion de l'humanité.

Ce que vous avez du mal à concevoir, vous, c'est que vos propres catégories ne soient pas les seules à prétendre à l'universel... (*)

Quoi qu'il en soit, ce n'est pas la question :  la comparaison avec les années 1970 permet de voir que les raisons pour lesquelles certains basculent dans la violence meurtrière  n'est pas à chercher dans les textes sacrés, quels qu'ils soient, justement parce que certains seulement le font, très minoritaires, parmi ceux qui se réfèrent et adhèrent à ces textes. S'obstiner à y chercher la source ultime de la "radicalisation" implique de voir dans tous les croyants des assassins potentiels. Et là, on pourrait sans doute parler d'islamophobie, et pas de manière "indistincte"...

 

* Remplacez  "la volonté de Dieu" par "la nécessité historique" et vous aurez une autre justification d'une prétention à l'universel.

Universel : « qui embrasse la totalité des êtres et des choses », selon la définition du Larousse. La oumma ne correspond pas à la totalité du genre humain, mais à la communauté des musulmans, donc (le mot vient de Umm : la mère. C’est, en fait, la « Nation-mère des croyants de l’islam »). Qu’elle transcende les races et les frontières ne concerne que les serviteurs de l’islam — c’est ainsi que le Croissant rouge ne s’est résolu à secourir les blessés sans distinction religieuse que tardivement. L’universel ne s’arrête pas à l’identité religieuse.

Sur votre considération à propos de la motivation des terroristes, je me suis exprimé dans le long commentaire qui débute mon intervention sur ce fil. La volonté de vengeance et de destruction peut saisir un individu isolé comme l’ensemble d’un groupe : une classe sociale ou les habitants d’un pays, par exemple. C’est alors vers une notion générale telle que le parti, la race, la nation, la religion que peut confluer la régression narcissique collective. Le texte sacré n’est pas un facteur en soi, c’est comme projection qu’il agit, très bien, mais plus ou moins fortement selon ses contenus. Si, par exemple, certains hadiths particulièrement autocratiques étaient solennellement reconsidérés par une ou plusieurs autorités religieuses musulmanes influentes, ce serait un grand bénéfice pour l’islam et pour la paix au Moyen-Orient. Il faudrait pouvoir se dire que cette hypothèse ne restera pas indéfiniment du domaine de l’impensable. Pour ce qui est de l’islamophobie en France, les cas recensés par le CCIF sont généralement gonflés, et c’est toujours en agitant cette notion comme un épouvantail au long d’incessantes procédures répétitives que l’activisme frériste s’applique à gagner du terrain. La volonté d’associer dans les esprits l’idée de persécution à celle de musulman est au cœur de la stratégie politique de ce mouvement, et le concept d’islamophobie en constitue le moyen principal.

"Dans le cas de l’islamophobie en France, les cas recensés par le CCIF ont été volontairement gonflés",  ça veut dire quoi? par rapport à quelle réalité objective, et comment le savez-vous ? ça vous arrange de le dire, c'est tout. En fait, dès lors qu'une association se donne pour but de défendre les membres d'un groupe donné, il est assez probable qu'elle va se montrer hypersensible, et on pourra l'accuser d'"exagérer". Comment savez-vous que les cas d'actes antisémites ne sont pas "gonflés"?

"en agitant cette notion comme un épouvantail au long d’incessantes procédures répétitives...", là c'est vous qui êtes "gonflé". Le CCIF n'était-il pas dans son rôle l'été dernier lorsqu'il a porté l'affaire du burkini devant le Conseil d'Etat, aux côtés de la LDH ?  Les deux ont "agité un épouvantail"?

Vous donnez libre cours à votre obnubilation en perdant toute mesure. Vos références érudites (étymologie!!! dictionnaire!!! psychanalyse!!!) ne font que masquer votre manque de sérieux.

À n'en pas douter, votre islamophobie joue la gonflette, puisque la phobie est la peur de quelque chose de précis, contrairement à l'angoisse... Monsieur Rigal, votre islamophobie se joue de vous! Soit "l'angoisse de Luc Rigal devant la soumission à l'Absolu non représentable".

Rassurez-vous, c'est tout à fait normal. Et comme il se trouve que les gens normaux n'ont rien d'exceptionnel...

