Et Cannes, donc!

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Glamour d'en haut, exploitant d'en bas

 

Le Cannes qui s'ouvre sera aussi l'occasion de faire le point sur cette affaire-là. Sur la Croisette il y a les films ; il y a ceux qui les voient, spectateurs, critiques... ; et il y a aussi, ce qu'on sait moins, tous les professionels, à commencer par les exploitants. Ceux-là voient des films, bien sûr – plus volontiers aux Arcades que dans le Grand Amphithéâtre Lumière –, mais pendant dix ou douze jours ils tiennent surtout des sortes d'États généraux de leurs pratiques.

 

A l'heure où ces lignes sont écrites, la ville est encore déserte, mais eux y sont déjà. Au travail. Sans eux il n'y aurait pas d'indépendance. Pas de Cannes, autrement dit. Puisqu'il n'y aurait pas de Cannes sans la croyance – périmée ? c'est toute la question – en une unité intacte du cinéma, celle-ci fût-elle définie par une parole tombant d'en haut, du glamour international vers le « petit exploitant de province ».

 

Une chose est sûre : cette 62e édition sera autant celle de l'exploitation que, disons, des maîtres Alain Resnais ou Quentin Tarantino. Ou du cinquantenaire de la Nouvelle Vague. La salle est en crise comme jamais. Elle le sait, et l'a enfin dit : des États généraux de l'Action culturelle se sont tenus les 8 et 9 janvier derniers au 104 à Paris. Leur objet ? Réfléchir aux moyens de contrecarrer le désengagement de l'Etat dans la culture ; définir des notions floues ou devenues vagues – « intermittence », « art et essai », «action culturelle»... ; permettre que se disent et que s'échangent, que s'expriment les expériences et les rencontres évoquées tout à l'heure.

 

Mediapart reviendra lundi 18 sur ces questions, après le bilan que proposera dimanche le BLAC (Collectif national de l'action culturelle cinématographique et audiovisuelle). Elles nous accompagneront pendant toute la durée du festival. Nous entrerons dès demain dans le vif du sujet avec la projection en ouverture de la Quinzaine de Tetro de Francis Ford Coppola, un des rares cinéastes à pouvoir encore faire tenir dans un même plan une idée totale du cinéma : son centre et ses marges.

 

Aux dernières nouvelles, son film serait pourtant sans distributeur français.

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