Souvenirs de jeunesse, actualité de Marx

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J'ignorais que Laurent Mauduit était rennais ou du moins qu'il le fut étant jeune en 1969. Je ne suis arrivé à Rennes qu'en 1984, avec mon ex-épouse brestoise née en 56 ayant son CAPES en poche et un premier poste dans le 35 avant d'arriver plus tard à Bréquigny avec son agrégation. 

Pour ma part j'ai rencontré Marx sur le tard - dix ans après 68 - et ce fut aussi une boulimie. Avant je suis passé par Erich Fromm, sorte d'intellectuel de passage entre ma "conscience d'autrefois" (catho) et ma nouvelle. J'ai rejoins la LCR à Rennes et à l'époque il fallait "bosser" les bases pour être intégré ! N'est-ce pas Yves Juin !

Le reflux s'est produit - pour partie (si on laisse la chute de l'URSS 89-91) - sous l'avancée de la sociologie de Bourdieu qui tout à la fois participait du recul du marxisme et du maintien d'un outil critique. Le fait qu'un sociologue comme Philippe Corcuff (qui a écrit un ouvrage de vulgarisation de Bourdieu avec son pote Arccado en 86 puis 89 ) participe aux premières université d'été de la LCR y a aidé. D'ailleurs j'aimerais assez avoir des éléments moins impressionnistes  et plus précis sur cela: quelle université ?

"D'ailleurs j'aimerais assez avoir des éléments moins impressionnistes  et plus précis sur cela: quelle université ?"

J'imagine que c'était l'U d'été de 2008, dans la perspective de création du NPA. Corcuff a fait  son "chemin de croix" en "étoile" filante...Venant du PS, il a sauté dans le Mouvement des Citoyens, puis au parti Les Verts, dans la LCR cocon du NPA,  puis à la FA. Après, seuls d'autres astres le sauront...

A propos de l'U d'été du NPA dans deux semaines, un beau programme sur Marx, de retour non pas à cause de son anniversaire, mais des contradictions aiguës du capitalisme qui annoncent un regain des luttes de classe: quatre séances sur  Karl marx, avec l’historien militant Jean Batou et le sociologue Alain Bihr, ainsi que Michael Löwy et Olivier Besancenot, autour de leur dernier ouvrage.

Merci à Laurent Mauduit. Je m'y retrouve un peu...

wink Christian ! 

Merci à l’auteur de cet article.

Je vais pouvoir lire avec références dans le domaine.

Ce commentaire a été dépublié par son auteur.

Merci à Laurent Mauduit pour ces repères pour une autobiographie intellectuelle à la portée générationnelle!

Merci Laurent pour ce récit de souvenirs qui en réveille d'autres chez vos lecteurs... Je retrouve de mon côté quelques lectures initiales ou initiatiques : les manuscrits de 1844, Marcuse, lectures auxquelles s'ajoutent de mon côté les lectures de Maurice Godelier (Horizons et trajets marxistes en anthropologie... avec la question du fameux mode de production asiatique...), de Lévi-Strauss et de bien d'autres... Des lectures que j'ai dû reprendre avec le temps car mes premières approches étaient souvent assez cavalières.
En bonus, ce slogan que nous avions détourné, car nous riions aussi à l'époque :
"Marx, Engels, Lénine, Rosa, Trotski"... était devenu "Pif, Pifou, Tonton, Tata, Hercule"... en référence à Vaillant ou à Pif... (presse PC pour la jeunesse...). 

 

Marx S02 E06

Bravo !… Et même si j'ai en horreur les gens qui "racontent leur vie" !…

Mais bon !... Quoi d'étonnant dans l'époque ?

Le monde est devenu compulsivement "auto-biographique"… évolution pouvant d'ailleurs se lire comme une pauvre parade à l'aliénation, une "solution" bricolée faite de bruits, assourdissants  et continus, d'individualités complaisantes à elles-mêmes, des "selvies" sans conscience de classe… L'errance individuelle théâtralisée contre la solidarité et le combat politique collectif…

Une part d'internet, instagram, tweeter et facebook ne font-ils pas, ensemble, actuelle réponse repliée à l'artificielle complexité du monde, partage du rien, "cybernarisation" de néants atomisés ?...