« Ça veut dire quoi ? » Eh bien, ça veut dire que les statistiques émises par le CCIF sont aménagées en fonction des effets de dramatisation que cet organisme proche des Frères musulmans entend produire. Le lièvre a été soulevé une première fois par les deux auteurs de Islamophobie, la contre-enquête (éd. Plein jour, 2014), que l’un d’eux évoque ici . Passées les hauts cris de la nébuleuse partisane, ce fait est maintenant de notoriété publique et rapporté dans les magazines sans plus de gravité.

Le travail de harcèlement juridique est devenu la marque de fabrique de l’UOIF et du CCIF. Reportez-vous à ce qu’en ont dit les blasphémateurs de Charlie. Sur la stratégie de conquête institutionnelle du CCIF, organisme dont le directeur exécutif est la figure montante de l’islam de France, Gilles Kepel donne dans son dernier livre (La Fracture, éd. Gallimard-France culture) toutes les informations propices à éclairer son fonctionnement, notamment sur son habileté à opérer une « conversion paradoxale » de la situation de la France dans les médias juste après l’attentat de Nice, du statut de victime du terrorisme à celui de bourreau envers la minorité musulmane. L’épisode du burkini qui en fait partie y est détaillé p. 216 (« Ce qu’occulte le burkini »). L’exactitude des circonstances qui ont présidé à l’exprapolation sur le burkini y a son importance et révèle l’art de monter en épingle pour mieux dénoncer. En 2011, celui qui se fait fort d’avoir fait du CCIF « l’association antiraciste la plus grande, forte et étoffée d’Europe, capable d’influencer le jeu, d’intervenir dans les médias, d’obtenir des victoires juridiques significatives » déclarait à un journaliste (il le démentira par la suite, nous précise Kepel) : « Qui a le droit de dire que la France dans trente ou quarante ans ne sera pas un pays musulman ? Qui a le droit ? Personne dans ce pays n’a le droit de nous enlever ça. Personne n’a le droit de nous dénier cet espoir ».

Je ne mettrai pas en lien l'article d'Alain Gresh Islamophobie, vous avez dit contre-enquête?, vous le connaissez...

Il serait idiot évidemment que le CCIF dénie la menace islamiste (= le terrorisme à venir?) pour mieux lutter contre l'islamophobie. Aussi idiot que de dénier l'islamophobie "d'en haut" pour mieux mépriser l'islamophobie "d'en bas"!

L'article de JCM serait assez honnête, s'il ne qualifiait subrepticement les faits de violence islamiste: où s'arrête l'interprétation de bonne foi, où commence le contre-terrorisme de "la communauté du droit"? JCM semble bien jeune pour maîtriser la réduction nietzschéenne du fait, et Fourest trop maligne pour jouer à la cougar.

Vous mettez des bûches dans votre petit foyer sans trop regarder de quel bois il s'agit. Que prouve la "contre-enquête" à laquelle vous renvoyez ? contre-enquête à quoi ? à un fantasme, jamais explicité sinon celui des "Frères Musulmans". En définitive, ce qui est reproché au CCIF, c'est quoi ? 

- de gonfler la réalité dans le sens qui justifie sa mission ; ce que font toutes les associations de ce type.

- mais surtout, surtout, d'être "proche des Frères Musulmans". Sans préciser en quoi cela le disqualifie.

Et vous-même ne pouvez pas vous empêcher, chaque fois que vous mentionnez le CCIF, de le qualifier ainsi : "proche des Frères Musulmans". Cela fonctionne comme un stigmate. Il suffit, comme dans la magie, de toucher l'objet avec le symbole maudit pour le diaboliser à son tour.

Mais quelles sont les limites de cette contamination? Si djihadistes=salafistes, si salafistes=Frères Musulmans, si Frères Musulmans=CCIF=UOIF, pourquoi s'arrêter là ? On peut tout naturellement continuer par : UOIF=CFCM=Tareq Oubrou. Et alors là, on peut se demander à qui et quoi se réduit l'"islam de France" que l'on prétend souhaitable.

