Leurs vies sont nos romans 3/3. Claude Cahun, l'insulaire magnifique

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« Rencontrant Nizan seul dans un couloir, je plaidai la cause de Serge [Victor Serge – ndlr]. Puis je m’indignai des procès de Moscou et le mis au défi de les justifier. C’est alors qu’il me regarda ainsi… silencieusement… regardant aussi en lui-même. Je pus lire dans son regard direct la confiance en moi (je la méritais) : il me laissa entrevoir la profondeur d’angoisse de ses propres réflexions. (…) Je ne sais ce qu’a pensé Nizan en 1939, ce qu’il a dit à “ses amis” avant de partir pour le front… mais je m’en doute. » Lucie Schwob, dite Claude Cahun, écrit cela dans une lettre privée de 1950. Elle aussi d’ailleurs, à ce moment-là, cinq ans après la Libération, pourrait avoir des choses à dire « à ses amis ».