Dans le tombeau de l’intellectuel français de souche

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Finkielkraut, Zemmour, Onfray… : rebelles de papier au service des pouvoirs, leur omniprésence mérite qu’on s’y arrête car elle marque une nouvelle étape d’une mue entamée il y a plus de trente ans avec l’invention de l’intellectuel médiatique. Avec eux, les médias sont devenus le lieu du blanchiment des pires préjugés racistes, le paradis fiscal où se recycle l’argent sale du commerce xénophobe. Les uns s'alimentent des autres dans un affaissement généralisé du débat public.

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« La vertu du catch, c'est d'être un spectacle excessif », écrivait Roland Barthes dans ses Mythologies. On est tenté d’en dire autant de la scène médiatique agitée par la dérive droitière des intellectuels. Même goût de l’emphase, mêmes gestes exagérés, même immédiateté de l’effet recherché. Il n’y a pas loin du catch au clash médiatique. Et si le combat est évidemment truqué, chacun le sait et en jouit.