"son habileté à opérer une « conversion paradoxale » de la situation de la France dans les médias juste après l’attentat de Nice, du statut de victime du terrorisme à celui de bourreau envers la minorité musulmane". Sous cette rhétorique sans mesure, vous masquez la question à laquelle vous ne voulez-pouvez pas répondre : face aux arrêtés anti-burkinis, le CCIF était-il, oui ou non, dans son rôle, quels que soient les reproches que vous lui faites ? Cette question, vous l'esquivez sans doute pour une bonne raison : c'est qu'à vos yeux ces arrêtés anti-burkinis ne sont pas scandaleux. Voilà ce qui nous sépare sur ce point.

Mais sur le fond, la question est de savoir ou l'on met la limite de l'acceptable. Si l'on refuse de séparer les djihadistes du reste des musulmans, islamistes compris, on ne peut qu'aboutir à mettre l'ensemble des musulmans dans le camp ennemi.

Dernière remarque concernant l'article de JCM : le CCIF dénierait la menace islamiste (= le terrorisme à venir).

Même si JCM n'est qu'un juriste débutant, il ne peut pas ne pas savoir ce que déni signifie: 1. refus de reconnaître comme vrai, 2. refus de reconnaître comme sien.

Oserait-il nier que son contre-terrorisme intellectuel nous fait un bel amalgame? Sauf à montrer que ça se tient.

J’ai bien lu l’attaque de Gresh à JCM, ainsi que la réponse de ce dernier à cette attaque, oui. Vous parlez du déni éventuel de la menace islamiste par le CCIF, et vous dîtes que Moreau prendrait cette affirmation à sa charge, mais ce n’est pas le cas, il me semble, ni l’intérêt qu’il ait souligné la falsification des données sur l’islamophobie par cet organisme — en tout état de cause, c’est plutôt la démystification qui est visée. On peut pinailler ainsi indéfiniment sur les motivations et la qualité des analyses du livre, il reste que le CCIF conduit bien une stratégie de diabolisation de l’expression critique et d’exploitation de la frustration sociale des musulmans. Et cela en connivence avec une fraction d’intellectuels médiatiques et universitaires à gauche.

Vous savez bien qu’il ne s’agit en aucun cas de « mettre les musulmans dans le camp ennemi ». Lever le voile sur le soubassement de la surenchère anti-islamophobe permet d’y voir un peu plus clair sur ce qui se trame et entoure la montée en force actuelle du lobby musulman. Le livre de Kepel est une alerte, non sur le risque d’attaque djihadiste dont tout le monde a conscience (et bien qu’il ait lui-même fait l’objet d’un appel au meurtre récemment), mais sur les dangers de pousser à la fracture l’unité populaire. C’est ce à quoi s’emploie le CCIF et son leader pour des motifs d’ambition politique, il faut le savoir. C’est tout.

Je viens de lire la réponse de JCM.

Si l'islamophobie n'est que "la vision négative de l'islam" (donc, se refuse à être négatrice), alors l'islamophobe cher à JCM est un musulman qui s'ignore! En effet, la vision négative de "la soumission à l'absolu irreprésentable" est parfaitement dans l'ordre des choses théologiques. Ce que le Dieu des musulmans n'est pas (= représentable) suppose une vision de part en part négative... aux seules fins d'être "positif". C'est le b-a-ba de la théologie négative de nos Anciens (grecs).

Mais si l'islamophobie est bien (comme je pense) la vision négatrice de l'islam, alors JCM est un faux-cul.

 "Lever le voile sur le soubassement de la surenchère anti-islamophobe...la montée en force actuelle du lobby musulman". Si vous postulez une "montée en force du lobby musulman" au départ, vous aurez forcément raison à l'arrivée, parce que vos invocations du type "proche des FM= côté obscur" vous conforteront dans ce postulat en vous dispensant de le confirmer par des faits.

Ainsi, une fois encore, le CCIF a-t-il fait de la "surenchère anti-islamophobe", a-t-il "poussé à la fracture l’unité populaire" en contestant les arrêtés anti-burkinis devant le Conseil d'Etat? Ne peut-on pas dire aussi, et plus justement selon moi, que cette affaire témoigne de "la montée en force actuelle du lobby anti-musulman"? et que ce sont les élus LR de PACA qui ont "poussé à la fracture l’unité populaire", et non le CCIF ?