Dans un concernement où l'importance d'un soi simplement juxtaposé aux autres l'emporte, et largement, sur la nécessité sociale d'une pensée collective et solidaire dans un combat politique rien de surprenant devant l'expression du "sentiment que Marx avait fait l’objet d’une sorte d’enfouissement. Ce n’est pas tant que l’on a continué à le contester ; c’est qu’on l’a progressivement escamoté du débat public."

Bravo… quand même donc, d'autant que cela aurait pu être pire…

"Sans doute, étudiant, ai-je pris des chemins de traverse qui n'étaient pas franchement utiles pour accéder à l'œuvre de Marx." témoigne… d'une autre époque en même temps que d'une grande lucidité… L’accès aux "phares intellectuels" de l'époque en question, tant d'ailleurs pour Freud que pour Marx, empruntait nécessairement le passage obligé et préalable des exégètes freudo  quelque chose pour l'un et "marxistes" et "marxiens" pour l'autre. Les "écoles" avant le maître lui-même. Il est vrai que l'aridité des œuvres impose de soigneusement examiner la serrure avant d'ouvrir la porte car ce qui importe ici c'est moins d'être lu que compris... et qu'il est impossible de se séparer de la clé.

C'est d'ailleurs pourquoi, et à cet égard, le rappel, illustré, d'un prudent cheminement intellectuel que l'on pourrait qualifier de "pré-marxiste" est intéressant pour ne pas dire indispensable… Il ne faut pas "lire Karl Marx" comme le recommande l'hébergeur… ce n'est pas un bibelot pour garnir "au kilomètre" de bourgeoises bibliothèques, c'est même… dangereux, au moins dans son cas… vu sa capacité d'abstraction limitée et son "syncréto-pragmatisme" indécent. Il faut d'abord se donner les moyens de comprendre ce qu'on lit… Puisque "c'est l'être social qui détermine la conscience" il est clair que le retentissement de l'œuvre ne saurait être identique chez Macron… et chez Poutou… par exemple… et puisque pour l'heure, n'y étant pas encore obligé, je ne dirais rien d'un Mélenchon...

L'expression de la nature de la formation évoquée, sa densité, sa quasi-exhaustivité pourraient justifier la saine suspicion envers "les intellectuels" dont on crédite le PC, le parcours auto-biographique fait ici contre exemple.

"Sans guide…livrés à nous-mêmes,… cette première lecture m’a d’emblée enthousiasmé, tant elle mettait de l’ordre dans mes pensées qui me sont vite apparues brouillonnes" puis, plus loin "Cette première découverte du matérialisme a été pour moi un choc formidable. l’infrastructure détermine toujours « en dernière instance » la superstructure" "...il [Marx] a structuré durablement ma pensée. Pas seulement sur les questions économiques – j'étais autodidacte en la matière et c'est à la lecture de Marx que j'ai beaucoup appris."

Un vrai coup de bol… mais tout le monde n'a pas cette chance…

Côté "économie politique", "requalifiée" à l'époque, la même, "économie générale" la "sagesse universitaire" veille aussi… "L'excellent" premier ministre Raymond Barre des années Giscard, le fameux "économiste qui ne fait pas de politique" dans son vade-mecum, bible imposée comme référentiel absolu, malgré son titre "vendeur" (2 tomes aux PUF "Économie Politique" (sic)) consacre… une page et demie… à Marx… attitude parfaitement contre productive à l'égard d'étudiants auxquels, évidemment et surtout à ladite époque : "on ne la fait pas"…

Un diamant brut garde sa valeur d'échange… indépendamment de sa valeur d'usage… et Marx son universalité indépendamment de son instrumentalisation, sa valeur intrinsèque en quelque sorte.

