RER D après Alègre et Outreau: le journalisme dérailla trois fois

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À l'occasion de la sortie en salles, mercredi 18 mars, du film d'André Téchiné, La Fille du RER, retour sur ce fait divers de juillet 2004. En trois jours, un emballement médiatique symptomatique a transformé en leçon d'instruction civique hystérique une fable inventée de toutes pièces par une victime ayant su se rendre exemplaire. Décorticage et analyse de ce qui n'a pas forcément fini de nous pendre au nez...

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En juillet 2004, Marie L., passagère d’une rame à deux étages du RER D, prétend avoir été agressée entre les gares de Louvres et de Sarcelles, dans le Val-d’Oise, par une demi-douzaine de jeunes gens d’origine maghrébine ou africaine. Après lui avoir volé son sac à dos et constaté sur sa carte d’identité qu’elle est domiciliée dans le XVIe arrondissement de Paris, où, selon eux, ne résident que «des riches et des juifs», ses assaillants se seraient acharnés sur sa personne avec une sauvagerie à la fois folle et calculée, signant là une quasi-déclaration de guerre à notre civilisation.