La ville bling-bling

Par

Le « bling-bling » pourrait apparaître comme une notion journalistique indigne de l’intérêt des spécialistes, un signifiant flottant qui, autant que celui de « bobo » ou de « beauf », renvoie à une série d’impressions sommairement formulées sur les comportements des membres d’une catégorie sociale ou les architectures qui leur sont dédiées. Le numéro 7 de la revue Urbanités tente d'appliquer cette grille de lecture à la ville.

La lecture des articles est réservée aux abonnés.

Dans ce numéro, nous avons fait le pari que le terme de « bling-bling » peut se révéler pertinent pour appréhender et comprendre certains phénomènes urbains et mieux cerner la fabrique de la ville tapageuse. Comme le rappelle Bruno Cousin dans son entretien, le « bling-bling », en stigmatisant la (dé)monstration excessive de la richesse, permet moins de désigner une catégorie sociologique que de délégitimer une position sociale et des comportements. Il est à concevoir comme une série de marqueurs sociaux, économiques, et symboliques qui s’incarnent dans l’espace, depuis les immeubles et les palaces des quartiers riches, les avenues du luxe des villes mondiales, les lieux de villégiature des élites, jusqu’aux territoires fermés des Cercles et aux espaces virtuels des comptes Instagram des super rich (kids).