Les dessous géopolitiques du nucléaire français

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  • 09/08/2016 13:22
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Pour ajouter aux avis indépendants, celui de Jean-Louis Basdevant, pas n'importe qui, peu après Fukushima, ne manquait pas d'intérêt.

http://www.pauljorion.com/blog/2012/04/14/les-centrales-nucleaires-actuelles-sont-sans-defense-par-jean-louis-basdevant/

(sur le blog de Paul Jorion)

Une terrifiante évidence devant laquelle tous nos gouvernants ont adopté la politique de l'autruche ! Ils devront tous se retrouver sur le banc des accusés le jour où l'inéluctable se produira ! 

Il va falloir les y envoyer avant. ;)

La géopolitique c'est aussi celle des entreprises, EDF et Areva sont loin d'être seuls dans la gal_ère d'Hinkley Point, voir par exemple cette plaquette Vinci qui se présente en spécialiste du génie civil des EPR alors que pas un seul n'a encore démarré:

http://www.vinci-construction-projets.com/commun/plaquettes.nsf/1FDC13BB1B998D83C125763900472EC8/$File/plaquette_nucleaire.pdf

et Bouygues pour le béton ! 

très intéressant! je retiens qu' après les indépendances, le nucléaire  a remplacé le  colonialisme français

les méthodes ne changent pas : Areva intente un procès à JJMu pour les infos donnés sur son blog sur mediapart
plus d'infos:  Nos droits sont en danger, nos droits sont précieux
https://morning.com/c/4wvcIb/Solidarite-pour-le-droit-dinformer

"La multinationale AREVA m’intente un procès en diffamation pour avoir relayé un article d’anti-nucléaires qui dénonçait fin juillet 2014 ses pratiques d’auto-promotion au sein d’établissements scolaires de la ville d’Avignon."

convocation devant le juge au TGI de Paris le 30 août 2016 à 13h30,

> Nos droits sont en danger

Bon, c'est un peu n'importe quoi. Votre ami aura droit à un procès, et de s'y défendre de façon équitable. Nous sommes dans un état de droit.

C'est tout de même étrange : les militants raffolent du droit quand il leur permet de multiplier les recours pour retarder des projets, mais ils ne supportent pas que le droit puisse être utilisé contre eux.

Le droit n'est pas un outil à votre service exclusif, il est au service de la collectivité. Areva a parfaitement le droit de vous intenter un procès pour diffamation. Le juge décidera si un délit a été commis, et votre ami comme Areva devront se plier à la décision.

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L'adorateur de l'éden radieux sait tout, sauf la date et le lieu de la prochaine catastrophe qui ne pourrait être évitée que si on arrêtait tout ! 

En effet, rien de nouveau sous le soleil, les demies-vies des déchets radioactifs que notre belle industrie synthétise à tire-larigot ne sont pas près de changer ! 

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«Qu'avons nous appris?... Rien»

Si, quand même une petite piqûre de rappel : le mythe de l'énergie gratuite, infinie et sans entropies, pour un progrès indéfini et largement partagé, jusqu'à la fin des conflits socio-économiques… Nombreux d'entre nous y sont encore viscéralement attachés, progressistes, socialites libéraux, qui ne cessent d'y croire encore.

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C'est tout ?  Rigolant 

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La reconversion gaulliste de la France vers la Dissuasion nucléaire, c'est le prix à payer pour maintenir son rang de grande puissance( et son identité nationale ) après la perte définitive de son empire colonial. L'armée de terre en a fait les frais en voyant ses effectifs fondre de moitié entre 1962 et 1967.

N'en déplaise aux utopistes sur la nature humaine, l'arme atomique évite les guerres par la dissuasion. Meme en France, seule force de frappe souveraine de l'UE sur le continent. Apprenons à en baisser le nombre et les risques d'utilisation, mais sa suppression ouvrirait un risque de prédation étatique. (Russie fascisante).

EDF endetté ?

Ca n'empêche pas le rachat de l'aéroport de NICE dans un consortium Atlantia-EDF.

Suivont le cheminement :

=> Edf reçoit de l'Etat (donc de nos impôts) 5 Milliards d'EUROS.

=> EDF/Atlantia achète l'aéroport de NICE

=> Aéroport de NICE a été financé par les Français lors de sa construction...

