Au grand banquet des illusions perdues de l’Europe

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Plus jamais les hommes ne se feront la guerre et une nouvelle Europe démocratique émergera sur les décombres des anciens empires… Les illusions que certains pouvaient nourrir au lendemain de la Première Guerre mondiale n’ont pas mis longtemps à s’effondrer. Miroslav Krleža place les propos suivants dans la bouche du docteur Nielsen, le héros positif – et traqué – de son Banquet en Blithuanie, honnête homme cultivé, libéral et démocrate : « L’humanité se gorillise de jour en jour davantage, et cette glorieuse Europe, au lieu d’européaniser la Blithuanie, se blithuanise elle-même de plus en plus. » Des propos qui semblent prémonitoires, quand les promesses de l’élargissement européen débouchent sur l’émergence de « nouveaux » nationalismes, comme celui que promeut Viktor Orbán en Hongrie.