Les signaux faibles du fascisme

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Comment décrire et déceler un moment de bascule politique, sans se faire enfermer dans un parallèle paresseux avec les années 1930 ? Alors même que ce parallèle est également dressé par un pouvoir exécutif qui s’accommode de récidives inquiétantes tout en se présentant comme un rempart contre celles-ci.

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L’historien italien Carlo Ginzburg, issu d’une famille juive et résistante, expliquait en ouverture des Rendez-vous de l’histoire qui se sont tenus le week-end dernier à Blois, et dont il était l’invité d’honneur, avoir « toujours résisté à l’idée d’utiliser le mot fascisme en dehors de son contexte spécifique ». Tout en soulignant une évolution récente de sa position, notamment après avoir pu observer Donald Trump ou Matteo Salvini. « Je crois que le fascisme a un futur. C’est une remarque amère qui implique une définition du fascisme qui doit être construite, dans laquelle l’antisémitisme n’est pas un élément nécessaire. »