Une déclaration de C. Fourest cet été témoigne de cet aveuglement, désignant le CCIF comme premier responsable du "pourrissement de l'ambiance" (je cite de mémoire) au moment même où c'était manifestement les élus LR de PACA qui avaient l'initiative de la "fracture" avec leur message islamophobe (porteuse de burkini=porteuse de voile=soutien aux attentats), initiative à laquelle le CCIF n'a fait que répondre, et conformément à son objet déclaré.

Que Marwan Mohammad ait des ambitions politiques, c'est fort possible. Et alors? En quoi cela permet-il de dénier au CCIF sa raison d'être ? De nier que, au moins parfois, il agit selon sa raison d'être, utilement ?

C'est ce que vous avez du mal à reconnaître, semble-t-il. Sans doute parce que, au fond, il n'y avait pas selon vous matière à protester dans ces arrêtés anti-burkinis. Et c'est ça le problème.

L’ambition politique de Marwan Muhammad n’est pas seulement individuelle, il faut être bien clair, mais religieuse. Peser sur les élections du pays en tant que lobby religieux fait partie de la considération de leur rôle par les Frères musulmans et leurs affiliés. Un parti politique pour la promotion par stades successifs d’une république religieuse est une possibilité qui permettrait ensuite à l’islam politique de progresser réellement dans la société civile, où l’application nationale de la loi sur le concordat pourrait faire l’objet, par exemple, d’une première suggestion de révision de la laïcité. C’est pour cette raison de présenter dans le futur un programme politique à vocation frériste que Tariq Ramadan a demandé cette année de pouvoir bénéficier de la nationalité française. Quant à Muhammad, Mediapart l’a invité à exposer ses propositions politiques dans ses pages, où après examen j’ai pu constater qu’une conception très étroite de la démocratie y était exposée sous motif de secours social. À noter les ambitions montantes parallèles aujourd’hui d’un mouvement lobbyiste traditionnaliste catholique dont le projet est également l’instauration d’une république accordant à la religion une centralité inédite.

 

Le CCIF et sa référence à l’Allemagne des années 30, l’arroseur arrosé

Le CCIF et sa référence à l’Allemagne des années 30, l’arroseur arrosé

Le CCIF et sa référence à l’Allemagne des années 30, l’arroseur arrosé

27.10.2016 La rédaction

“Allah, soubhanahou wa ta’ala, nous dit dans le coran : on ne sera satisfait de nous que quand on aura abandonné notre religion pour suivre la leur. Il n’y a pas un degré d’acceptabilité de notre religion. C’est pour ça qu’on met en scène l’histoire du musulman modéré et du musulman extrémiste. Parce qu’on espère que, pour ne pas être pris pour un extrémiste, chacun d’entre nous va accepter de faire toutes les concessions pour qu’on nous donne le pin’s d’acceptabilité de « ça y est, c’est bon, tu es un modéré. » (…) Ce qu’ils appellent l’islam des Lumières, moi j’appelle ça l’islam du réverbère.”

Au moins, c’est clair... Ces déclarations ont été faites par Marwan Muhammad, à l’époque porte-parole du CCIF, à une conférence-débat qui s’était tenue à la mosquée de Vigneux le 30 avril 2011. Mosquée qui a vu défiler de nombreux prédicateurs intégristes de France et d’ailleurs. Organisée par l’association culturelle des musulmans de Vigneux, elle avait pour thème “islamophobie, notre responsabilité face à l’injustice”. L’ensemble des propos idéologiques qui ont été tenu lors de cette conférence sont courant et régulièrement répétés par l’ensemble des intégristes. Ce discours politique et religieusement radical est intéressant car il concentre une bonne part de la vision de l’islam politique.

