Un troublant héros voulant migrer hors de lui-même

Par Jean-Paul Champseix (En attendant Nadeau)

La lecture des articles est réservée aux abonnés.

Auteur turc né en 1970, Ayhan Geçgin a fait des études de philosophie et écrit quatre romans. C’est son dernier texte, La Longue Marche (2015), qui a été traduit en français. Il ne s’agit pas du tout de « faire la route » pour voir du pays ou faire des rencontres, pour tenter de se trouver ; mais de parcourir une route droite pour échapper à soi-même. Le personnage, qui a 29 ans et dont on sait très peu de choses, décide, asphyxié par son existence, de quitter le domicile qu’il partage avec sa mère. Le peu qu’il emporte avec lui est vite volé dans un parc où il dormait. Il ne lui reste rien et pourtant il avance : « Désormais, plus de regard en arrière »… Il ajoute : « Mon Hégire commence maintenant. » Nonobstant, il ignore où est sa Médine et il n’y a rien d’explicitement religieux dans sa marche, qui n’est pas un pèlerinage.