"…l’œuvre de Marx garde une étonnante actualité pour décrypter les mutations que nous vivons pour comprendre la déformation du partage de la valeur ajoutée, au profit du capital et au détriment du travail ; pour percer les apparents mystères de la mondialisation et de la nouvelle division internationale du travail.  

"Tu m'étonnes !"…

 

Distinguons soigneusement le formidable travail politique, philosophique de Karl Marx, qui doit être poursuivi. Laurent Mauduit nous en donne une claire invite à l'étudier,

des "marxismes" que des partis et groupes politiques ont pris en façade, pour différencier en façade, leur électoralisme. Ou leur intellectualisme.

Quel groupe ou parti "marxiste" au monde, parmi ceux qui ne sont jamais arrivés au pouvoir, n'a pas eu la respiration rythmée par les campagnes électorales, une élite politicienne régnant sur une base militante suiviste.

Effectivement ! 

 

"...le formidable travail politique, philosophique de Karl Marx, qui doit être poursuivi..."

C'est vrai qu'en matière de "travail économique"... c'est un gros nullard !...  En même temps, comme c'est l'Histoire qui fait le travail... vos considérations sont sans aucun intérêt...

 

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  • 12/08/2018 22:50
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 Bien lu. Merci à l'auteur.

@ H&H @ XIPETOTEC

ARRRRGH.... les simplets de la "sous-gauche" débarquent... même si c'est pour ne rien dire... qu'ils aillent faire leur marché ailleurs !... Les sous-coucous de la clique de la claque de Coucou 1er...

  • Nouveau
  • 13/08/2018 01:43
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Intéressant ...

Notre Mauduit préféré  (grâce à Chateaubriand devenu contradictoirement Zola)   a conjugué,  en son temps,  les libations criardes  de la notoire rue de la Soif  (et la non moins connue rue de Nantes, déjà obsolète ?)   avec l'apaisement  d'une boulimie,  non moins assoiffée,  envers Karl  et ses bienheureux épigones, fort justement à la mode ? 

Bof ... Un cheminement  déjà bien balisé  pour un "enfant du siècle",  non ? Trêve d'ironie de première main ... Une seule chose compte : MAUDUIT  N'A  PAS  TRAHI,  LUI ! 

(À part quelques petits égarements parisiano-"mondains").

Fort bien, Laurent ! Continuez !

 

Les railleries de Marx à l'encontre des socialistes français ne doivent pas servir de justification mais être prises pour ce qu'elles sont. C'est le contraire de ce que voit Mauduit : il s'agit d'une dénonciation de l'idéalisme, en l'occurrence de l'universalisme abstrait des socialistes.

Marx contre l'idéalisme.... et le nationalisme

Le prêtre nationaliste Xipetotec plaide inlassablement pour sa paroisse sur Mediapart, guidé par la foi intemporelle en la Nation et protégé par les frontières de l'idéologie des frontières éternelles. Typiquement  un idéaliste, au sens marxien où l'Idée  (la Nation) surplombe les autres pratiques sociales. Or, les idées et les idéaux existent bien pour Marx et Engels mais en tant que "langage de la vie réelle" (L'idéologie allemande). Les idéaux sont des outils dans des pratiques sociales, permettant notamment la défétichisation des Idées qui se donnent comme réalités homogènes et hors de l'histoire, comme "la marchandise", "l'État" ou "la nation". 

Bien sûr, à l'opposé  de cette orientation critique et émancipatrice,  on trouvera des Xipetotec, et de plus en plus dans la conjoncture idéologique, pour instrumentaliser Marx au service du confusionnisme ultra-conservateur montant.