Le CCIF, qui se présente comme grand défenseur de la laïcité et du vivre ensemble, n’est pas à une contradiction et un amalgame près. C’est une stratégie pensée et structurée pour perdre les français et les culpabiliser s’ils ont le malheur de critiquer les intégristes musulmans. Pour cela, deux outils sont utilisés par l’ensemble des islamistes : la victimisation et “l’islamophobie” (terme qui a pris son essor avec les intégristes iraniens à la fin des années 70 pour stigmatiser les femmes refusant de se voiler). S’il existe effectivement des actes et propos anti-musulmans (et il faut les sanctionner), le CCIF inclus surtout dans son action la lutte contre toute critique de l’islam, de l’islamisme, et contre toute opposition laïque. Il considère les intégristes comme de simples musulmans. La lutte contre l’intégrisme se transformant ainsi en une lutte contre les musulmans en général. Et c’est tout cela qui serait de l’islamophobie, à leurs yeux un délit. Les musulmans modérés étant considérés comme les “musulmans de service” (cité également dans cette conférence). Le piège de ce terme inapproprié, et qui n’existe pas en droit français, a été mainte fois démontré.

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Merci Danyves. Cet excellent texte est de nature à ramener un peu d’objectivité sur ce fil concernant le CCIF et les intentions politiques de son représentant.

Pour compléter à mon tour cette information, voici deux extraits de propos de G. Kepel concernant Muhammad. Le premier comme portrait biographique (La Fracture, pp. 243-244), le second comme éclaircissement sur ses perspectives politiques à court terme (entretien dans L’Obs, n° 2713 du 03/11/16, pp. 37-38) :

« Venu au monde en 1978, Marwan Muhammad est de père égyptien, comme Tariq Ramadan, dont il incarne l’avatar pour la jeune génération. Le prédicateur né à Genève et de seize ans son aîné cultive son pouvoir de séduction grâce à se formation philosophique et littéraire et tente aujourd’hui d’obtenir la nationalité française afin d’entrer en politique […]. Son cadet, français par sa naissance à Barbès, citadelle symbolique de la colonie arabo-musulmane dans la capitale, grandit à Gennevilliers, commune communiste des Hauts-de-Seine, au rythme de voyages vers l’Alexandrie paternelle et l’Algérie maternelle. Il mêle le mordant d’un enfant des quartiers populaires à un charisme de rupture qu’il déploie à la télévision et dans les meetings. Diplômé du pôle universitaire Léonard-de-Vinci, un campus élitiste, et dispendieux pour le département des Hauts-de-Seine, surnommé la « fac Pasqua », Marwan Muhammad devient par la suite trader dans une grande banque française pendant cinq ans. Il dresse un bilan en demi-teinte de cette expérience dans une autobiographie en forme de repentir, Foul Express (le « foul » est le plat national égyptien à base de fèves bouillies), parue en 2009. Dans un style haché inspiré du rap, dont l’auteur était nourri durant son adolescence, ce livre très critique envers la société française, Israël, le capitalisme et la relation Nord-Sud compose un pot-pourri des thèses islamo-gauchistes qu’il met en œuvre l’année suivant sa publication en devenant le porte-parole du CCIF.

En quelques années, Marwan Muhammad va faire du collectif, qui n’était jusqu’alors qu’un groupuscule, le principal vecteur de cette mouvance et l’installer en position de compétiteur majeur pour l’hégémonie sur l’islam de France. Remarqué par les réseaux islamiques transnationaux, celui qui s’affiche aux côtés de Tariq Ramadan, mais aussi des prédicateurs salafistes Nader Abu Anass, participant au « Salon de la femme musulmane » de Pontoise en septembre 2015, interrompu par deux Femen rouées de coups, et Rachid Abu Houdeyfa, imam à Brest, l’un et l’autre notoires pour leurs propos très restrictifs sur la condition des femmes, est recruté à l’OSCE (Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe) de 2014 à 2016. Dans cette instance où la Turquie de Recep Tayyip Erdogan joue un rôle actif, il est chargé de la lutte contre l’islamophobie dans les pays membres, rédige de nombreux rapports et acquiert une visibilité internationale. Il la quitte en 2016 pour revenir au CCIF comme directeur exécutif. Doté désormais d’un fort capital symbolique, il met ses talents stratégiques de trader au service du collectif et lance coup sur coup les deux takeovers sur les affaires du burkini et de Tremblay. »

« – Ce que les djihadistes ne parviennent pas à faire, c’est-à-dire à mobiliser parce qu’ils font horreur, les Frères musulmans le réussissent en offrant un regroupement de défense identitaire. Les Frères musulmans ont été durablement affaiblis en Égypte par le régime du maréchal Sissi, et beaucoup sont aujourd’hui exilés en Turquie. Et c’est à partir de la Turquie que leur stratégie de conquête de l’Europe s’est construite, soutenue par le Qatar. Le CCIF est le produit de cette stratégie. Le CCIF s’adresse à cette jeunesse qui a fait des études et qui se perçoit en dissidence culturelle avec la société française ; mais contrairement aux salafistes — qui visent la hija, c’est-à-dire la rupture culturelle, éventuellement le départ — et contrairement aux djihadistes qui veulent tuer tout le monde, eux sont dans le logique de construction d’un lobby communautaire.

