Voyage en manuscrits au bout de l’extrême

Par Jeanne Bacharach (En Attendant Nadeau)

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La pénombre qui baigne l’exposition nous plonge dans le noir d’un monde d’encre, de lettres, de signes, et de mots écrits dans l’extrême urgence. On y entre presque sur la pointe des pieds et, parvenus au carrefour de l’exposition, avant d’entrer dans le bain des mots, on hésite, inquiets, devant les quatre chemins qui s’offrent à nous : « Prison », « Passion », « Péril », « Possession ». Quatre espaces, comme quatre ruches, couvent des textes et des vies fragiles, précieuses et pour la plupart peu exposées. Devant ces textes de vie et de mort, présentés dans une scénographie sensible et agrémentés d’un riche catalogue, la commissaire Laurence Le Bras, conservatrice des manuscrits à la BnF et responsable entre autres de la remarquable exposition « Guy Debord. Un art de la guerre » en 2013, réussit à transmettre au visiteur une intense émotion.