Face à l’histoire allemande, les poètes du camp du «non»: Fried, Enzensberger

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Entre persécutions passées et haine de soi « culturelle », la poésie de langue allemande de l’après-Seconde Guerre mondiale offre un tableau saisissant où l’infortune personnelle en regard du désastre collectif le dispute à l’éclosion de poètes de grande envergure. Après Celan, voici deux autres grandes figures de la poésie engagée à l’allemande : E. Fried et H. M. Enzensberger.

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À Celan, le poète qui a dit « non » pour porter en un acte désespéré la langue comme à son commencement face à l’histoire selon John E. Jackson, on ne peut pas ne pas associer – mais dans un tableau aux éclats forcément tranchants – les deux figures saillantes de la poésie d’après-guerre que sont Fried et Enzensberger. Le « jeune homme en colère » qui a rejoint le Groupe 47 à la fin des années 1950, Hans Magnus Enzensberger (né en 1929), lui-même n’a pas hésité dans un texte dédié à Nelly Sachs, au tournant des années 2000, à citer Celan et Fried comme les poètes de langue allemande qu’il était essentiel de lire.