Tardi à Gallimard : « On n'a plus confiance »

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Remous chez Gallimard : la fille d'Antoine, Charlotte, va prendre la tête des éditions Casterman, tout juste rachetées avec le groupe Flammarion. Une façon de répondre à la lettre ouverte d'auteurs emblématiques (Enki Bilal, Benoît Peeters, Jacques Tardi, ainsi que les ayants droit d'Hergé et d'Hugo Pratt…) adressée à Antoine Gallimard pour exprimer leurs doutes sur leur avenir ? Tardi en tout cas ne sera pas une “vache à lait”. Entretien vidéo.

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Charlotte Gallimard va prendre la tête des éditions Casterman. La nouvelle est tombée hier matin, par un communiqué de presse à l'issue d'un conseil d'administration extraordinaire qui a entériné le départ de Louis Delas, directeur général de la maison d'édition de bandes dessinées depuis 1999. En attendant l'arrivée de la fille d'Antoine Gallimard, c'est Teresa Cremisi, patronne de Flammarion, qui prend les rênes de la maison. Une nomimation qui ne va sans doute pas calmer les auteurs (dont Enki Bilal, Jacques Tardi, François Schuiten, Benoît Peeters, les ayants droit d'Hergé et d'Hugo Pratt…) qui en début de semaine ont envoyé une lettre ouverte à Antoine Gallimard.

Ce 15 novembre au matin, nous rencontrions justement Jacques Tardi, auteur et dessinateur des Extraordinaires aventures d’Adèle Blanc-Sec, d’Adieu Brindavoine… Sans connaître cette nomination, il exprimait son inquiétude, fort d'une certaine expérience.

Jacques Tardi - La lettre ouverte à Antoine Gallimard des auteurs Casterman © Mediapart

Après le rachat de Flammarion par le groupe Gallimard en septembre 2012, les signataires de la lettre ouverte (en lire l'intégralité sous l’onglet Prolonger) s'inquiètent des propos d'Antoine Gallimard annonçant que, même si Casterman était “un joli joyau”, Gallimard pourrait être contraint, “dans un contexte de crise”, de le vendre pour faire face à ses échéances. Précisant qu'ils n'avaient pas l’intention de servir de “vaches à lait” à une quelconque trésorerie , les auteurs menacent : « Si par hasard vous avez oublié que sans auteurs, il n’y a pas d'éditeur, nous vous le rappelons aujourd'hui. Et c'est sous d'autres cieux éditoriaux plus amicaux que certains d’entre nous publieront sans doute leurs prochains albums. »

Le lendemain, Antoine Gallimard leur répondait (lire la lettre sous l'onglet Prolonger). Le patron du troisième groupe d'édition français assurait que s'il s'était engagé dans le rachat du groupe Flammarion, c’était bien aussi pour conforter la place de Casterman, et donc celle de ses auteurs, parmi les éditeurs de bandes dessinées. La nomination de la fille de l'éditeur sera-t-elle à même de calmer les esprits ? 

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 © Tardi / Casterman © Tardi / Casterman
J'avais rendez-vous avec Jacques Tardi dans son atelier, le jeudi 15 novembre 2012, pour évoquer son nouvel album, Moi René Tardi, prisonnier de guerre au Stalag IIB, à paraître le 21 novembre prochain chez Casterman. À la fin de l'interview, il a tenu à évoquer la situation critique dans laquelle se trouvent les auteurs de sa maison d'édition, depuis le rachat de Flammarion (qui possède Casterman) par Gallimard.