=> Atlantia est la société qui devait faire fonctionner les péages à camion (Les fameux portiques sur les routes)...

 

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Non, mais ce qui est symptomatique pour EDF, c'est le recours aux astuces financières internationales, et non plus aux astuces technologiques. Car celles-ci arrivent dans l'impasse, la fin des mythes de l'atome de progrès, de l'inocuité radioactive, la création pour 5000 ans d'énergie gratuite, le démarage de l'EPR, le démantèlement de ses vieilles centrales, le stockage indéfini des déchets millénaires… C'est d'ailleurs la même démarche pour FNSEA - Crédit agricole doté de 10 milliards/an de subventions annuelles, plutôt que de revenir sur l'impasse des technologies mécanico-chimiques dangereuses, on s'essaye dans des leviers financiers internationaux…

Une seule satisfaction l'heure des bilans approche.

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Concernant l'aéroport de Nice :

La participation est portée par EDF Invest, entitée chargée de gérer les actifs dédiés pour le démantèlement.
En effet, EDF doit, de par la loi, de couvrir toutes les sommes qui permettront le démantèlement futur des centrales nucléaires existantes. A ce titre, près de 20 milliards d'euros d'actifs sont immobilisés dans ce but. C'est une obligation légale et ces sommes ne vont pas dans la gestion courante d'EDF.

Ces actifs peuvent être des liquidités, des biens immobiliers, mais aussi des titres et des participations au capital d'entreprises. C'est le cas de thyssengas (distributeur de gaz en allemagne), TIGF (gestionnaire de réseau gaz dans le sud ouest de la France), RTE (pour 50%) et demain de l'aéroport de Nice. Ce sont des actifs d'infrastructures, régulés, et relativement sûrs.

Si le portefeuille perdait de la valeur, EDF serait de toute façon contraint de réinjecter de l'argent pour reconstituer la provision. EDF n'a donc aucun interêt à prendre des risques avec cet argent.

Il ne s'agit donc pas de dépenses d'investissement supplémentaires pour EDF mais de réallocation de sommes qui étaient déja provisionnées.

 

Pour répondre un peu à votre attention soutenue, je vous rappellerais que le trou de la Sécu et des caisses de retraites ne sont pas tout à fait ce qu'on en dit : La Muteulle sociale agricole doit 17 millirads € à la Sécu, depuis des décennies. Quand au patronat, il doit 22 milliards de teaxes perçues et non restituées à la même Sécu. 

Avez-vous déjà entendu un gouvernent demander à ces gens, de payer enfin leur écot ? Il est évidemment plus facile d'imposer aux salariés de payer à la place des subventionnés et des dégrèvés de toutes sortes.

Excellente réponse!

Merci de remettre les choses à leur juste place!

Ce marché de l'énergie qui n'en est pas un. Faussé par le Politique, et qui ruine EDF, pourtant très rentable au départ. Les petits actionnaires devraient faire un procès à Hollande.

De même,les taxes très élevées sur les tabacs et alcools,au nom des risques sanitaires,sont-elles restituées à la C N A M?(caisse Nationale d'Assurance-Maladie)

J'ai trouvé très intéressante l'approche globale de la question qu'a proposée Gabrielle Hecht.

Son indication d'un CEA essentiellement orienté sur le civil à ses débuts m'a d’abord surprise puisqu'il a été créé en 1945, alors que Charles De Gaulle était Président du gouvernement provisoire de la France, dans la très claire intention de doter le pays de l'arme nucléaire afin de l'imposer comme interlocuteur face aux USA.

Il se trouve que mon père, qui y a fait l'intégralité de sa carrière, y était entré en 1956, et , dans mon ressenti d'enfant, je suis né en 1955, la vocation du CEA était d'abord militaire, les « retombées » civiles ne devenant dominantes qu'au début des années 70, la bombe H étant alors au point en France.

La première pile atomique Française, Zoé, divergea en 1948, et dès 1949 le premier milligramme de plutonium en était extrait. Puis, en 1951, le centre atomique de Marcoule fut créé afin d'y concentrer la production du plutonium, matière fissile sans avoir besoin du difficile, et pas encore maîtrisé dans les volumes nécessaires, enrichissement que nécessite l'uranium, donc permettant la production rapide de bombes atomiques.