Qui est Marwan Muhammad ?

– C’est le directeur exécutif du Comité contre l’islamophobie, le CCIF. Il a fait la une du New York Times comme porte-parole de l’islam de France, avant que ce quotidien ne dépeigne la France comme une sorte de goulag pour les musulmans, et dont la laïcité tiendrait lieu de stalinisme. Souvenez-vous de l’affaire de Tremblay-en-France, au cours de laquelle deux jeunes femmes voilées n’ont pas été servies par un restaurateur, dans des circonstances qui restent encore obscures. Le lendemain, le 28 août, Marwan Muhammad s’est rendu à la mosquée de Tremblay. Là, il prononce un discours fondamental pour comprendre la stratégie des Frères musulmans : il dit la nécessité de rassembler les musulmans de France autour de questions éthiques, et cela dans la perspective de l'élection de 2017 où le CCIF décernera aux différents candidats le label “islamophobe” ou “moins islamophobe”. Il s’agit donc clairement de construire un lobby communautaire qui va monnayer politiquement ses voix. Certains positionnements par rapport à l’affaire du burkini ont ainsi été conditionnés par la perspective des élections législatives de 2017.

Selon vous, l’affaire du burkini a donc été instrumentalisée à la fois par les islamistes au service d’une stratégie de construction identitaire et par les politiques par calcul électoral ?

– Oui, et aussi pour certains politiciens par idéologie. Ainsi, les gauchistes, qui sont en perte de vitesse idéologique dans la société, se sont mis à considérer les enfants d’immigrés musulmans comme leur nouveau prolétariat messianique. Faire un bout de chemin avec les musulmans exploités contre la bourgeoisie devenait plus important que de s’en tenir à la ligne qui faisait de la religion l’opium du peuple du marxisme fondamental. Ce qui est cocasse, c’est qu’on a d’un côté un islam du gauchisme, et de l’autre côté un communautarisme électoral porté par la droite, qui va aussi jusqu’à l’extrême droite.

D’ailleurs, dans un de vos livres précédents, Passion française, vous décriviez la présence de candidats soraliens musulmans en banlieue aux élections de 2012…

– Oui, ils s’inventent une vision du monde commune et paradoxale sur la base d’une “alliance anticapitaliste et antisioniste”. »  

Mais qu'est-ce que ces extraits apportent à ce qui a été discuté précédemment?

Le "Au moins, c’est clair..." d'Ikhwan-info ne fait que réaffirmer son postulat de départ, sans que rien dans les paroles citées ne vienne le confirmer. Pour avancer, il faudrait pouvoir préciser ce qu'est un "musulman modéré" et en quoi des intégristes ne sont pas de "simples musulmans". Tout le propos repose sur  des pseudo-évidences implicites.

Quant à l'"affaire du burkini", il est désolant de voir Kepel s'enliser dans cette interprétation sur l'"islam du gauchisme", en laissant de côté le fait lui-même des arrêtés anti-burkinis, qu'il n'est pas besoin d'être "islamo-gauchiste" pour condamner.

Cette contamination du débat politique par la "guerre culturelle" est désastreuse : le discours se résume à diaboliser un adversaire pour en faire un intouchable, et à stigmatiser à leur tour comme suspects, "contaminés", ceux qui contestent cela, etc. C'est ainsi que se dessinent des "camps" autour des "valeurs", dont les dicours n'appellent que des contre-discours.  Ainsi toute définition concrète des enjeux devient impossible, parce que la référence aux faits est remplacée par la répétition des accusations, des insinuations, des rumeurs, sans qu'il soit jamais possible de construire un débat agumenté.

Ces copiés-collés d'Ikhwan-info et de Kepel ne font qu'alimenter le moulin à paroles en esquivant de prendre position sur les faits eux-mêmes.