Les prétentions de l'universalisme abstrait des Français sont vues au contraire par Marx comme un témoignage de leur chauvinisme. C'est une bonne illustration de l'idéalisme petit-bourgeois. Vous connaissez peut-être ce texte qu'on dirait écrit pour vous (mais ne vous faites quand même pas trop d'illusion) :

« Les représentants (non ouvriers) de la « Jeune France » soutenaient que toutes les nationalités et les nations étaient des « préjugés surannés ». Stirnérianisme proudhonisé : on répartit tout en petits "groupes" ou "communes" qui forment ensuite une "association" et non pas un Etat.

Et tandis que se produit cette individualisation de l'humanité et que se développe le "mutualisme" adéquat, l'histoire des autres pays doit suspendre son cours et le monde entier attendra que les Français soient mûrs pour faire une révolution sociale. Alors ils effectueront sous nos yeux cette expérience, et le reste du monde, subjugué par la force de l'exemple, fera de même. (...)

          Les Anglais ont bien ri quand j’ai commencé mon discours en disant que notre ami Lafargue et ceux qui avec lui supprimaient les nationalités, s’adressaient à nous en français, c’est-à-dire en une langue que les 9/10ème de l’assistance ne comprenaient pas. 

          Ensuite j’ai signalé que Lafargue, sans s’en rendre compte, entendait apparemment par négation des nationalités leur absorption par la nation française modèle »

(Lettre de K. Marx à F. Engels du 20 juin 1866)

"Petit-bourgeois", vous avez xipetotéqué "petit-bourgeois", comme c'est...

Le petit-bourgeois nationaliste Xipetotec croit à l'éternité de la nation, dont il se constitue le représentant imaginaire...et ne comprend pas que dans ce passage Marx critique un certain nationalisme français "concret" se travestissant en un universalisme, qui n'a alors pas grand-chose d'"abstrait"...

Pour le reste, cette citation exprime, comme d'autres textes post-rupture avec Proudhon, l'ethnocentrisme de classe du bourgeois Marx à l'égard d'un des courants ouvriers principaux en France à l'époque, "le proudhonisme". Chacun a ses faiblesses! Le bourgeois-philosophe prétendant guider les prolétaires n'a guère goûté le refus ironique du prolétaire-autodidacte de se placer sous son autorité...

"l'ethnocentrisme de classe du bourgeois Marx"

Misère de la théorisation à tout prix

La correspondance avec Proudhon m'a toujours fait rire. D'autant que je ne partage évidemment pas sa vision de la Révolution française ni le point de vue des guesdistes et leur fascination pour la raideur de la social démocratie.

Du ricanement petit-bourgeois

...comme cerise sur le pudding nationaliste

Ce commentaire a été dépublié par son auteur.