Mais il est vrai qu'en 1945 le nucléaire n'était d'abord une question de recherche fondamentale et que, étonnamment, Frédéric Jolliot-Curie, opposé à l'armement nuclaire, fut révoqué du CEA moins de deux ans après le démarrage de Zoé.

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 Oui, merci RobProv pour ces éléments d'information. Vous avez sûrement raison quand vous affirmez que c'est à cause de son orientation politique communiste que F. Joliot-Curie a été brutalement évincé du CEA après avoir été signataire de l'Appel de Stockholm, car c'est sous son autorité au Collège de France que Hans Halban, Lew Kowarski et Francis Perrin ont déposés leurs trois brevets dont le dernier sur l'utilisation de l'énergie nucléaire comme explosif mentionnait explicitement la création de la bombe atomique :« …à rendre utilisable cette réaction explosive non seulement pour des travaux de mines et pour des travaux publics mais encore pour la constitution d'engins de guerre et... ».

Par contre il est inexact d'écrire que « la France est le seul pays parmi les 9 pays possédant un armement atomique a ne pas avoir décidé son programme militaire dès la mise sur pied de son effort atomique. ».

En fait, si il est juste de dire que cette option n'a globalement pas « emballé » tous les politiques ni tous les militaires, plusieurs d'entre eux l'ont soutenue dès le début avec une réelle efficacité mais plutôt en sous-main jusqu'à son officialisation par De Gaulle en 1958.

Le Ministre de l'Armement Raoul Dautry rencontra Joliot-Curie dès septembre 1939 afin de mettre en place le dispositif nécessaire à la conception d'une bombe atomique. C'est lui qui, entre autre, permis l'achat des 200 litres d'eau lourde à la Suède en préférence à l'Allemagne qui était sur les rangs.

L’ordonnance de création du CEA en 1945 mentionnait ses obligations de participation à la Défense Nationale.

Dès 1953 le Colonel pierre Galois est affecté au cabinet du ministre de la défense nationale et y conçoit la stratégie militaire de la dissuasion nucléaire.

Le 28 décembre 1954 le Bureau d'Étude Générale, ancêtre de la Direction des Applications Militaires fut créé au CEA et mis sous la direction du colonel Albert Buchalet. Simultanément les études des vecteurs porteurs de la bombe nucléaire (bateaux, sous-marins, bombardiers et missiles), dont on commençait à évaluer les contraintes physiques et mécaniques, furent lancées et lorsque l'engin militaire fut disponible en 1964, le premier escadron de 12 bombardiers atomiques mirage IV était opérationnel.

En fait si la France a clairement dissimulé sous le sceau du secret son effort nucléaire et l'anticipation de sa militarisation avant d'en avoir déterminé ses caractéristiques probables, elle l'a fait malgrès les résistances internes qu'elle a rencontrées et a préparé son organisation militaire en temps et heures pour chacune de ses applications et le culte du secret est longtemps resté d'une façon exagérément dominante en vigueur au CEA.

Voir l'excellent article de Dominique Mongin : http://www.persee.fr/doc/mat_0769-3206_1993_num_31_1_404097

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 « Pour autant l'exploitation militaire de l'énergie atomique repose en grande partie sur les mêmes méthodes et procédés de transformation qu'exigent les applications industrielles de cette découverte de science pure » Oui, dans la France d'aujourd'hui. Mais un petit peu moins à l'époque et jusqu'en 69 où c'était la filière « graphite gaz » qu'exploitait l'industrie française et qui fonctionnait avec de l'uranium naturel ou faiblement enrichi, donc inutilisable pour fabriquer une bombe. Cette filière fut abandonnée après la première fonte du cœur de la centrale de Saint-Laurent-des-Eaux cette année là. Le même accident se reproduisit au coeur n° 2 de la même centrale en 1980 et à Tchernobyl, centrale du même type, en 1986…

En fait, je comprends les raisons de l'affirmation de Gabrielle Hecht réduisant une orientation des travaux du CEA pour les aspects militaires à la volonté personnelle de quelques uns de ses cadres. Le culte du secret interne au CEA, la discrétion nécessaire tant pour des raisons politiques que militaires sur les activités d'armement qui s'y conduisait font qu'il ne reste probablement que peu de traces formelles de l'aspect premier de sa vocation à conduire celles-ci.

