Annie Ernaux, la fille qui n’avait pas les codes

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« Depuis vingt ans je note “58” dans mes projets de livre. C’est le texte toujours manquant. Toujours remis. Le trou inqualifiable. » Et voici Mémoire de fille. Un livre superbe, au cordeau, lumineux.

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En 2011, Annie Ernaux fit son entrée dans la collection Quarto de Gallimard, première femme à y être publiée de son vivant. L’article que Le Monde consacra au livre était titré : Ante mortem. C’était un peu flippant. Même si l’écrivaine y disait qu’elle espérait bien, au contraire, poursuivre. Et elle vient, de fait, d’écrire un texte qui éclaire (si besoin est) toute l’œuvre qui précède, alors qu’il s’inscrit, dans le temps, avant même l’ébauche de celle-ci. Une matrice a posteriori.