Le problème technique

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Comment définir la bonne attitude à tenir face à la technique, qui s’élèverait assez pour accueillir les différents regards sur son phénomène, sans trébucher, sans quitter la neutralité souhaitée pour basculer d’un côté ou de l’autre, sans trahir nos attentes, nos craintes, voire notre révolte, et appeler la controverse ? Un dossier de la revue Esprit.

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Esprit avait consacré en 2009 un numéro double aux outils numériques et à leurs usages et avait pu éviter l’écueil. Mais le pouvons-nous aujourd’hui, confrontés à la révolution technique permanente, prise dans sa globalité, telle qu’elle engage et bouleverse toutes les dimensions de l’existence humaine ? Nécessairement, le bateau tangue. Jacques Ellul, qui fit de la technique, dès 1954, l’« enjeu du siècle », nous avait prévenus et n’a cessé de le répéter jusqu’en 1989 : « Nous savons tous que tout dépendra finalement de l’issue de l’aventure technique. Comment pourrions-nous garder la tête absolument froide et ne pas prendre parti ? L’enjeu est trop grand et nous sommes trop directement pris à partie, impliqués dans ce mouvement. »