Entreprises romanesques: le monde du travail en fictions

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Signe des crises de l'époque, le monde du travail innerve la production romanesque de cette rentrée littéraire. Des Notes de bureau et éphéméride d'Étienne Deslaumes et Pascal Guillet, au roman noir (Consulting), en passant par les ressources humaines de Pablo Sánchez (Les Damnés du back-office), s'édifie une analyse du travail, son comique, ses violences, ses intrigues, sa comédie humaine.

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Signe d’une époque en crises, d’une littérature française qui ne se pense pas hors du monde ? Le monde du travail innerve la production romanesque de cette rentrée littéraire. Des Notes de bureau d'Étienne Deslaumes et Pascal Guillet, journaux ambigus de cadres supérieurs, à la fresque d'une multinationale familiale de Richard Powers (Gains), en passant par le roman noir (Consulting) ou les ressources humaines de Pablo Sánchez (Les Damnés du back-office), s'édifie une entreprise qui met en scène le monde du travail, son comique, ses violences, ses intrigues. Les écrivains traquent l'influence du libéralisme sur les destinées collectives comme individuelles. Comme l'écrit Étienne Deslaumes, « je rappelle que je n'ai pas voulu dénoncer des individus en tant que tels. J'ai voulu mettre en scène un système et des individus dans ce système ». Le personnage est d'abord une fonction : trader, directeur juridique, consultant, cadre d'une multinationale.