Toute une histoire pour un musée

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Roi de l'effet d'annonce et empereur de l'ex nihilo, le président de la République a préféré sortir de son chapeau, en prétendant le créer de toutes pièces, un musée d'histoire de la France, alors qu'il en existe déjà au moins un, aux Archives nationales, dont la mue était envisagée depuis plus d'un lustre. Mais l'histoire nationale fait partie de l'apanage du pouvoir, qui préfère la proclamation à la délibération. Retour sur les vicissitudes d'un musée stratégique parce que symbolique.

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Dans ses vœux aux «acteurs de la culture» du 13 janvier, à quel genre de musée rêve le président Sarkozy pour que s'y reflètent les fastes de notre passé? Le 16 janvier, invité des Matins de France Culture, Hervé Lemoine, conservateur du patrimoine, a lâché le morceau. Auteur d'un rapport (cf. l'onglet «Prolonger» de cet article) destiné aux ministères de la culture et de la défense, à propos de «la création d'un centre de recherche et de collections permanentes dédiés à l'histoire civile et militaire de la France», M. Lemoine a dû répondre, à 8h23, à une question aussi simple qu'essentielle: que pourrait exposer cette «Maison de l'Histoire» sans doute abritée aux Invalides (d'où la dénomination prudhommesque d'«histoire civile et militaire de la France») ? Réponse: le trône de Dagobert (actuellement à la Bibliothèque nationale de France)!