Ainsi, j'attends toujours votre jugement argumenté sur le rôle qu'a joué le CCIF dans l'affaire des arrêtés anti-burkinis. Des dizaines de pages de Kepel, aussi intéressantes soient-elles, ne dispensent pas de ce jugement comme citoyen.

 

 

Il faut faire preuve de discernement. Lorsque les arrêtés contre le port du burkini sont apparus, j’avais la certitude qu’ils ne pourraient pas déboucher sur une loi d’interdiction, car la législation de 2010 qui, au terme d’une équitable recherche d’équilibre, a limité la proscription au voile intégral dans l’espace public ne pouvait être constitutionnellement poussée plus loin. Il n’y avait — et il n’y a toujours, dans l’état actuel de la disposition populaire — rien à craindre dans ce sens, quelles que soient les vantardises d’un Sarkozy d’y parvenir ou les évocations alarmistes de Muhammad. Je me suis exprimé sur les fils de Mediapart en faveur du respect de la liberté individuelle dans ce cadre (ici par exemple). Le premier arrêté est survenu très rapidement après la tuerie du 14 juillet de Nice, qui a fait 86 morts, quelques mois après celle du 13 novembre 2015 à Paris et ses 130 morts, donc dans une période extrêmement sensible sur la question de l’expression du religieux dans l’espace public. Le conseil d’État a statufié en faveur de la suppression de l’arrêté qui avait fait l’objet d’une plainte de la LDH et du CCIF au motif qu’aucune violence n’avait été relevée susceptible de donner lieu à une restriction. Cet arbitrage prudent n’efface cependant pas les plaintes multiples qui ont présidé à la décision des maires pour lesquels il s’est agi de « prévenir des risques de trouble à l’ordre public ». Pointant plus judicieusement la raison du problème, le maire de Cannes a précisé : « On n’interdit pas le voile, ni la kippa, ni les croix, j’interdis simplement un uniforme qui est le symbole de l’extrêmisme islamiste ». C’est cet aspect du burkini qui a été arbitrairement évacué des interprétations, tant de Marwan Muhammad que de ceux qui l’ont soutenu dans sa présentation de la France comme un pays fondamentalement anti-islam, auprès de la communauté musulmane et au niveau mondial par l’intermédiaire de ses déclarations dans les médias et au New York Times. Parmi eux, Olivier Roy, qui associe au port du burkini « une pratique de la religion apaisée », et Edwy Plenel pour lequel « il est un vêtement comme les autres ». Ce n’est pas pour rien que les mises en garde et les protestations les plus virulentes contre la banalisation du burkini en France sont venues du Maghreb, où les femmes ont profondément ressenti l’intimidation progressive des islamistes envers elles grâce à des moyens semblables, et en subissent aujourd’hui les conséquences au quotidien. Ainsi, Maya Ksouri, chroniqueuse politique tunisienne, a rappelé par ces mots : « Prétendre aujourd’hui que le burkini est un vêtement comme les autres est une insulte au combat qu’ont mené et que mènent les femmes arabes tous les jours pour faire évoluer leurs acquis — ou pour juste les sauvegarder — et pour changer les mentalités qui se ré-enlisent depuis quelques décennies de désenchantement national dans le bourbier identitaire » (dans Marianne , septembre 2016). Je suis entièrement d’accord avec ce point de vue.

 "Cette décision était prudente, elle n’efface cependant pas les plaintes multiples qui ont présidé à la décision des maires, prise en urgence, pour lesquels il s’est agi de « prévenir des risques de trouble à l’ordre public »." Quel manque de sérieux !  De quelles plaintes s'agit-il et sur quoi portaient-elles?

"Pointant plus judicieusement la raison du problème, le maire de Cannes a précisé : « On n’interdit pas le voile, ni la kippa, ni les croix, j’interdis simplement un uniforme qui est le symbole de l’extrêmisme islamiste »."   "Judicieusement "???  Mais c'est doublement faux. Non seulement les "extrêmistes islamistes" sont violemment hostiles au burkini (dont la création ne provient pas des milieux religieux) mais les femmes qui le portent le font pour les mêmes raisons qu'elles se voilent. L'équation femmes en burkini=symbole du terrorisme est précisément un cas d'islamophobie. Votre "judicieusement" est donc consternant. 

