« La Vie d'Adèle » : la vérité en pâture

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Sortie en salle, ce mercredi 9 octobre, de la Palme d'Or de Cannes 2013 : La Vie d'Adèle d'Abdellatif Kechiche. Comment reparler d'un film dont Mediapart a déjà rendu compte et dont il est question dans toute la presse depuis près de six mois ? Il faut prêter l'oreille aux paroles, celles de la polémique et celles du film. Et rompre avec l'unanimisme, pour essayer de comprendre le projet et la politique d'un cinéaste dont le travail n'est pas où on le dit.

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L'affiche de La Vie d'Adèle visible depuis quelques semaines semble vouloir réparer la blessure qui s'est ouverte depuis la présentation du film à Cannes, sa réception dithyrambique – à quelques exceptions près, dont Mediapart, lire ici notre chronique – et l'obtention de la Palme d'Or au soir du 26 mai. Adèle Exarchopoulos et Léa Seydoux y apparaissent dents dehors et tout sourire : l'image n'est pas dans le film, mais sa liesse est évocatrice de la manifestation étudiante à laquelle se rendent ensemble Adèle et Emma. Personnages et interprètes, ici indissociables, ne se regardent pas l'une l'autre, ainsi qu’il arrive à maintes reprises sous l’œil de la caméra d'Abdellatif Kechiche. Elles regardent devant elles, comme si elles recevaient les vivats de la foule cannoise avant ceux de la France entière. Cette image en synthétise ainsi plusieurs, elle sert à dire qu'il n'y a aucun divorce, de la fabrication à l'histoire d'amour qu'il conte, jusqu'à la réception de La Vie d'Adèle. Pas de blessure mais une continuité, une commune allégresse.