Alain Cavalier et la mort du petit cheval

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5. Il y a enfin la nécessité d'une mise au point. Cavalier est isolé, et pourtant il n'est pas seul. Pas seul à tourner seul, en numérique, jour après jour.

 

Pour la beauté de plans composés sans soutien technico-logistique, préférez Pedro Costa, dont Ne change rien est présenté à la Quinzaine des réalisateurs. Pour les ratiocinations du cinéaste en vacances, préférez Hong Sang-soo. Pour le cinéma en chambre d'hôtel, les fantasmes échoués parmi les froissements des draps, préférez Jean-Claude Rousseau, Lettre à Roberto ou n'importe quel de ses films. Pour l'auto-cinéma bricolé, préférez le philippin Raya Martin, les trente-sept minutes du premier plan d'Auto-Hystoria, le plan unique de Possible Lovers ou – même si celui-ci est plus proche d'une fiction traditionnelle – le merveilleux Independencia présenté ce même lundi dans la même sélection.

 

Independencia, du Philippin Raya Martin (Un certain regard).

 

Car le fond de la réserve pourrait être là. Le beau cinéma de Cavalier chuchote – clame – son format minuscule, sa petitesse d'objet. Et pourtant la puissance du numérique n'est pas un jivarisme, elle n'est pas d'avoir redonné une jeunesse au home-movie. Elle est d'avoir fait tomber les échelles, les rapports anciens du petit et du grand, du minuscule et du grandiose. Préférez alors Francis Ford Coppola, Albert Serra, Matt Reeves, Raya Martin, pour prendre des cinéastes très différents : films-maison, films-monde. Hollywoods miniatures.

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