Il faut dire aussi que au sein du CEA si les travaux militaires bénéficiaient des résultats des travaux civils dont ils étaient « isolés » ils ne répondaient pas aux mêmes contraintes.

Cela a probablement permis aux travaux spécifiquement militaires d'être effectués dans des lieux confinés et aux appellations discrètes (le Bureau d'Études Générales de 1954 deviendra le Département des Techniques Nouvelles en 1957 puis en 1958 (tiens-tiens) prendra son « vrai » nom de Direction des Applications Militaires le 12 septembre.

Pour la petite histoire De Gaulle a envoyé 5 jours après, le 17 septembre 1958, un « ultimatum » (memorandum) aux USA et aux Britanniques, qui avec l'URSS étaient les seuls États à détenir l'arme nucléaire, pour une direction tripartite de l'OTAN qu'il n'obtiendra pas. Il avait été rappelé 3 mois auparavant à la suite du putsch d'Alger et a « accepté d'assumer les pouvoirs de la république » à condition de pouvoir gouverner par ordonnance pendant 6 mois. Gerboise bleue explosera à Reggane le 13 février 1960.

Je crois un peu angélique de penser que la CEA avait été créé avec la vocation d'un nucléaire civil, même si c'est ce que les documents historiques disponibles permettent d'écrire.

Je conseille la très riche lecture du document de Pierre Billaud pour avoir une idée beaucoup plus précise de la vocation militaire du CEA :

http://pbillaud.fr/html/nuc2.html

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Merci beaucoup RobProv pour vos apports et précisions sur la question qui dénotent sa remarquable connaissance, laquelle semble sourcée par l'expérience du vécu technologique et scientifique.

Sur la base de l'entretien de MdP vos messages m'ont incité à me replonger dans mon histoire familiale, engagée depuis des générations dans « les épopées industrielles nationales » et, comme vous le faites remarquer, sur la toile, mon expérience professionnelle de l'énergie nucléaire se résumant, alors encore lycéen, à trois étés de travail comme OS ou laborantin sur le site CEA de Pierrelatte. au début des années 70 et à quelques visites de dispositifs, la dernière en date étant celle du pilote Phénix à Marcoule.

Il est vrai que les succès et les résultats atteint dans l'effort nucléaire par la France étaient alors enthousiasmants, cette industrie semblant de plus capable d'apporter à l'humanité la puissance et les pouvoirs que la mythologie réservaient aux seuls dieux.

Enfin si la volonté politique de charger dès sa création le CEA de l'ensemble des applications nucléaires dès le début ne fait aucun doute, il est aussi clair que la distinction entre applications militaires et civiles ne joua pas les 10 premières années, et que l'environnement populaire et politique tant interne qu’externe au CEA est devenu hostile au versant militaire dès les années 55, puis, 15 années après, l'hostilité a commencé à s'étendre au civil.

Le nucléaire militaire s'est donc développé en catimini dès le début en 1955 grâce à l'engagement de ceux qui y avaient été choisi.

 Et pour conclure, si je pense que le choix du nucléaire n'appartient que à l'ensemble des citoyens de la planète, à titre personnel je pense déraisonnable de poursuivre son utilisation civile d'une part dans les conditions de sécurité avec lesquelles le parc actuel a été conçu et d'autre part en laissant aux générations futures le danger et les risque de ses déchets, mais surtout je trouve que la dépendance de cette société qui est la notre à tel besoin d'énergie est rédhibitoire, inacceptable.

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 Avec une telle histoire familiale ,dominée par l'orgueil,au sens noble,de contribuer par de nouvelles technologies ,à l'indépendance énergétique et politique de la France,avec une symbolique gaulliste de surcroi,il est tout à votre honneur de prôner la décroissance du nucléaire civil ,en raison de tous ses risques,hélas avérés par les catastrophes nucléaires.