La confession intellectuelle biographique - qui est un genre littéraire très ancien ("Histoire de mes idées philosophiques" de Russell en est une illustration, pour ne pas remonter au stoïcisme romain, qui était la littérature et la philosophie même - Saint-Augustin,  la suite de Marc-Aurèle, Sénèque, Ciceron...) - est agréable et utile, sert et peut être utiliser comme "document" utile, dès  lors qu'elle est basée sur une sincérité subjective, jusqu'à l'aveu de naïveté, sans chercher à "fioriturer", et à reconstruire "rétrologiquement". On a ici les traces d'une telle sincérité. C'est déjà à ce titre qu'il faut féliciter l'auteur: le contenu prend la place de la simple maitrise des agencements stylistiques et de la maitrise-cohérence d'un champ citationnel, le "contenu qui échappe à l'auteur", la capacité de concentration réfléchissante de "faisceaux" , de réseaux et de lignes de fuite de "pensées", comme circulation stratégique, et "effets de structure", dans les appareils idéologiques éducatifs (le "moule formateur" des Khagnes des années 60), l'Irruption du texte, de l'hyper-texte, et des sous-textes,(Les sous-Mains de Marx, Patrice Loraux, 1981), dans la formation des énoncés politiques et "existanciaux", les trajectoires de "culture littéraire"(au sens de l'antique Res Litteraria qui devint Res Publicum Littéraria, puis, république cosmopolite des Idées) personnel, dont la tradition du "marxism" devient sans doute l'un des derniers refuges authentiques, comme "vestige" de civilisation. Althusser, est en tout, et c'est parfaitement fatal, la "bête noire" de ces "générations romantiques", puisqu'il fût pratiquement le seul à vouloir poser l'antinomie croissante entre "science"(selon les canons du néo-positivisme à l'oeuvre de l'informatique au génie biologique), et le processus "théorique" littéraire de "discursivités marxistes", fabriqué de et dans l'appareil idéologique d'état central - pour Althusser - l'éducation nationale et ses universités. Le PCF "éducation nationale organique", qui co-géraient les carrières avec la droite au pouvoir, et Althusser, n'étaient pas dupe de l'effet idéologique-culturel de ce "marxisme", comme "théorie de la pratique scolaire", dans ces agencements durables. La "coupure épistémologique" entre les "mondes ouvriers" confrontés à la pensée-pratique technique du capital, et les mondes académiques des "appareils idéologiques d'Etat" (aujourd'hui aussi de "trusts privés"), c'est toujours l’actualité du "marxisme ouest-occidental". C'est toute l'actualité politique des années 60 et 70, de université comme contre-poids critique, de l'éducation progressiste, de la diffusion des humanités, au-delà des simples "garanties économiques", qui a aujourd'hui disparu de l'horizon, et s'est effondré. Notre époque semble le passage enfin achevé "de la domination formelle à la domination réelle" du capital, le moment de la liquidation de la "politique" (la politique au crépuscule, Mario Tronti, 1991), le "régime de l'usine capitaliste" à toute l'étendue sociale, de la vie, y compris urbaine, d'otium, l'intimité de l'existence.. La "crise des fondements", l'effondrement d'inquiétude, qui accablent les "nouveaux réactionnaires" (la "perte des valeurs", "Rome n'est plus dans Rome"), qui est aujourd'hui la principale matrice du "parti populiste de droite"(de l'académie française, aux nouvelles écoles "romaines"), cette "disparition du politique et de la lutte des classes" - les deux sont toujours intimement liés depuis 200 à 250 ans, c'était la "modernité européenne" est induite de cette inexorable marche de la "productivité technique", de la performance prouesse continue, de la productivité de la technique scientifisée, entièrement "enrôlée", congruente, à la dynamique d'accumulation par cycles de "destructions grandissantes", qui est bien celle, qu'avait hélas "découverte", le malheureux Marx (il ne l'a pas "inventé"! il l'a "découvert constaté"), dans cette "aliénation dynamique et continue", le "systeme-monde" du capital, dépassé par sa propre complexité

« Être-au-monde, l’être-là, a toujours-déjà découvert un “monde”. Cette découverte, qui se fonde sur la mondanéité du monde, nous l’avons caractérisée comme délivrance de l’étant à un tout finalisé. Cette délivrance et la destination de l’étant à sa fin s’accomplissent par le rattachement de la prévoyance[au système de renvois] que révèle une compréhension de la significabilité. »

