Au «Presbytère», les filets serrés de l’angoisse

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Quelque chose comme le silence de Hopper, passé au sépia de l’anxiété fin de – XXe – siècle. Edward Hopper, le peintre de la tension dans l’immobilité : c’est bien là ce qu’évoque puissamment l’atmosphère du Presbytère, premier roman d’Ariane Monnier paru à la rentrée littéraire 2017 chez JC Lattès. Les éléments composant son décor se déclinent par sensations figées : un gazon ras, une torpeur de dimanche ininterrompu, rythmée par les naissances et quelques gammes douloureuses, froissée par des chuchotements, des embarras, des mouvements imperceptibles. La blancheur glaçante d’un été caniculaire. La blancheur, oui, mais crème. La crème, oui, mais sans douceur, marquée par un vague écœurement. Une nausée… voilà, c’est cela. Outre le sentiment d’avoir affaire à une véritable écriture, c’est une nausée salutaire qui demeure après la lecture de ce livre stupéfiant, cet objet singulier dont les 268 pages dévident un fil impitoyable.