  "Le besoin d'énergie de notre société est inacceptable"dites-vous.Des besoins artificiels,énergivores,sont sans cesse crées par la course aux profits immédiats sans souci de l'environnement.Vous décroissance du nucléaire civil ouvrez-là le domaine passionnant et non passéiste,au contraire,des technologies alternatives pour plus de sobriété énergétique,d'une part,et la production ,décentralisée (et bcp plus respectueuse de l'environnement et des générations futures)des énergies renouvelables.Dont les budgets de recherche ,comme les soutiens politiques ont été ridicules en France.

  Dans ce domaine,les pays d'Europe du nord ont 35 ans d'avance sur la France figée dans son mythe nucléaire.

 Oui, merci RobProv pour ces éléments d'information.

Entré en 1968 au CEA pour y travailler sur les réacteurs graphite/gaz (sur lesquels je n'ai jamais travaillé), j'ai commencé par étudier la production d'eau lourde : je pense que  les dirigeants EDF-CEA-République avaient compris que la filière graphite-gaz était trop difficile à extrapoler. Les réacteurs de Marcoule ont travaillé avec un taux de combustion (énergie produite par tonne d'uranium) très faible de façon à obtenir du plutonium "qualité militaire" contenant très peu de l'isotope 240 du plutonium. C'étaient bien des réacteurs "militaires" !  EDF a cherché à augmenter le taux de combustion des autres réacteurs : moins de retraitement du combustible usagé et moins de production de plutonium "qualité militaire" celui-ci étant partiellement consommé en lieu et place de l'isotope 235 de l'uranium.

Le choix de la licence Westinghouse a t'elle été judicieuse ? Toujours est-il que le CEA a estimé qu'il y avait des failles dans la sécurité et a imposé à EDF des modifications substantielle : d'où l'appelation filière Française.  Imposé car le rendement est un peu inférieur à celui des centrales Westinghouse et l'investissement un peu plus élevé. C'est le coût de la sécurité.

Le danger des sources radioactives ? Hélas, il n'y a que dans l'industrie nucléaire que cette sécurité est vraiment prise en compte ! Et on utilise des sources pour inspecter les soudures de tuyauteries (entre autres choses ...), et parfois des sources se perdent !

 

 

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 En effet la contextualisation que propose RobProv explique très bien tant l'accélération des réalisations militaires du CEA (par exemple G2-G3 et UP1 à Marcoule dont les constructions ont commencées en 55 et 56, mises en service 58-59, ou encore les décisions de construire les usines de production d'UF4 et d'uranium métal de Malvesi, d'UF6 et d'enrichissement militaire de Pierrelatte) ainsi que l'intensification de la classification « Secret-Défense »  tous azimuts.

Cherchant à mieux documenter mon argument, je suis tombé sur le numéro 262 de la Revue Historique des Armées dans lequel Dominique Mongin, dont j'ai déjà cité un article sur ce thème dans Persée, dresse la Genèse de l'armement nucléaire français ;
http://rha.revues.org/7187#tocto1n3

C'est avec une réelle satisfaction que j'y est retrouvé bien des éléments d'information que nous nous sommes échangés, dont les événements de Suez que vous mentionnez dans votre avant-dernier commentaire, et il donne ceux qui permettent de situer l'accélération du programme militaire du CEA en 1954, enfin il documente beaucoup plus richement que je ne l'ai fait :

* la mission de développer l'arme nucléaire confiée très officiellement dès le début et conduite par le CEA. L'un des éléments est que Raoul Dautry, qui avait donné les moyens en 1939, alors ministre de l'armement, à Fréderic Joliot-Curie d'initier les études de la bombe atomique au Collège de France, fut nommé Administrateur du CEA en 1946 par De Gaulle et le resta jusqu'en 51 où Pierre Guillaumat « qui tient fermement le cap dans cette direction » lui succéda.

* « Le lancement clandestin du programme militaire » est le titre du chapitre où il présente la façon dont le programme fut conduit, qui, s'il donne bien le sens d'une conduite en « catimini » de celui-ci, repose, entre-autres, sur les raisons de politique internationale que vous donnez, et que vous présentez justement comme relevant du secret, mais aussi sur des « manœuvres » franco-françaises que je vous laisse découvrir et qui relèvent plus de la « débrouille » politicienne ou managériale.

