J.O. du livre (1/8) : écrire, c'est sportif

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La XXXe édition des Jeux Olympiques modernes s'ouvre à Londres le 27 juillet. Et si le sport ne pouvait se saisir que par la fiction ? André Scala écrit dans Silences de Federer que « pour être, le sport doit être dit et commenté, pas seulement vu et regardé ». Cette série de huit articles, sorte de JO du livre, se propose d'analyser leurs liens, leur langue commune, en quelques dizaines de titres composant un palmarès littéraire sans classement final.
Avec des photos de Raymond Depardon

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Qu'est-ce qui « pourrait justifier mon existence dans sa totalité, ses souffrances aussi bien que ses joies », « être l’horloge de tant de sacrifices, d’entraînements, d’heures de déplacements, de mauvaises nuits et de matinées vides » ? Ainsi s'interroge l'athlète qui ouvre le recueil de nouvelles de Tristan Garcia, En l’absence de classement final, sorti cette année chez Gallimard. L'athlète, en quête du saut parfait, s'imagine « comme une petite peinture, un tableau, une symphonie », « comme un geste qui laisserait ressurgir aux yeux du monde ce qui année après année s’était enfoui en moi. Mais je ne suis pas un peintre, un saut ça ne représente rien. A moins qu’il ne soit parfait ». Et se souvenant d’un saut à Malmö sous la pluie, il prend conscience qu’il était le saut, la perfection désormais derrière lui : « durant la première moitié de sa carrière, on court après le saut parfait ; durant la seconde, on s’aperçoit peu à peu qu’on a déjà sauté le plus loin qu’on pouvait. On court alors en désespoir de cause après ce saut déjà hors de portée. »