(l'effet "littéraire", fort drôle au demeurant, de la citation procède aussi pour une grande part des traductions, et de la difficulté-impossibilité de "traduire", la langue très "vernaculaire", "théologique", (du grec du 5ème siècle avant-jesus-christ et des expressions "paysannes" souabes - le dialecte de hegel, dont est farcie la phénoménologie), ce "type d'écriture" (pour évoquer Barthes). Heidi, c'est le James Joyce de la métaphysique du 20 ème siècle, où le plus archaïque y rencontre le plus original. C'est ce baroquisme (au-delà de la figure politique où Heiddegger, vaincu, était aussi "excusé" par Luckàcs, vainqueur ou se croyant tel), ce mélange d'idiosyncrasie et de "pensée universelle", la "ligne de coupure" entre les deux, si difficile à distinguer, qui a sans doute fasciné longtemps, les jeunes apprentis philosophes, puis professeurs de philosophie de l'après seconde-guerre mondial à "embrasser" sans trop de contradiction, les étendards d'un "marxisme" (des spectres de Marx, des champs spectraux de Marx) et celui de Heidegger (Gérard Granel, Derrida, et avant-eux, Lucien Goldmann). La grande "Dépression" des années 80, où "marxisme" devînt le tag d'arriération mentale, vît certes une espèce de néo-heiddegerisme, et surtout de néo-nietzschéisme, en mode grotesque de la querelle de précieux. Une "pop philosophie" sponsorisée et "diffusée" par quelques grands titres, qui elle-même ne supporta pas la gigantesque vague "anti-philosophique" qui déferla et déferle aujourd'hui sur les esprits du pays. "La persécution et l'art d'écrire" est un livre qui reprend aujourd'hui toute son actualité. Aucun "débat philosophique" n'agite plus aujourd'hui les secteurs spécialisés de la "recherche scientifique", de la "pratique scientifique". Les axiomatiques ont d'emblée, désormais, toujours-déjà été posées, elles ne souffrent plus ni de retard, ni de discussion, les appels d'offre n'attendent pas. Derrière une certaine mise en exergue de figures de l'"anti-philosophie" (selon Badiou), se cache la disparition du philosophique, donc du politique, comme programme, et comme actualité s'intensifiant.

 

Prochaine thèse : "de la logorrhée diarrhéique en tant que syndrome de la conosphère mélenchonesque ; principes, pratiques et évolutions des patho(s)logies discursives des "sous-gauches" circonstancielles du socialisme au crypto socialisme"

 

aa-singe-ri-ok

Faut quand même reconnaître, la problématique s'est un peu déplacée, vers des horizons de croissance (y compris démographiques et Malthus), et les limites à la croissance (en partie marxienne). Mais est-ce que Marx, nous est encore utile, aujourd'hui ? Sans doute doute plus dans la forme du raisonnement, que dans la raison marxiste ?

Ce commentaire a été dépublié par son auteur.

Marx revient sur Terre en 2018. Il demande à passer sur TF1 à l'heure du JT pour une très brève déclaration. On le lui accorde. 

A l'heure dite, il prend le micro, fixe l'objectif et dit : « Prolétaires de tous les pays.. excusez-moi. »

A l'attention de L. Mauduit

-tout d'abord une rectification : ce ne sont pas les Manuscrits de 1844 que Marx abandonne à la "critique rongeuse des souris" mais l'Idéologie allemande, co-écrit avec F. Engels et J. Weydemeyer (cf Rubel t. 1 chronologie p. LXX- et la nouvelle édition bilingue des 1° et 2° chapitres par J. Quétier et G. Fondu -Editions sociales/GEME).

-ensuite j'ai retrouvé en partie dans ce texte ce qu'a été mon itinéraire "marxien" dans les années 68 et au-delà ; mais, pour être bref, à une grosse nuance près : je n'ai pas été "althussérien", (vous en êtes aussi revenu), car dès cette époque j'ai suivi le parcours et l'oeuvre  d'un philosophe (membre du PCF alors) déjà victime d'une conspiration du silence (comme Marx en son temps - cf Rubel t. 1 p. CXXXVIII) qui continue aujourd'hui, je veux parler de Lucien Sève. Il ne serait pas incongru, en ce 200° anniversaire, de parler des développements majeurs qu'il a apportés à la "pensée Marx" : de "Marxisme et théorie de la personnalité"  (1969) à "La philosophie" ? (2014 - 705 pages) en passant par "Sciences et dialectiques de la nature" (1998 - 419 pages - écrit en collaboration avec 6 autres auteurs sur l'apport de la dialectique en physique quantique et biologie) et son maître-ouvrage d'anthropologie "L'homme" ? (2008 - 587 pages) et en attendant "Le communisme" ? en cours de rédaction.

Merci à vous, à F. Escalona et à R. Godin d'avoir apporté un peu d'air frais dans ce paysage intellectuel actuellement bien assombri.

 

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