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Oui RobProv, mais si l'exemple du réacteur nucléaire naturel d'Oklo, dont mon père nous avait parlé à l'époque, est très connu :
https://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9acteur_nucl%C3%A9aire_naturel_d'Oklo

Il n'y a aucun rapport avec le plutonium, dont la radiotoxicité est extrèmement importante et qui, même si certains documents écologiques l'on inconsidérément exagérée, n'en demeure pas moins bien plus qu'une simple "saleté".

Par contre pouvez-vous nous expliquer l'intérêt de votre réponse à Pierre Lessart dont je ne comprends pas non plus l'objet. Le document sans signature ni références que vous avez copié-collé et dont avez donné l'adresse IP est bien déposé dans le répertoire de l'Université de Lyon 2 dévolu à  Cyrille Foasso, Docteur-ingénieur spécialisé dans la sécurité nucléaire,  mais je n'ai vu nulle part qu'il en ai revendiqué la teneur.
De plus, La France a récement annoncé que les développements qu'elle avait aportés sur le procédé Westinghouse le diférenciait suffisemment de ce dernier pour ne plus en reverser les droits. S'il est possible qu'elle prenne un peu ses désirs pour une réalité, je ne sais pas, cela met en évidence que sa contribution dépasse probablement le seul transfert de compétences acquises aux États-Unis d'Amérique que suggère votre réponse.

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Encore une fois merci, et bravo RobProv !

 Pour la thèse de Cyrille Foasso de 765 pages, je l'avais bien téléchargée, mais au lieu de parcourir sa table des matières, j'ai utilisé le moteur de recherche du visionneur de document qui ne marche pas sur ce document, je chercherai pourquoi. Encore un des micro-bugs de Linux, mais c'est le choix politique de l'économie solidaire contre l'économie prédatrice.

 Par contre, si malgré mon amateurisme il y bien des années que je connais l'effet neutronique U238/92> U239/92 > N239/93+energie > Pu 239/94+energie, je sais aussi que la période de demi-vie des particules est inversement proportionnelle à son rayonnement (80,000 ans pour le Pu 239) et donc que celui provenant du réacteur naturel d'Oklo n'a jamais embêté d'humain, fut-il écologiste, ayant disparu des centaines de millions d'année avant le premier anthropopithèque.

 Mais c'est un vrai plaisir d'échanger avec vous.

 J'ai posé la question du nucléaire militaire à mon petit frère Guillaume qui, ayant fait carrière dans l'armée de l'air, m'a apporté la réponse suivante, confirmant nos hypothèses, à l'orthographe près du Colonel Gallois, devenu Général depuis :

 « Pour ce que j'en sais, la volonté de De Gaulle de promouvoir l'indépendance politique et diplomatique de la France est un des éléments fondateurs de cette réflexion. Aux prémices de la guerre froide, fin des années 40 et début des années 50, l'affrontement est-ouest était inéluctable puis réel. L'arme atomique, connue de ces gens là comme étant une possibilité depuis le début des années 40, à joué un rôle fondamental dans la réflexion de De Gaulle. Le General Pierre Gallois, colonel dans les années 50, était chargé avec un colonel américain par Guy Mollet et par le General Nordstad (OTAN) de proposer une doctrine nucléaire. Les deux hommes ont en fait réfléchi sur 2 hypothèses : arme de combat (doctrine US du moment) ou création du concept de dissuasion nucléaire (qui est le dogme depuis la fin des années 70). Gallois a largement creusé ce second concept. Il l'a présenté à Nordstat, qui lui a dit d'aller le présenter à Guy Mollet et ... à De Gaulle, au fond de sa retraite de Colombey ! Lors de la présentation à ces 2 hommes, Gallois a mis en doute le concept de parapluie nucléaire par les américains, sur une réflexion simple : le jour où la portée des armes russes atteindrait le territoire américain, l'Europe ne sera plus l'objet de tous les efforts pour empêcher une guerre. Les différents scénarios conduisent même à une possibilité de guerre "de substitution" en Europe, un peu comme le Vietnam plus tard. Les 2 hommes en ont déduit immédiatement, selon ce que m'a dit Gallois, qu'il nous fallait absolument l'arme atomique pour éviter ce scénario. Je déduis que le CEA, créé par De Gaulle, a l'arme atomique dans ses missions, mais avec un grand niveau de secret, sans doute accessible par quelques personnes seulement et probablement avec des tensions internes (il n'y a aucune raison que tous les savants soient pro bombe). Je ne doute pas un seul instant de la volonté de De Gaulle d'avoir sa force de frappe, rien qu'en voyant le niveau de crédits militaires de cette époque (jusqu'à 7% du PIB) et donc l'arme atomique. Ce ne peut être un effet d'aubaine du politique en voyant ce que les ingénieurs ont fait ! »

On dirait que le Royaume Unis qui disposait alors de l'arme atomique était déjà, même pour les Yankees, une île américaine pas vraiment concernée par l'Europe...