La formule "vêtement comme les autres" n'est pas une euphémisation, et ne se comprend que d'un point de vue laïque. Elle signifie que la laïcité n'a pas à tenir compte de la signification religieuse d'un vêtement. La seule question est de savoir s'il trouble l'ordre public. Cela a été expliqué des dizaines de fois, et votre ressassement de cet argument témoigne de la faiblesse de votre position.

Comme vous dites : "il faut faire preuve de discernement". Vous aurez beau accumuler les témoignages qui, croyez-vous, font tourner votre moulin (c'est maintenant le tour de Maya Ksouri, et je ne doute pas que d'autres peuvent suivre), cela ne vous dispense pas de faire preuve de discernement :  si vous-même reconnaissez que les arrêtés anti-burkinis étaient contestables, comment pouvez-vous mettre au compte de la perversité et des mauvaises intentions du CCIF le fait de les avoir contestés ?  Vous pouvez lui reprocher d'exister, mais il faudrait mettre en avant d'autres arguments que celui-là, qui évoque trop le "qui veut noyer son chien...".

Je trouve pernicieux l’exagération propagandiste du problème et le déni de la représentation extrémiste de l’islam qui en est le corollaire, voilà une nuance qui ne sonne pas à vos oreilles. Vous voulez du pour ou du contre, c’est en effet plus confortable, mais sans surprise à l’examen du goût pour l’ordre disciplinaire et patriarcal qui parsème vos opinions toutes faites. Pour résumer sur cette muleta de la loi anti-burkini vers laquelle vous ne cessez de foncer tête basse : je suis bien contre une législation visant à interdire le burkini — pour « faire plouf dans la mer » comme l’exprime si bien Marwan Muhammad. Mais si j’étais assuré qu’elle délivre les femmes enfermées dans leur combinaison puritaine du joug du mâle supérieur, je me prononcerais pour son application sans hésiter. Vous prenez les femmes pour des idiotes automotrices et vous sublimez les racontars dès lors que le chef qui les prodigue vous donne l’impression d’empoigner la cause. Vous manquez à mon avis non seulement de clairvoyance, mais d’un élémentaire esprit d’indépendance.

"Je trouve pernicieux l’exagération propagandiste du problème et le déni de la représentation extrémiste de l’islam qui en est le corollaire, voilà une nuance qui ne sonne pas à vos oreilles".

Ridicule. En quoi consiste l'"exagération propagandiste du problème"? Où est le "déni de la représentation extrémiste de l’islam qui en est le corollaire"? Qui, quand, disant quoi ?  Difficile de vous prendre au sérieux.

"Mais si j’étais assuré qu’elle délivre les femmes enfermées dans leur combinaison puritaine du joug du mâle supérieur, je me prononcerais pour son application sans hésiter". Nous y voilà. Vous vous fichez donc des libertés fondamentales, ce qui est le fond de l'affaire. Il faudrait tout reprendre au début. Trop de boulot.

"Vous prenez les femmes pour des idiotes automotrices et vous sublimez les racontars dès lors que ..." , etc. etc.  Je crois que je vais vous laisser délirer tout seul (bien que "sublimer les racontars" soit une assez bonne définition de ce que vous faites). Bonne nuit.

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Même si la succession d’attentats djihadistes commis au nom de l’islam ou les polémiques à répétition sur les habits islamiques, du voile au burkini, en disent souvent davantage sur la géopolitique mondiale ou la société française que sur la religion des musulmans, l’islam se situe, depuis quelques mois et sans doute pour encore quelque temps, au centre des débats médiatiques et politiques.

Pour aborder sereinement une campagne présidentielle qui ne le sera probablement pas, une année après les attaques du 13-Novembre, Mediapart propose une série d’une dizaine d’entretiens vidéo avec des spécialistes de tous bords, consacrés aux différents contours contemporains de l’islam : politique ou théologique, « de France » ou d’ailleurs, salafiste ou « modéré », terroriste ou quiétiste, chiite ou sunnite…

Retrouvez ici le premier entretien de cette série avec Adrien Candiard.

Retrouvez ici le deuxième entretien de cette série avec François Burgat.