Bien à vous,

Thomas

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Très intéressant, mais la lecture de la Gueule Ouverte, du Sauvage, de l'APRE-hebdo, etc., dans les années 70 permettait il y a déjà 45 ans de ça d'aboutir aux mêmes données.

Les sources de cette historienne sont toutes dans le domaine  public et faciles d'accès.

Vous avez raison : Il y a ceux qui ont compris tout de suite : La Gueule ouverte, le professeur Molo-molo… Qui ont décortiqué au jour le jour les différentes tricheries technologiques et financières de la filière…

Et puis tous les Benoits qui vont enfin découvrir… 50 ans après, qu'il sera trop tard !

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Merci de me rappeler que j'avais lu ce bouquin il y bien 30 ans et que j'avais oublié.

J'avais aussi oublié Laponche du CEA, vite ostracisé et que j'avais rencontré, il ya bien 30 ans aussi.

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Très clair. Merci. Oui, outre les soixante  tchernobyls implantés sur le territoire, le nucléaire a encore une bombe en réserve: les archives "secrètes", qui révèleront la lourde alliance du régime contre la Nation et ses vrais intérêts.

L'invitée n'a pas su faire, faute peut-être de perspective, le lien entre Vichy, la constitution d'une "élite" de la collaboration  avec les nazis devant se recycler dans l'après guerre et le nucléaire.

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Cet entretien ne me parait pas apporter grand chose de nouveau.

Je me demande pourquoi Mediapart s'en fait l'écho?

C'est l'été, il faut agiter les marronniers habituels. Le nucléaire, à Médiapart, en est un...

Le rappel historique sur le choix ,les débuts du nucléaire,les statuts privilégiés des chercheurs du CEA...m'ont mieux fait comprendre la défense acharnée et quasi-mysthique des professionnels du secteur et des partis gaullistes successifs...Jusqu'à la négation des accidents nucléaires...Les plus intelligents et ouverts de ce milieu fermé comprennent maintenant l'urgence ,vitale ,car les vieilles centrales ayant dépassé leur date prévue de fonctionnement sont de plus en plus dangereuses, de dévelloper des techniques de démantèlement,sans fuites radioactives..

 Et de se tourner vers les techniques alternatives,espoirs du futur.

  A ce sujet,5 ans de perdus sous la présidence Hollande,lui qui avait promis la diminution de l'électricité d'origine nucléaire à 50% du total..Parmi toutes ces promesses non tenues,une de plus à rappeler!

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Vichy, peut-être parce que la notion de Plan est une invention de la France occupée, et que le CEA en est issu ?

> la notion de Plan est une invention de la France occupée

Bien sûr, ce n'est pas comme si l'idée de plan avait déjà existé auparavant, ni comme si l'URSS avait déjà lancé des plans avant l'arrivée de Pétain au pouvoir, n'est-ce pas ?

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Mais qui est ROBPROV ? Qui corrige les uns et les autres ?

ROBPROV n'a jamais rien publié, ni billet, ni commentaire (hormis ceux-ci), ni lien d'aucune sorte…

ROBPROV semble le petit nouveau, envoyé temporairement pour défendre les intérêts de sa boutique ?

Et puis demain, l'actualité ayant changé, il disparaîtra ?

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  • 11/08/2016 00:41
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Ces débats de l'entre-soi, entre partisans qui se confortent, sont pauvres. MP vaut mieux que cela (et nous coute) mais MP persiste à donner seulement la parole à sa journaliste activiste, loin d'une déontologie minimale que le journal prône. Le Monde, lui, vient d'ouvrir enfin une brèche vers la pluralité : avec S. Huet.

waouh j'avias laissé passer ça... merci Jade une géniale interview

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